Ramassage des déchets de soins vétérinaires
La valse des aiguilles et des flacons
Comme tous les ans, le GDS de la Nièvre confie à la société EDC, en Franche-Comté, le soin de venir collecter les fûts de stockage des déchets vétérinaires de l’année écoulée.
Entre 11h15 et 13h, lundi dernier, le camion blanc de la société EDC, immatriculé dans le Doubs, a posé ses pneus sur l’aire de stationnement du marché au cadran de Corbigny. La deuxième étape de la journée pour le jeune chauffeur, également collecteur des fûts jaune, remplis tout au long de l’année par les éleveurs du secteur. En une semaine, la seule et unique tournée de ramassage de l’année, dans la Nièvre, amène une bonne partie des adhérents du GDS, et d’autres, à venir faire la queue afin de troquer leurs anciens fûts contre des neufs, à remplir dans l’année à venir. L’opération est identique à chaque fois. Les réceptacles jaunes, l’un pour les petites bouteilles de verre contenant les antibiotiques et antiparasitaires utilisés dans l’année, l’autre pour les aiguilles ayant servi à injecter les produits aux animaux malades, sont apportés au «cul» du camion, où l’opérateur les collecte, vérifie le numéro d’élevage qui doit être apposé dessus, délivre une facture, recueille un chèque de 27,50 euros contre la remise d’un nouveau kit. Tout cela se passe dans le calme et rapidement -quatre ou cinq minutes sont nécessaires à l’échange- ce qui rassure les éleveurs venus parfois de loin et qui attendent leur tour patiemment.
Lundi, Mme Rougetet, éleveuse à Crux-la-Ville, dans la file, témoignait qu’elle venait de faire spécialement 25 km (et autant au retour), pour déposer ses fûts de déchets de soins vétérinaires à Corbigny. «C’est l’étape de la tournée qui est le plus proche de chez moi mais ce n’est pas pratique pour nous. Ce serait mieux s’il y avait un dépôt chez chaque vétérinaire ou au moins un dépôt dans chaque canton» suggérait-elle, l’éleveuse déplorant de devoir «perdre une bonne partie de sa matinée». Ce à quoi un de ses collègues, juste devant elle, rétorquait «que le GDS pourrait aussi demander de venir tout déposer à Nevers», ce dont elle a aussi convenu... Et, de l’avis général, cette tournée de ramassage des déchets de soins est «une bonne chose. Je viens depuis que la collecte existe. Avant, si l’on jetait les déchets de soins dans les poubelles, c’était un risque important tant pour nous que pour ceux qui devaient ensuite les manipuler» reconnaît Mme Rougetet.
«Réponse aux attentes de l’opinion»
Pour Christophe Rainon, qui, quand il n’est pas conseiller ovin de la Chambre d’agriculture, élève ses moutons, lui aussi à Crux-la-Ville, «cette tournée répond à une obligation de tri, qui donne un contenant bien identifié et propre dédié aux déchets de soins, et qui permet d’éviter tout risque de contamination ou de blessure». D’autant que «27,50 euros à chaque fois, quand je ne remplis mes fûts que tous les 3 ou 4 ans, ce n’est pas une grosse dépense» estime-t-il. Un avis partagé par Philippe Guillien, l’éleveur d’Epiry et président du marché au cadran de Corbigny, qui lui aussi patiente dans la fille d’attente : «c’est pratique parce que cela nous fait une poubelle spécifique de plus et surtout c’est une réponse de la profession à une attente forte de l’opinion publique en matière de respect de l’environnement et du recyclage» explique-t-il. Une grande part des flacons en verre ayant contenu des médicaments à injecter sont ensuite recyclés par la société EDC, de Rochefort-sur-Nenon, dans le Jura, également spécialisée dans le recyclage des déchets hospitaliers, qui les remet dans le circuit pharmaceutique après transformation dans son centre de traitement. Les blouses, les gants entrés en contact avec un animal malade suivent le même chemin.
