Dispositifs élevage de la Chambre d’agriculture (7/9)
Le parasitisme des veaux au pâturage
Suite de la présentation des actions menées par le service Elevage de la Chambre d’agriculture de la Nièvre destinées à accompagner les éleveurs bovins viande du département. Ce 7ème volet concerne le suivi du parasitisme des veaux au pâturage.
Dans nos systèmes d’élevage allaitant, les frais sanitaires représentent une part plus ou moins importante des charges des exploitations. Une part de progression peut être envisagée pour diminuer les frais liés à ce secteur grâce à une meilleure maîtrise du déparasitage des veaux au pâturage. Depuis le printemps 2013, les services de la Chambre d’agriculture de la Nièvre, en partenariat avec le GDS de la Nièvre et le laboratoire départemental d’analyses de Nevers, ont mis en place un dispositif de suivi du parasitisme de veaux non complémentés au pâturage.
L’objectif de cette action consiste à rechercher et à diffuser des données descriptives du parasitisme des veaux à différents tops clés de la campagne de pâturage : au lâcher, en juin et au sevrage. Ces observations reposent sur le dispositif de suivis des sept lots de vaches suitées de veaux femelles non complémentés au pâturage que nous vous avions présentés dans l’édition du 24 janvier dernier (voir carte). Pour rappel, les veaux suivis ne sont pas complémentés au pâturage, ce qui permet de s’affranchir de l’effet de la complémentation sur l’infestation par les parasites d’herbe. De plus, pour six lots, il s’agit de veaux nés en moyenne en décembre et pour le dernier lot de veaux nés en février. Les veaux de décembre ont entre quatre et cinq mois à la mise à l’herbe et commencent donc à être de moins en moins dépendants du lait de la mère et de plus en plus de l’herbe pâturée.
[INTER]Analyses par coproscopies[inter]
Pour chacun des lots, des coproscopies ont été réalisées sur des bouses de veaux (dix prélèvements par élevage). Au lâcher, nous avions ciblé la recherche de coccidies, cryptosporidies, strongles digestifs et douves.
Concernant la recherche de coccidies, deux lots (dont les veaux ont consommé un aliment anticoccidien) ne présentaient pas d’infestation ou une infestation faible. Les autres lots présentaient une infestation moyenne à forte (quatre lots ont reçu un traitement anticoccidien et le dernier n’a reçu aucun traitement).
Les analyses n’ont pas révélé la présence de grande douve ni de strongles digestifs, ce qui était attendu, compte-tenu qu’il s’agit de parasites caractéristiques de contamination au pâturage. Un déparasitage ciblé contre les strongles dès le lâcher ne se justifie pas (même avec un produit à action rémanente) car les veaux présentent peu de risques de se parasiter à cette période (consommation d’herbe faible et bonnes hauteurs d’herbe au printemps). En juin et au sevrage, la présence des parasites précédents ainsi que de strongles pulmonaires a été recherchée. En juin, l’infestation par les strongles digestifs s’est avérée faible dans six des sept lots. A l’automne, le niveau d’infestation par les strongles digestifs était plus significatif, nécessitant un traitement après sevrage. La présence de paramphistome a été observée dans deux des lots suivis de même que la faible présence de strongles pulmonaires pour quatre lots.
[INTER]Résultats sur le bulletin «Herbe58»[inter]
Ces suivis vont être renouvelés cette année pour l’ensemble des lots. Les résultats vous seront communiqués par l’intermédiaire du bulletin [I]«Herbe58»[i] envoyé gratuitement par mail. Si vous ne bénéficiez pas de cet outils de pilotage de vos surfaces fourragères: contactez vos techniciens de l’Équipe Élevage de la Chambre d’Agriculture. Chaque bulletin est également consultable sur le site internet de la Chambre d’Agriculture à l’adresse suivante: www.nievre.chambagri.fr/productions-animales/herbe-58.html.
Vos contacts:
Rodolphe Morizot, conseiller GDS Nièvre (03 86 90 18 90), Christian Bourge, responsable de l’équipe élevage (03 86 93 40 52),
Jean-Louis Bridier, conseiller bovin allaitant, alimentation, bâtiment (03 86 93 40 54),
Perrine Raverat, conseillère bovin allaitant (03 86 93 04 11),
Christophe Rainon, conseiller en production ovine (03 86 93 04 07),
Francis Bougarel, conseiller bovin allaitant (03 86 93 04 16).
L’objectif de cette action consiste à rechercher et à diffuser des données descriptives du parasitisme des veaux à différents tops clés de la campagne de pâturage : au lâcher, en juin et au sevrage. Ces observations reposent sur le dispositif de suivis des sept lots de vaches suitées de veaux femelles non complémentés au pâturage que nous vous avions présentés dans l’édition du 24 janvier dernier (voir carte). Pour rappel, les veaux suivis ne sont pas complémentés au pâturage, ce qui permet de s’affranchir de l’effet de la complémentation sur l’infestation par les parasites d’herbe. De plus, pour six lots, il s’agit de veaux nés en moyenne en décembre et pour le dernier lot de veaux nés en février. Les veaux de décembre ont entre quatre et cinq mois à la mise à l’herbe et commencent donc à être de moins en moins dépendants du lait de la mère et de plus en plus de l’herbe pâturée.
