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Journée «herbe» de la Chambre d’agriculture le 10 septembre

Le pâturage tournant

La Chambre d’agriculture de la Nièvre prépare une journée «herbe», le 10 septembre, chez Denis Adam à Montapas. Il y sera question de références et de performances nutritionnelles et technico-économiques. La pratique du pâturage tournant y sera aussi évoquée.

Par Emmanuel Coulombeix
Le pâturage tournant
Jean-Marc (à droite) et Bertrand Périgueur, deux des trois associés du Gaec du Grand Montigny, à Millay, essayent le pâturage tournant pour un lot de vaches et de veaux qui servent de référence au réseau Sentinelles de la Chambre d’agriculture.

Jean-Marc Périgueur et ses deux fils, Bertrand, 28 ans, et François, 22 ans, constituent le Gaec du Grand Montigny, à Millay, près de Luzy. Ils élèvent 120 vaches mères, quelques unes en engraissement, et cultivent 50 ha de céréales, en partie auto-consommées, sur une SAU totale de 210 ha. Le Gaec s’est récemment agrandi, en intégrant le benjamin de la famille sur un 2ème site situé à Luzy. Depuis 2012, l’exploitation a répondu favorablement à la Chambre d’agriculture de la Nièvre, en intégrant le réseau de références «Sentinelles» et son programme sur les femelles non complémentées au pâturage. Concrètement, les Périgueur ont accepté de séparer une parcelle-test de 6,60 ha en quatre parties, sur lesquelles ils font tourner un lot de 10 vaches et leurs 10 veaux chaque semaine. C’est la technique du pâturage tournant. «Nous n’avons pas eu à bouleverser notre système parce que nous le pratiquions déjà un peu, de façon moins formelle» expliquent Jean-Marc et Bertrand. «Les autres lots tournent sur 3-4 parcelles définies, la quasi-totalité de notre surface étant groupée, 110 ha ici, à Millay, et 75 ha sur le deuxième site, à Luzy. La pâturage tournant n’est intéressant que comme çà: s’il fallait prendre la bétaillère à chaque fois, nous ne le ferions pas»! D’autant que s’ajoutent des contraintes de clôtures volantes et un impératif d’ombre en plein été pour les bovins.


«Chercher l’autonomie»

Outre les références de mesure d’herbe pour la Chambre, «notre objectif est de rechercher de plus en plus d’autonomie pour la rentabilité de l’exploitation. De cette façon, nous sommes autonomes en paille et nous n’achetons que les compléments azotés» précise le chef de famille. Et Bertrand de préciser: «Peut-être que ceux qui complémentent les laitonnes avec des seaux de granulés, sans les faire tourner, ont raison mais nous, nous fauchons un peu plus d’herbe qu’on aurait pensé au printemps et on en passe même parfois en enrubannage. Cela évite le gaspillage». «Pour valoriser au maximum la production d’herbe sans complémentation, le pâturage tournant fait partie de ces petits trucs qui nous évitent de faire trop de chèques à la fin du mois» surenchérit Jean-Marc. Car l’atout du « tournant », c’est bel et bien de disposer de plus d’herbe fraîche de bonne qualité pendant 2 ou 3 jours. «Les vaches et les veaux en profitent. Il n’y a jamais de grands refus. Le regain est nettement meilleur. Résultat: sur ces deux dernières années, les animaux ont totalisé un GMQ moyen de 1150 à 1200 g/j sans complémentation et les coproscopies laissent apparaître un taux de parasitisme plus faible». Les Périgueur ont pourtant un petit secret: «Nous n’avons pas trié les vaches et leurs veaux. Ce sont n’importe lesquels, pas exclusivement les meilleurs, mais ces bons résultats sont aussi le fruit de 26 ans de sélection par l’insémination artificielle» précise Jean-Marc Périgueur. Et Bertrand de conclure: «il ne faut pas croire aux miracles. Le pâturage tournant ne fait pas grossir des veaux par magie. Chez nous, il sert à permettre des gains équivalents à ceux qui servent de référence au Herd Book Charolais, et cela sans complémentation»... Ce qui n’est déjà pas si mal!