Le fait qu’il n’y ait qu’une seule collecte annuelle dans la Nièvre ne pose pas de problème particulier à Mme Rougetet : «ce sont les produits qui ont été injectés durant l’hiver et le tout est spécialement mis de côté jusqu’à la collecte, ce qui n’engendre qu’un seul déplacement, à la réserve d’être disponible le jour J pour se rendre à l’étape la plus proche» insiste-t-elle. Et le coût lui semble aussi tout à fait mesuré pour une opération par an. A côté, un autre éleveur, de Mer, près de Corbigny, fait la moue : «27,50 euros, c’est encore une charge un peu trop lourde». Il participe depuis le début de la tournée, il y a une dizaine d’années, «parce que c’est une avancée» mais regrette de «ne pas payer qu’une seule fois, lors de la première collecte». Cet argument du moindre prix -même si le collecteur est une entreprise privée- serait-il suffisant pour convaincre d’autres éleveurs de participer tous les ans ? Lundi, il y avait une quarantaine d’éleveurs qui faisaient la queue derrière le camion blanc et les fûts jaunes. «Pour Corbigny, où le potentiel du secteur est de 300 ou 400 élevages, c’est encore relativement peu» constatait simplement Philippe Guillien.
Lundi, Mme Rougetet, éleveuse à Crux-la-Ville, dans la file, témoignait qu’elle venait de faire spécialement 25 km (et autant au retour), pour déposer ses fûts de déchets de soins vétérinaires à Corbigny. «C’est l’étape de la tournée qui est le plus proche de chez moi mais ce n’est pas pratique pour nous. Ce serait mieux s’il y avait un dépôt chez chaque vétérinaire ou au moins un dépôt dans chaque canton» suggérait-elle, l’éleveuse déplorant de devoir «perdre une bonne partie de sa matinée». Ce à quoi un de ses collègues, juste devant elle, rétorquait «que le GDS pourrait aussi demander de venir tout déposer à Nevers», ce dont elle a aussi convenu... Et, de l’avis général, cette tournée de ramassage des déchets de soins est «une bonne chose. Je viens depuis que la collecte existe. Avant, si l’on jetait les déchets de soins dans les poubelles, c’était un risque important tant pour nous que pour ceux qui devaient ensuite les manipuler» reconnaît Mme Rougetet.
«Réponse aux attentes de l’opinion»
Pour Christophe Rainon, qui, quand il n’est pas conseiller ovin de la Chambre d’agriculture, élève ses moutons, lui aussi à Crux-la-Ville, «cette tournée répond à une obligation de tri, qui donne un contenant bien identifié et propre dédié aux déchets de soins, et qui permet d’éviter tout risque de contamination ou de blessure». D’autant que «27,50 euros à chaque fois, quand je ne remplis mes fûts que tous les 3 ou 4 ans, ce n’est pas une grosse dépense» estime-t-il. Un avis partagé par Philippe Guillien, l’éleveur d’Epiry et président du marché au cadran de Corbigny, qui lui aussi patiente dans la fille d’attente : «c’est pratique parce que cela nous fait une poubelle spécifique de plus et surtout c’est une réponse de la profession à une attente forte de l’opinion publique en matière de respect de l’environnement et du recyclage» explique-t-il. Une grande part des flacons en verre ayant contenu des médicaments à injecter sont ensuite recyclés par la société EDC, de Rochefort-sur-Nenon, dans le Jura, également spécialisée dans le recyclage des déchets hospitaliers, qui les remet dans le circuit pharmaceutique après transformation dans son centre de traitement. Les blouses, les gants entrés en contact avec un animal malade suivent le même chemin.
Le fait qu’il n’y ait qu’une seule collecte annuelle dans la Nièvre ne pose pas de problème particulier à Mme Rougetet : «ce sont les produits qui ont été injectés durant l’hiver et le tout est spécialement mis de côté jusqu’à la collecte, ce qui n’engendre qu’un seul déplacement, à la réserve d’être disponible le jour J pour se rendre à l’étape la plus proche» insiste-t-elle. Et le coût lui semble aussi tout à fait mesuré pour une opération par an. A côté, un autre éleveur, de Mer, près de Corbigny, fait la moue : «27,50 euros, c’est encore une charge un peu trop lourde». Il participe depuis le début de la tournée, il y a une dizaine d’années, «parce que c’est une avancée» mais regrette de «ne pas payer qu’une seule fois, lors de la première collecte». Cet argument du moindre prix -même si le collecteur est une entreprise privée- serait-il suffisant pour convaincre d’autres éleveurs de participer tous les ans ? Lundi, il y avait une quarantaine d’éleveurs qui faisaient la queue derrière le camion blanc et les fûts jaunes. «Pour Corbigny, où le potentiel du secteur est de 300 ou 400 élevages, c’est encore relativement peu» constatait simplement Philippe Guillien.