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La France et sa cuisine au Vietnam

Le bon goût charolais présenté à Ho-Chi-Minh-Ville et à Hanoï

Dans le cadre des relations que le ministère français du Commerce extérieur noue à travers le monde, une délégation française est allée vanter les mérites des pommes et de la viande nationale auprès des prescripteurs vietnamiens. L’éleveur nivernais Emmanuel Bernard, participait à la mission.
Par Emmanuel Coulombeix
Le bon goût charolais présenté  à Ho-Chi-Minh-Ville et à Hanoï
Viande rouge et pommes au menu des dégustations.
Avec des responsables de France Agrimer et de la DGAL (ministère de l’Agriculture), et un chef cuisinier tricolore, des représentants d’Interbev (interprofession de la viande), d’Interfel (fruits et légumes) et de la FIC (charcuterie), sont allés défendre les couleurs de la gastronomie bleu-blanc-rouge, du 8 au 11 décembre dernier, dans le cadre d’une action intitulée «Bienvenue à la french food». Ils étaient accompagnés de commerciaux de cinq sociétés françaises de négoce, dont Puygrenier et SVA, deux leaders du négoce de viande française. Au menu des festivités figuraient une présentation dans un hôtel de Hô-Chi-Minh-Ville (ex-Saïgon) de recettes à base de viande charolaise et de pommes françaises, par le chef venu spécialement, auprès d’importateurs et de journalistes locaux. Soixante dix au total se sont régalés des propositions culinaires, axées sur le mix sucré-salé, culturellement imprégné dans la gastronomie vietnamienne. Les invités avaient été sollicités par Business France (ex-Ubifrance), l’organisme public qui assure la promotion des filières françaises à travers le monde. Emmanuel Bernard, pour Interbev, comme les responsables publics et privés de la délégation française, a pu constater l’appétit des Vietnamiens pour notre gastronomie, qui repose «sur les critères de sécurité sanitaire, de confiance et de différenciation par rapport aux produits concurrents des États-Unis et d’Australie», indiquait-il mardi dernier. Hô-Chi-Minh, qui est la capitale économique du Vietnam, tandis qu’Hanoï demeure la capitale politique et administrative, a bruissé de cette action résolument optimiste proposée par la France. A tel point que, l’après-midi, les commerciaux des sociétés hexagonales, ont eu des entretiens en “BtoB” avec des importateurs locaux, et ont eu des contacts très intéressants qui devraient déboucher sur des contrats d’achat de viande charolaise. Puygrenier, le leader de Montluçon de l’export de viande charolaise, qui s’approvisionne lui-même chez les éleveurs de Bourgogne et d’Auvergne, a dû se séparer du reste de la délégation, pour rester sur place dans le cadre de négociations. Les validations par les banques françaises devraient suivre, au retour de ces commerciaux tricolores.
Tandis que certains restaient à Hô-Chi-Minh, le reste de la délégation a poursuivi son opération séduction à Hanoï, la capitale de ce pays asiatiques de 80 millions d’habitants, qui affiche fièrement un taux de croissance économique de 6,5% en 2015. A faire rêver plus d’un vieux pays européen ! Selon Emmanuel Bernard, l’événement a été plus classique puisqu’il s’agissait d’une réception à l’ambassade de France, où assistaient des responsables politiques et administratifs ainsi que des journalistes des deux chaînes de télévision. Là-encore, les dégustations ont permis de séduire les palais délicats des prescripteurs vietnamiens. «Ce qui percute bien, c’est notre capacité à démontrer notre capacité à montrer la spécificité de nos exploitations agricoles françaises, à échelle humaine, où une famille vit autour de l’élevage, récolte le foin, alimente les animaux avec rien d’autre qu’avec un peu de tourteaux et ne pratique pas d’engraissement industriel. Le message passe bien là-bas» témoigne l’éleveur nivernais. Ce qui est de bon augure pour de futurs contrats puisque la classe moyenne vietnamienne se développe rapidement, réhaussant ses exigences qualitatives des produits dans son assiette. «Les vietnamiens consomment en moyenne 4,3 kg de viande par an et par habitant, ce qui est peu, et qu’en terme de PIB par habitant, au-dessous de 2500 dollars, ils choisissent le poulet mais à 3000 dollars, ils se tournent vers la viande bovine. Cela nous intéresse d’autant plus que de la viande de Chine, voisine, rentre dans le pays et qu’elle n’est pas toute consommée» révèle Emmanuel Bernard. Avec une croissance comme celle-là, la classe moyenne vietnamienne devient très prometteuse pour l’importation.

Fin de l’embargo sur les plus de 30 mois  ?
A Hanoï toujours, le responsable nivernais d’Interbev a -c’est une première dans l’histoire des relations diplomatiques multilatérales- participé à une rencontre entre la DGAL française et les services vétérinaires vietnamiens. C’est la première fois qu’un professionnel assistait à des négociations administratives. L’enjeu  ? «Convaincre les officiels vietnamiens d’abandonner l’embargo sur la viande issue d’animaux de plus de 30 mois, qui dure depuis l’épisode de l’ESB» précise-t-il. Comme à l’ambassade, «nous avons pu faire valoir le sérieux de notre réputation nationale et nous avons démontré que nos priorités intégraient la qualité sanitaire des produits et la ré-assurance du consommateur. Les Français ne s’intéressent pas toujours à ces catégories de l’OIE, pas plus qu’à celle des animaux de plus de 300 kg, mais pourtant, c’est essentiel lorsqu’on sait que les États-Unis par exemple se contentent d’utiliser les plus de 30 mois dans la fabrication de steak hachés. Nous, comme nous n’utilisons pas d’hormone de croissance, notre position est de dire que ça ne sert à rien de donner un âge» a justifié Emmanuel Bernard. Grâce à notre solide réputation, peut-être que de nouveaux contrats vers un pays plein d’appétits pourront être signés...