[INTER]Analyses par coproscopies[inter]
Pour chacun des lots, des coproscopies ont été réalisées sur des bouses de veaux (dix prélèvements par élevage). Au lâcher, nous avions ciblé la recherche de coccidies, cryptosporidies, strongles digestifs et douves.
Concernant la recherche de coccidies, deux lots (dont les veaux ont consommé un aliment anticoccidien) ne présentaient pas d’infestation ou une infestation faible. Les autres lots présentaient une infestation moyenne à forte (quatre lots ont reçu un traitement anticoccidien et le dernier n’a reçu aucun traitement).
Les analyses n’ont pas révélé la présence de grande douve ni de strongles digestifs, ce qui était attendu, compte-tenu qu’il s’agit de parasites caractéristiques de contamination au pâturage. Un déparasitage ciblé contre les strongles dès le lâcher ne se justifie pas (même avec un produit à action rémanente) car les veaux présentent peu de risques de se parasiter à cette période (consommation d’herbe faible et bonnes hauteurs d’herbe au printemps). En juin et au sevrage, la présence des parasites précédents ainsi que de strongles pulmonaires a été recherchée. En juin, l’infestation par les strongles digestifs s’est avérée faible dans six des sept lots. A l’automne, le niveau d’infestation par les strongles digestifs était plus significatif, nécessitant un traitement après sevrage. La présence de paramphistome a été observée dans deux des lots suivis de même que la faible présence de strongles pulmonaires pour quatre lots.
[INTER]Résultats sur le bulletin «Herbe58»[inter]
Ces suivis vont être renouvelés cette année pour l’ensemble des lots. Les résultats vous seront communiqués par l’intermédiaire du bulletin [I]«Herbe58»[i] envoyé gratuitement par mail. Si vous ne bénéficiez pas de cet outils de pilotage de vos surfaces fourragères: contactez vos techniciens de l’Équipe Élevage de la Chambre d’Agriculture. Chaque bulletin est également consultable sur le site internet de la Chambre d’Agriculture à l’adresse suivante: www.nievre.chambagri.fr/productions-animales/herbe-58.html.
Vos contacts:
Rodolphe Morizot, conseiller GDS Nièvre (03 86 90 18 90), Christian Bourge, responsable de l’équipe élevage (03 86 93 40 52),
Jean-Louis Bridier, conseiller bovin allaitant, alimentation, bâtiment (03 86 93 40 54),
Perrine Raverat, conseillère bovin allaitant (03 86 93 04 11),
Christophe Rainon, conseiller en production ovine (03 86 93 04 07),
Francis Bougarel, conseiller bovin allaitant (03 86 93 04 16).
Guy Robail: «cela m’a permis d’arrêter les traitements systématiques»
A Châteauneuf-Val de Bargis, Guy Robail conduit 65 vaches charolaises sur sa ferme de 210 ha, dont les 2/3 sont exploités en grandes cultures et le reste en prairies pour l’élevage. Il participe au suivi du parasitisme des veaux non complémentés au pâturage mis en place l’année dernière par la Chambre d’agriculture, «mais j’avais commencé dès 2012 à suivre un lot de mères/veaux sur les praires pour optimiser la croissance des animaux sur l’herbe, notamment en faisant des mesures avec un herbomètre» explique-t-il. C’est donc tout naturellement qu’il s’est associé au suivi du parasitisme, en faisant réaliser, en même temps que les pesées, des coproscopies (prélèvements en contention) pour des analyses par le Laboratoire départemental. Les échantillons sont pris au lâcher, puis en juin et enfin en septembre au sevrage. «Ce qui est ressorti de la copro. du mois de juin, c’est qu’il n’y avait pas lieu de traiter parce qu’il n’y avait pas de strongle ni cryptosporidium. Le traitement anti-parasitaire, que je pratiquais jusqu’alors de façon systématique depuis trois ans, a donc été supprimé. Dans le même temps, la pesée a indiqué que le GMQ était de 1130 g/j et les vaches ont repris du poids,
40 kg. Pas d’amaigrissement donc et, selon l’analyse, une infestation très faible en strongles. Le parasitisme peut varier d’une année sur l’autre, en fonction de la qualité de l’herbe et de la météo de l’année mais avec les coproscopies, je peux anticiper... Outre l’aspect financier, du fait de l’interruption du traitement systématique, je fais aussi attention à l’aspect immunitaire des animaux. Il faut stimuler l’immunité en ne traitant pas trop les animaux. Cela me rassure de ne pas avoir à le faire systématiquement sur les génisses non complémentées. En revanche, j’applique un anti-parasitaire global sur les broutards complémentés en juin car ce n’est pas l’immunité que je cherche mais un poids à la sortie, l’optimisation de la performance de croissance. Cette réflexion m‘a permis d’obtenir des animaux en meilleur état au moment de la vente» se réjouit Guy Robail.
Grâce au suivi parasitisme, l’éleveur assure un bon état sanitaire de ses charolais et évite aussi un manque-à-gagner lié à des pertes de poids non désirées.