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Les blaireaux menacent son hangar

Le Gaec de l'€™Huilerie au pied du mur

Claude Chaudron est associé avec son fils, Nicolas, dans le Gaec de l'€™Huilerie, qui élève 80 vaches laitières à Diennes-Aubigny. Depuis le printemps, ce que des amis chasseurs ont identifié comme des dégâts de blaireaux, menace un de ses murs sur lequel il a posé un hangar. L'€™éleveur craint que tout le bâtiment ne s'€™effondre rapidement.
Par Emmanuel Coulombeix
Le Gaec de l'€™Huilerie au pied du mur
Claude Chaudron montre les lézardes qui traversent le mur centenaire sur lequel il a construit un hangar.
[I]«Ces gaillards de nuit, on ne les voit pas»![i] Claude Chaudron navigue en plein désarroi. Les stigmates de l'€™attaque en règle qu'€™il subit depuis le printemps l'€™inquiètent au plus haut point et l'€™éleveur de Diennes-Aubigny cherche des responsabilités. Et une planche de salut. C'€™est que son hangar, construit récemment sur un mur de sa ferme, menace de s'€™effondrer. [I]«Les lézardes, à l'€™extrêmité de la cloison sont nombreuses, de part et d'€™autre du mur. Elles sont plus grosses qu'€™un doigt et s'€™étendent en hauteur sur plus d'€™un mètre»[i] s'€™alarme-t-il. Et de fait, Claude Chaudron craint que ce ne soit le bâtiment tout entier qui finisse par s'€™effondrer.[I] «Avant, j'€™y stockais du fourrage et j'€™y mettais des vaches, maintenant je suis obligé de le laisser complètement vide»[i] explique-t-il. Le danger est immédiat. Tout le coin extérieur du hangar est en situation instable. Les trous béants qui jonchent le sol, sous les pierres fissurées, ne laissent rien augurer de bon. [I]«Ce sont des amis chasseurs qui m'€™ont dit qu'€™il s'€™agissait sûrement de l'€™œuvre des blaireaux»[i]!
[INTER]Galeries qui laissent paraître le jour[inter]
Car en fait de trous, ce sont en fait des galeries qui menacent jusqu'€™aux fondations de ce mur de plus de cent ans sur lequel il a érigé le hangar en tôles et parpaings. A l'€™angle du bâtiment, le jour apparaît sous les murs porteurs. Les blaireaux, que Claude Chaudron estime nombreux, même s'€™il reconnaît que [I]«dans la nature, un peu de faune sauvage a sans doute son utilité »[i], viennent se réfugier de nuit sous la structure. Causant des dégâts irrémédiables au hangar. Lundi, Claude Chaudron devait appeler son assureur pour qu'€™il vienne constater les dégâts et voir si ses garanties pouvaient marcher. L'€™éleveur laitier ne sait plus à quel saint se vouer. Les galeries ont commencé à apparaître au printemps et aucune solution ne semble pour l'€™instant venir le rassurer. [I]«Un technicien de la DDT est venu à ma demande il y a un mois et demi mais j'€™attends toujours son rapport. C'€™est le statu quo complet. Il faudrait sans doute les chasser mais de nuit, c'€™est compliqué et puis il faut appeler les lieutenants de louveterie qui, à mon avis, préfèrent sans doute rester à côté de leurs femmes à cette heure-là. Surtout, les blaireaux ne sont pas classés comme espèce nuisible et donc je ne sais pas où sont les responsabilités»[i] déplore Claude Chaudron, dans l'€™embarras. [I]«Il faut bien qu'€™il y ait un responsable. Qu'€™on me dise comment je peux être indemnisé. Après les corbeaux, les ragondins et les sangliers, les blaireaux, çà commence à bien faire! Surtout qu'€™ils se sont attaqués à mes maÏs. Mais je ne peux pas payer ma banque en queues de blaireaux»[i]! Entre la nourriture offerte à bon compte aux malfaisants et la proximité des bois, à moins de 100 mètres, l'€™éleveur se dit désemparé.
[INTER]Revendication syndicale[inter]
Pour tenter d'€™y voir plus clair, il a donc décidé de faire intervenir le réseau FDSEA. [I]«Nous devons être plusieurs à oser témoigner»[i] exhorte Claude Chaudron, même si tous les agriculteurs victimes des blaireaux n'€™ont pas à subir autant de dégâts matériels que lui. Stéphane Lafranchise, directeur de la FDSEA58, confirme d'€™ailleurs que des cas d'€™attaques de blaireaux aux cultures ont aussi été identifiés dans d'€™autres zones du département, [I]«notamment à Tannay et Clamecy mais le fléau a tendance à se généraliser. Le blaireau n'€™est pas considéré comme nuisible et c'€™est bien-là le problème. Ce sont les arrêtés préfectoraux et le Code de l'€™environnement qui font foi. Il faut déclarer à la Fédération départementale des chasseurs pour envisager le piégeage»[i] explique le responsable syndical. Il faut donc que les informations remontent, soit à la FDC soit à la Chambre d'€™agriculture, auxquelles s'€™associe la FDSEA58, «qui à partir de là enverront un argumentaire à la préfète afin de réclamer le classement en nuisible, au vu des résultats de l'€™enquête» dit Stéphane Lafranchise. La revendication est déjà ancienne. [I]«Toutes ces populations, c'€™est sans doute normal, mais il faut les endiguer. Ne pas les laisser proliférer au détriment de la viabilité économique de nos entreprises» e[i]stime Claude Chaudron pour qui [I]«ce sont toujours des préjudices même lorsque c'€™est indemnisé».[i]