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Rencontre régionale ovine

Le mouton a sa place en zone céréalière

La section ovine du Comité régional de l'€™élevage (Corel) a organisé sa 6ème rencontre technique régionale dans le canton de Saint-Seine-l'€™Abbaye (21). Environ 130 personnes se sont rendues chez Hubert Mony (système céréales-ovins avec 400 brebis prolifiques) et au Gaec des Champs fleuris (système céréales-ovins classique).
Par Aurélien Genest
Le mouton a sa place en zone céréalière
Après la Nièvre en 2010, la Côte d'€™Or a organisé jeudi 22 septembre la 6ème rencontre technique régionale ovine. La visite de deux élevages du village de Francheville était au programme avec les thèmes suivants: génétique, conduite de la reproduction, emploi salarié, allégement des charges alimentaires, bâtiment et utilisation des dérobées et des couverts.

[INTER]Chez Hubert Mony[inter]
La visite commence dans un système céréales-ovins avec 400 brebis prolifiques. Lors de son installation en 1995, Hubert Mony choisit de remplacer progressivement la troupe Ile-de-France par des brebis Romane. Aujourd'€™hui, l'€™exploitation de 218 hectares compte 400 brebis Romane conduites avec trois périodes de mise en lutte (afin d'€™étaler la charge de travail et la vente des agneaux au cours de l'€™année). Les dates de mise en lutte sont déterminées en fonction des travaux sur les grandes cultures et des périodes de ventes d'€™agneaux les plus favorables. Le taux de productivité numérique du troupeau est de 180%. Ce très bon résultat s'€™explique par un taux de mise bas annuel de 106%, une partie des brebis ayant été accélérée. Le taux de prolificité est de 223%. Les agneaux, tous engraissés en bergerie avec un mélange fermier (économique), et les agnelles de reproduction sont vendus au prix moyen de 110€. En 2011, 100 agnelles Romane et 100 agnelles F1 ont été vendues pour la reproduction et une quinzaine de béliers sont rentrés à la station de contrôle individuel. D'€™un point de vue génétique, l'€™index valeur laitière des brebis est passé de 0 à +21 de 1996 à aujourd'€™hui. Depuis novembre 2010, un salarié à plein temps travaille sur l'€™exploitation. Le dernier exercice fait ressortir une très bonne productivité de la main d'€™œuvre : 8800 kg de carcasse d'€™agneaux produits pour 0,8 UMO (exploitant et salarié) consacré à l'€™atelier ovin. En lien avec l'€™augmentation de l'€™élevage, une nouvelle bergerie a été construite en vue d'€™effectuer le nouvel agnelage. Afin de sécuriser le système fourrager, huit hectares de cultures intermédiaires pièges à nitrate (Cipan) ont été implantés (4 ha de mélange avoine-pois d'€™hiver et 4 ha d'€™un mélange avoine-pois d'€™hiver-pois fourrager-radis fourrager). La moitié de la surface a été pâturée par les brebis en fin de gestation et l'€™autre moitié a été enrubannée.

[INTER]Chez Gilles et Gabriel Duthu[inter]
La visite se poursuit au Gaec des Champs fleuris, de Gabriel et Gilles Duthu. Créée en 1977, l'€™exploitation de 270 hectares dont 42 hectares de surface fourragère compte aujourd'€™hui 280 brebis Ile de France conduites avec une seule période de mise-bas à contre-saison. Le troupeau est mis en lutte du 1er juin au 31 août, il n'€™y a pas de repasse. Les agnelles sont mises en lutte à 16 mois. Les objectifs de la sélection visent à obtenir des souches qui combinent des performances pour les critères d'€™élevage et de reproduction (prolificité, valeur laitière, aptitude au désaisonnement...). En 2010,le taux de productivité numérique a été de 132% et le taux de fertilité est de 94%. Un total de 277 agneaux ont été vendus dont 62% en «Agneaux de nos régions» à 103€ de moyenne, soit 18,8kg de carcasse valorisés à 5,48€/kg. Les agneaux sont tous engraissés en bergerie avec un aliment complet ou du mélange fermier. Depuis 2010, avec l'€™obligation de couverture en zone vulnérable, quatre hectares de Cipan ont été enrubannées et distribuées lors de la lactation. Ces Cipan augmentent l'€™autonomie alimentaire du Gaec. A ce sujet, une collection fourragère a été implantée a proximité de l'€™exploitation. En 2010, une ton-ne de matière sèche/ha (pois/avoine/radis) avait permis de faire pâturer 40 brebis pendant trois semaines, soit l'€™équivalent de 16 bottes d'€™enrubanné à l'€™hectare.

[INTER]75€ nets par brebis?[inter]
Dans son discours, Thierry Besançon, le président de la section du Corel, a abordé la reconquête ovine et la prochaine Pac. [I]«Ensemble, il faut que l'€™on détermine un objectif de revenus par brebis. J'€™ai envie de lancer un chiffre, il faut absolument que l'€™on ait un revenu net de 75€ par brebis. Il ne faut pas avoir peur d'€™annoncer les chiffres car sinon, les gens et les jeunes en particulier, vont se détourner de notre filière pour aller voir d'€™autres productions»[i]. Pour arriver à ces 75€ nets, Thierry Besançon évoque la formation des éleveurs, la technique, la recherche avec la génétique, et l'€™autonomie des exploitations. [I]«Nous devons réussir à cultiver des protéagineux sur des terres à cailloux. Nous devons également réussir à valoriser nos cours. La contractualisation est une bonne idée. Nous sommes prêts à nous engager mais il faut voir ce que les distributeurs sont prêts à mettre»[i]. Visiblement, il y a encore du travail à ce niveau là: [I]«Nous les avons déjà rencontrés. Au premier rendez-vous ils sont d'€™accord, mais au deuxième rendez-vous ils oublient de venir...»[i]

La Barotte était là

De nombreux jeunes étaient présents à cette journée, dont 13 du lycée La Barotte Haute Côte d'€™Or. Pourquoi avoir choisi la filière élevage alors que les crises se succèdent? Pour Thomas Vigneron (Coulmier-le-Sec) et Nicolas Germanic (Norges-la-Ville), le métier d'€™agriculteur est tout simplement «essentiel au vu de la consommation mondiale grandissante». Pour Killian Ehret (Duesme), «Tout le monde doit faire de son mieux pour sortir de ces passages compliqués, les agriculteurs y sont toujours arrivés». Pour Anthony Sauvageot (Langres), l'€™agriculture sera certes «de plus en plus dure dans les prochaines années mais la passion du métier continuera de l'€™emporter». Thomas Brunet (Montigny-sur-Vingeanne) ajoute qu'€™en cas de difficultés, les agriculteurs «savent se faire entendre quand quelque chose ne va pas».