Les BTS du CFPPA du Morvan en République tchèque
Le contraste entre deux agricultures européennes
Les classes de 1è et 2è années du BTS ACSE par apprentissage au CFPPA du Morvan, sont allées visiter des fermes et structures agricoles tchèques, durant une semaine, à la mi-avril. Le programme, riche et varié, leur a permis d’évaluer les différences criantes avec l’agriculture française qu’ils étudient toute l’année.
De l’avis de Bernard Cretin, leur professeur en économie-gestion au CFPPA du Morvan, qui les accompagnait, les 19 stagiaires des deux promotions du BTS ACSE par apprentissage (1è et 2è années) ont été saisis par l’immense différence entre les deux types d’agriculture qui sont visibles, à deux coups d’ailes d’avion, de cette part de l’Europe et de l’autre. Du 8 au 14 avril, les jeunes, de 18 à 21 ans, ont suivi un emploi du temps chargé qui les a conduits en Bohème centrale, à 50 km à l’Est de Prague. Hébergés dans le lycée agricole de la ville de Podebrady, ils ont rayonné entre une école vétérinaire tout ce qu’il y a de plus moderne, où ils ont pu faire des exercices pratiques de reproduction de vaches et de chevaux sur mannequins et trois ou quatre visites d’exploitations, dont la taille et la viabilité économique n’a rien à envier au projet de ferme des Mille vaches, dans le Nord de la France. Selon l’enseignant, «ce sont des exploitations typiques du pays, dont le standard tourne autour de 250 vaches laitières, ce qui est le plus gros troupeau d’Europe». Dans la plaine centrale de la République tchèque, l’activité laitière est prédominante. Si la visite de l’exploitation de leur lycée hôte a bien permis d’approcher la réalité des vaches laitières, des porcs, des chevaux, des moutons et de la culture des céréales, les rencontres de fermiers les ont faits diamétralement changer de dimension. Difficile d’imaginer, pour ces jeunes fiers de l’agriculture performante et encadrées par tant de normes dans le Morvan, que de telles exploitations puissent exister à 3 heures de chez eux !
Agri-managers
«Dans deux ou trois des fermes visitées, les modèles sont issus des coopératives de l’époque soviétique» indique Bernard Cretin. Ce qui explique ce gigantisme, doublé depuis par les évolutions politiques du pays et la soumission aux lois de l’économie de marché mondialisée. «Beaucoup de leurs hectares sont ou seront vendus à des investisseurs car, après la chute du bloc communiste, les terres ont été ré-attribuées aux descendants des anciens propriétaires mais ils n’ont pas pratiqué l’agriculture depuis trois générations et le savoir-faire a disparu» explique le professeur. Des grandes surfaces, donc, menées par des agri-managers entourés de nombreux salariés. «L’agriculture familiale n’existe presque pas en République tchèque !» Un tableau en trompe-l’oeil puisqu’il «existe des fermes de tailles comparables à celles que ces stagiaires, pour qui c’était souvent le premier voyage à l’étranger, peuvent connaître en France».
Des fermes de 100 à 200 ha existent (ils en ont vues) même si la norme, c’est plutôt d’ancien kolkhozes désormais «aux mains d’un directeur et de simples exécutants». D’ailleurs, la culture agricole est quasi-inexistante : «les lycées agricoles ont du mal à remplir leurs classes. Il n’y a pas de culture paysanne. Il y aurait de la place pour un CFPPA comme le nôtre» note Bernard Cretin.
Le contraste a d’ailleurs saisi les jeunes de Château-Chinon. Par exemple, cette ferme de 580 vaches et 2 000 ha, à Chleby, qui emploie 25 salariés dirigés par un «businessman». Ou cet autre fermier, M. Pelcher à Seletice, agriculteur plus traditionnel mais qui est propriétaire de 653 animaux (bovins, cochons, lapins, moutons, chevaux...) et de 340 ha, «qu’il considère comme une petite ferme», tout en ayant investi dans son propre abattoir et qui vend en direct dans son magasin à la ferme et par des livraisons...
«La particularité qui a frappé les stagiaires, c’est que ce sont des élevages hors-sol, c’est-à-dire que les animaux ne sortent quasiment jamais : les agriculteurs emploient de l’ensilage de maïs» témoigne M. Cretin. Et puis (çà ne les a pas laissés indifférents non plus) la République tchèque est connue pour être le premier producteur de bière européenne et le premier consommateur au monde. «En moyenne, on en boit 140 litres par personne et par an» relate l’enseignant, sachant qu’il s’agit plutôt «d’une bière blonde et légère, moins chère que l’eau, autour de 50 cts d’euros au bar ou en canettes». Les jeunes du CFPPA ont su apprécier...
Agri-managers
«Dans deux ou trois des fermes visitées, les modèles sont issus des coopératives de l’époque soviétique» indique Bernard Cretin. Ce qui explique ce gigantisme, doublé depuis par les évolutions politiques du pays et la soumission aux lois de l’économie de marché mondialisée. «Beaucoup de leurs hectares sont ou seront vendus à des investisseurs car, après la chute du bloc communiste, les terres ont été ré-attribuées aux descendants des anciens propriétaires mais ils n’ont pas pratiqué l’agriculture depuis trois générations et le savoir-faire a disparu» explique le professeur. Des grandes surfaces, donc, menées par des agri-managers entourés de nombreux salariés. «L’agriculture familiale n’existe presque pas en République tchèque !» Un tableau en trompe-l’oeil puisqu’il «existe des fermes de tailles comparables à celles que ces stagiaires, pour qui c’était souvent le premier voyage à l’étranger, peuvent connaître en France».
Des fermes de 100 à 200 ha existent (ils en ont vues) même si la norme, c’est plutôt d’ancien kolkhozes désormais «aux mains d’un directeur et de simples exécutants». D’ailleurs, la culture agricole est quasi-inexistante : «les lycées agricoles ont du mal à remplir leurs classes. Il n’y a pas de culture paysanne. Il y aurait de la place pour un CFPPA comme le nôtre» note Bernard Cretin.
Le contraste a d’ailleurs saisi les jeunes de Château-Chinon. Par exemple, cette ferme de 580 vaches et 2 000 ha, à Chleby, qui emploie 25 salariés dirigés par un «businessman». Ou cet autre fermier, M. Pelcher à Seletice, agriculteur plus traditionnel mais qui est propriétaire de 653 animaux (bovins, cochons, lapins, moutons, chevaux...) et de 340 ha, «qu’il considère comme une petite ferme», tout en ayant investi dans son propre abattoir et qui vend en direct dans son magasin à la ferme et par des livraisons...
«La particularité qui a frappé les stagiaires, c’est que ce sont des élevages hors-sol, c’est-à-dire que les animaux ne sortent quasiment jamais : les agriculteurs emploient de l’ensilage de maïs» témoigne M. Cretin. Et puis (çà ne les a pas laissés indifférents non plus) la République tchèque est connue pour être le premier producteur de bière européenne et le premier consommateur au monde. «En moyenne, on en boit 140 litres par personne et par an» relate l’enseignant, sachant qu’il s’agit plutôt «d’une bière blonde et légère, moins chère que l’eau, autour de 50 cts d’euros au bar ou en canettes». Les jeunes du CFPPA ont su apprécier...