Fièvre catarrhale ovine (FCO)
Le coup de bambou !
Alors que les exportations d’animaux nivernais, notamment des broutards d’automne vers l’Italie, battaient leur plein, l’annonce d’un foyer de FCO dans l’Allier, vendredi 11 septembre, à plongé les professionnels de l’élevage dans la consternation. Après une semaine de mesures de surveillance, d’appels aux OPA, et -pour tout dire- de flottement, la lutte s’organise.
Les éleveurs bovins et ovins de la Nièvre n’avaient vraiment pas besoin de çà! Alors que bon nombre d’entre eux comptaient, cet automne, se renflouer un peu grâce à l’export de leurs animaux, le coup de bambou s’est abattu sur leur tête vendredi dernier (lire encadré). Très vite, l’état, par la voix de Stéphane Le Foll, le ministre, a réagi, instituant un confinement des animaux détectés positifs dans l’Allier et mettant en œuvre une zone de protection à 100 km du foyer et une de surveillance jusqu’à 150 km.
Toute sortie de ces zones est suspendue, par précaution, et le transfert des ruminants d’une zone à l’autre est interdit, sauf pour des animaux devant être abattus dans les 24 h (sous réserve de la désinsectisation des transports et des bâtiments de bouverie). Dans la Nièvre, voisine de l’Allier, le principe de précaution institue donc deux zones : 119 communes du sud du département sont placées en zone de protection et les autres (193), au nord, en zone de surveillance. En réunion à la préfecture, mardi 15 septembre au soir, Alain Bonnel, le directeur du GDS 58, largement sollicité par les adhérents depuis le vendredi, a fait part d’une position officielle demandant l’institution d’une zone unique, clarifiant ainsi les contraintes pour les éleveurs du département.
Économie chancelante
Même si les ovins sont sensibles au sérotype 8, transmis par le moucheron vecteur de la FCO, ce sont bien les les bovins et particulièrement les broutards d’automne vers lesquels tous les regards sont tournés. A cette époque, le commerce vers l’Italie et la Turquie assurent une bonne part du revenu des éleveurs nivernais et ce coup dur commercial, en attendant la programmation vaccinale et l’évaluation des Certificats sanitaires par les pays concernés (la France a perdu son statut indemne dès le 11 septembre et la déclaration à l’OIE, après deux ans sans foyer de maladie), fait craindre le pire à des exploitations déjà mises à mal par la crise économique et la sécheresse de l’été. Non seulement, la sortie des animaux est suspendue, ce qui est un premier manque-à-gagner, mais il va falloir nourrir les animaux, alors même que la récolte d’herbe a chuté. Sans parler des marchés au cadran obligés de restreindre leurs ventes aux enchères ou des concours et foires suspendus ou, comme le Concours national des veaux et la vente aux enchères, qui devaient avoir lieu aujourd’hui au Marault, purement et simplement reportés... C’est toute une économie qui est chancelante, au-delà des drames humains individuels qui se jouent dans les cours de fermes...
Demandes syndicales
Mardi soir, dans le cadre de la cellule de crise réunie à la Préfecture (avec l’administration, le GDS 58, les organisations syndicales, la Chambre d’agriculture, les Groupements de producteurs et l’OS Charolais), c’est plus particulièrement la campagne vaccinale à venir qui a été évoquée. «La rapidité de mise en œuvre des mesures de gestion est une condition indispensable pour limiter les conséquences de la maladie, notamment à l’export» écrivait la préfecture, dans un communqiué du 14 septembre. Pour la FDSEA 58, représentée par Stéphane Aurousseau et Stéphane Lafranchise, président et directeur, «il y a trois revendications : la prise en charge intégrale des PCR (virologies), de l’acte du vétérinaire en cas de vaccination et des vaccins ; l’impossibilité pour les vétérinaires de choisir les clients vers lesquels ils décideraient d’orienter les doses de vaccins, étant donné la pénurie des
doses (55 000 immédiatement et 900 000 à venir, mais avec deux injections par animal); et que l’Etat se débrouille pour mettre en œuvre l’acompte de 75% des paiements Pac». Les moyens de lutte contre la FCO devraient évoluer dans les prochaines semaines, en fonction des remontées d’informations. «A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles! Que l’état fasse preuve de souplesse dans les procédures administratives, s’il veut montrer qu’il est aux côtés des éleveurs» lance Stéphane Lafranchise. Hier, le ministre devait évaluer, avec les responsables professionnels, les conditions financières à mettre en œuvre. Le 22 septembre, une nouvelle cellule FCO est prévue à la préfecture de la Nièvre. La langue bleue, dans le département, n’a pas finir de faire parler d’elle...
