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Le département de Côte-d'Or en quête de maraîchers

Le Conseil départemental de la Côte-d'Or lance un Appel à manifestation d'intérêt (Ami) afin de proposer à un ou plusieurs maraîchers de produire en bio sur une parcelle située au sud de Dijon. Le but étant, en priorité, d'alimenter les restaurations collectives des collèges du département.

Par Berty Robert
Le département de Côte-d'Or en quête de maraîchers
Au premier plan, le bâtiment agricole construit sur la parcelle de Perrigny-lès-Dijon par le Conseil départemental et dans le fond, la réserve d'eau pour l'irrigation.

L'Appel à manifestation d'intérêt (Ami) lancé par le Conseil départemental de la Côte-d'Or pour trouver un ou des maraîchers marque l'aboutissement d'une idée lancée il y a presque dix ans : en 2017, la collectivité avait acquis du foncier à Perrigny-lès-Dijon, dans le but d'y créer un pôle de productions maraîchères locales et bio. Le projet a nécessité des aménagements et de la structuration mais désormais, avec cet Ami, il traduit la volonté du Département de mettre en marche un « outil » en cohérence avec la volonté affichée depuis plusieurs années de promouvoir une alimentation locale. Sur une partie des 20 ha acquis en 2017, il y a déjà aujourd'hui une structure qui produit : les Resto du Cœur y exploitent 3 ha. Ils produisent à destination de leur circuit de distribution et par le biais d'un chantier d'insertion. Par ailleurs, au cours du mois de mars, c'est Croix Rouge Insertion qui va s'installer sur 4 ha, avec la volonté de vendre à la restauration hors domicile.

Deux circuits d'irrigation

Le ou les maraîchers qui répondront à l'Ami et seront sélectionnés disposeront, eux, de 9 ha. « Le Département, précise Vinciane Marin, chargée de mission filières locales et projet alimentaire territorial au Conseil départemental de Côte-d'Or, a équipé le foncier qu'il avait acquis d'une retenue d'eau pour l'irrigation avec une capacité de stockage maximum de 40 000 m3. À cela s'ajoutent deux circuits d'irrigation : un à haute pression et un à basse pression. Le but est de permettre de faire du maraîchage de plein champ sur une partie des parcelles et du maraîchage sous serre avec de la micro-irrigation, sur l'autre partie. Le site se veut exemplaire en matière de gestion de l'eau. » Cette infrastructure se complète par un bâtiment agricole de 600 m2 dont le Conseil départemental vient de terminer la construction. Il comporte deux chambres froides indépendantes de 20 m2, une partie aménagée en bureau, une salle de pause, deux vestiaires, une grande halle technique de 288 m2 et un auvent fermé permettant de stocker du matériel, sur 175 m2. L'ensemble du bâtiment sera clôturé et il comporte aussi une aire de lavage pour le matériel, une cuve de récupération des eaux de pluie en toitures ou des eaux de lavage passées au débourbeur, d'une capacité de 20 m3. « Ce bâtiment, détaille Vinciane Marin, est prévu pour l'entièreté du site. Cela impliquera un usage partagé du bâtiment. » Ce bâtiment est mis à disposition de ses utilisateurs gratuitement mais ils devront s'acquitter des charges liées aux consommations électriques et d'eau. Par ailleurs sur le site, le Département a aussi implanté des haies pour couper le vent et amener des auxiliaires de culture.

Un projet à discuter

Les candidatures pour répondre à l'Ami sont ouvertes officiellement jusqu'au 3 avril mais l'essentiel, pour le département, est de pouvoir discuter avec les candidats autour de leur projet afin de trouver, dans la mesure du possible, la solution qui y répondra le mieux. Il faut aussi noter que sur site va s'implanter l'entreprise Alfacy qui fait du compostage en bout de champ. Elle collecte auprès des établissements de restauration collective des bacs remplis de biodéchets (puisque ces établissements ont l'obligation de les valoriser depuis 2024) et produit à partir de cela du compost sous forme de boudins, qui peut ensuite être utilisé directement par les maraîchers. Alfacy travaille déjà de cette manière avec des collèges et des Ehpad de Côte-d'Or. Des partenariats de ce type, il pourrait y en avoir d'autres, à l'avenir, autour du pôle de Perrigny-lès-Dijon et le Département se propose d'être un facilitateur en l'espèce, y compris avec des grossistes en recherche de légumes bruts. Sur le pôle de Perrigny-lès-Dijon, le Département table sur un démarrage de la production du ou des maraîchers retenus, en 2027, le temps de préparer l'assolement et de commander les plants.

En parallèle de la légumerie départementale

En parallèle de l'installation d'un ou plusieurs maraîchers sur le pôle de Perrigny-lès-Dijon, le projet de légumerie départemental poursuit son développement. Cette structure sera implantée à Auxonne. Elle achètera des légumes produits sur le pôle de Perrigny. Son activité doit démarrer en septembre 2027. Les travaux la concernant vont débuter au mois d'avril. La légumerie fournira, dans un premier temps, les 40 collèges de la Côte-d'Or. Dans l'approvisionnement de cette légumerie, le pôle maraîchage de Perrigny sera complémentaire de l'activité d'autres maraîchers implantés dans le bassin d'Auxonne. On estime que, les premières années, la légumerie départementale devrait traiter une cinquantaine de tonnes de légumes.

En savoir +

Pour candidater à l'Ami du Département, rendez-vous sur le site du Conseil départmeental ici.