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Élevage

Le bon goût des Amognes

Sept éleveurs polyculteurs situés dans la zone classée Natura 2000 des Amognes, se sont réunis début juillet au sein d’une association, Natur’Amognes, afin de valoriser davantage leur production. Ils espèrent ainsi tirer leur épingle du jeu.
Par Céline Clément
Le bon goût des Amognes
De gauche à droite : Benoît Joly et Thierry Maillault, trésoriers de l’association Natur’Amognes et Nicolas Fallet, président.
Natur’Amognes, c’est une toute jeune association créée cet été. Après quelques bons mois de discussion, Nicolas Fallet, Thierry Maillault, Benoît Joly, Didier Ramet, Alexandre Rameau, Eric Thévenard et Didier Barillot, se sont regroupés au sein de cette association afin de valoriser leur production de viande. Tous sont éleveurs polyculteurs, situés dans la zone classée Natura 2000 au cœur des Amognes. S’ils doivent travailler en intégrant bon nombre de contraintes à leur activité, ils n’en reçoivent aucune contrepartie. Fort de ce constat, et frustré de ne pas voir leurs efforts reconnus à leur juste valeur, ils ont donc décidé de créer une association. Natur’Amognes, créée début juillet, leur permet ainsi de commercialiser leur production en étant mieux rémunéré. Épaulé dans leur projet par la communauté de communes des Amognes Cœur du Nivernais et la Chambre d’agriculture de la Nièvre, ils ont choisi de faire des contraintes environnementales une vraie force d’attaque au niveau commercial. «Nous sommes tous engagés dans des mesures agro-environnementales», explique Nicolas Fallet, président de l’association. «On doit préserver la biodiversité, on est moins libre dans notre activité et contraint de rester dans de l’élevage extensif traditionnel. On s’est dit qu’il serait bien d’en faire une force et d’en tirer parti».

L’union fait la force
Et comme le précise Benoît Joly, trésorier adjoint, «s’il y a encore de la biodiversité, c’est parce que les pratiques ont toujours été raisonnées. Aujourd’hui il est tentant de labourer mais pour nous c’est une philosophie de ne pas le faire. Notre région est une terre d’éleveurs plus que de céréaliers». Une terre d’éleveurs...que les sept agriculteurs regroupés au sein de Natur’Amognes, sont bien décidés à préserver et à valoriser. Pour cela ils jouent sur la différenciation de leurs produits sur le marché de la grande distribution. Depuis début juillet ils ont conclu des partenariats avec différentes GMS afin de commercialiser leur viande, mais aussi produits transformés (tartines et tartinades) et bientôt charcuterie sèche (la commercialisation est prévue pour début septembre). Les centres commerciaux Intermarché de Donzy, Saint Benin d’Azy, Imphy, Guérigny, la station Avia de Magny-Cours, le Carrefour City de Fourchambault, commercialisent ainsi les produits de nos éleveurs. Ceux-ci sélectionnent pour cela leurs animaux de meilleure qualité, élevés selon un strict cahier des charges. «Avant nos bêtes partaient dans la masse alors que la qualité était supérieure», souligne Benoît Joly. «On ne s’y retrouvait pas au niveau des prix et on perdait le lien avec le consommateur. Ce que l’on valorise c’est la qualité de notre production. On ne brusque pas les animaux, on prend le temps de les engraisser correctement, on utilise pas d’ensilage, pas d’OGM, une alimentation enrichie en graines de lin et une durée d’engraissement de trois mois». Les éleveurs travaillent avec l’abattoir de Corbigny, et pour la transformation des produits, avec l’Institut du Charolais. Leur objectif à terme : commercialiser 30% de leur production sous la gamme Natur’Amognes, voire même 50%. Avec une plus-value sur le prix de l’ordre de 20%, cela pourrait leur permettre d’être enfin rémunéré de manière juste.

Un lien retrouvé avec le consommateur
Si cette valorisation de leur production vaut pour des prix plus rémunérateurs, c’est également le cas pour le lien avec le consommateur. «C’est pour nous une satisfaction personnelle de suivre le produit jusqu’au bout», précise Thierry Maillaut, agriculteur à Druy Parigny. «Mais aussi de ramener le consommateur à un produit de qualité». D’ailleurs, les premiers bons retour des bouchers en témoignent. La qualité paye et il y a là, «un marché à prendre». «On est toujours bien reçu, car la qualité et le local ont le vent en poupe. Il y a un marché qui est là et qu’il faut investir. Cela nous donne aussi un nouveau souffle et nous permet de découvrir d’autres métiers, jusqu’à celui de commercial. On est là pour faire quelque chose de durable et pour faire valoir ce qu’il y a de meilleur chez nous». Les sept éleveurs de Natur’Amognes sont vraiment de bons ambassadeurs de leur métier mais aussi d’une région, d’un terroir. Ils envisagent par la suite d’étendre la commercialisation de leurs produits aux collectivités, comme les communautés de communes, villes, établissements scolaires et établissements de santé, et d’élargir leur zone de commercialisation pour tous les produits transformés. Même si pour l’instant leur horizon est surtout local. Ils seront vendredi 1er et samedi 2 septembre à l’Intermarché de Guérigny, afin de faire découvrir et déguster leurs produits aux novices comme aux fins connaisseurs.

Des tartinades et des terrines de pur charolais

Les éleveurs de Natur’Amognes travaillent en étroite collaboration avec l’Institut du Charolais afin d’élaborer des recettes artisanales de bœuf charolais des Amognes sans additif ni conservateurs. Des tartinades de type rillette (cassis, citron et romarin, piment d’espelette, béninoise, nature), des terrines (raisins et marc de Bourgogne, tomates et piment d’espelette, pot au feu, cassis, moutarde). Mais aussi des plats cuisinés : jarret de bœuf à déguster froid ou chaud (raisins et amandes, poivron et olives) et des produits de salaison : saucisse sèche, saucisson sec, chorizo, viande séchée. Pour plus d’informations : association Natur’Amognes, communauté de communes Amognes Cœur du Nivernais, St Bénin d’Azy, naturamognes@gmail.com