Toute sortie de ces zones est suspendue, par précaution, et le transfert des ruminants d’une zone à l’autre est interdit, sauf pour des animaux devant être abattus dans les 24 h (sous réserve de la désinsectisation des transports et des bâtiments de bouverie). Dans la Nièvre, voisine de l’Allier, le principe de précaution institue donc deux zones : 119 communes du sud du département sont placées en zone de protection et les autres (193), au nord, en zone de surveillance. En réunion à la préfecture, mardi 15 septembre au soir, Alain Bonnel, le directeur du GDS 58, largement sollicité par les adhérents depuis le vendredi, a fait part d’une position officielle demandant l’institution d’une zone unique, clarifiant ainsi les contraintes pour les éleveurs du département.
Économie chancelante
Même si les ovins sont sensibles au sérotype 8, transmis par le moucheron vecteur de la FCO, ce sont bien les les bovins et particulièrement les broutards d’automne vers lesquels tous les regards sont tournés. A cette époque, le commerce vers l’Italie et la Turquie assurent une bonne part du revenu des éleveurs nivernais et ce coup dur commercial, en attendant la programmation vaccinale et l’évaluation des Certificats sanitaires par les pays concernés (la France a perdu son statut indemne dès le 11 septembre et la déclaration à l’OIE, après deux ans sans foyer de maladie), fait craindre le pire à des exploitations déjà mises à mal par la crise économique et la sécheresse de l’été. Non seulement, la sortie des animaux est suspendue, ce qui est un premier manque-à-gagner, mais il va falloir nourrir les animaux, alors même que la récolte d’herbe a chuté. Sans parler des marchés au cadran obligés de restreindre leurs ventes aux enchères ou des concours et foires suspendus ou, comme le Concours national des veaux et la vente aux enchères, qui devaient avoir lieu aujourd’hui au Marault, purement et simplement reportés... C’est toute une économie qui est chancelante, au-delà des drames humains individuels qui se jouent dans les cours de fermes...
Demandes syndicales
Mardi soir, dans le cadre de la cellule de crise réunie à la Préfecture (avec l’administration, le GDS 58, les organisations syndicales, la Chambre d’agriculture, les Groupements de producteurs et l’OS Charolais), c’est plus particulièrement la campagne vaccinale à venir qui a été évoquée. «La rapidité de mise en œuvre des mesures de gestion est une condition indispensable pour limiter les conséquences de la maladie, notamment à l’export» écrivait la préfecture, dans un communqiué du 14 septembre. Pour la FDSEA 58, représentée par Stéphane Aurousseau et Stéphane Lafranchise, président et directeur, «il y a trois revendications : la prise en charge intégrale des PCR (virologies), de l’acte du vétérinaire en cas de vaccination et des vaccins ; l’impossibilité pour les vétérinaires de choisir les clients vers lesquels ils décideraient d’orienter les doses de vaccins, étant donné la pénurie des
doses (55 000 immédiatement et 900 000 à venir, mais avec deux injections par animal); et que l’Etat se débrouille pour mettre en œuvre l’acompte de 75% des paiements Pac». Les moyens de lutte contre la FCO devraient évoluer dans les prochaines semaines, en fonction des remontées d’informations. «A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles! Que l’état fasse preuve de souplesse dans les procédures administratives, s’il veut montrer qu’il est aux côtés des éleveurs» lance Stéphane Lafranchise. Hier, le ministre devait évaluer, avec les responsables professionnels, les conditions financières à mettre en œuvre. Le 22 septembre, une nouvelle cellule FCO est prévue à la préfecture de la Nièvre. La langue bleue, dans le département, n’a pas finir de faire parler d’elle...