Accès au contenu
Diversification

La truffe, un complément de revenu envisageable pour les agriculteurs

Fabrice Balleret est chef cuisinier à la préfecture de Nevers depuis trente ans. Il fait également partie des Toques Nivernaises et du Syndicats des Producteurs de Truffes de Bourgogne. Son objectif est de promouvoir ce produit d’exception et de mettre en place une filière.
Par Théophile Mercier
La truffe, un complément de revenu  envisageable pour les agriculteurs
L’objectif du SPTB est de développer la filière de la truffe de Bourgogne dans le département.
Photo: L’Espace Alpin
Cultiver la truffe dans la Nièvre c’est possible. C’est en tous les cas ce que fait Fabrice Balleret, chef cuisinier de la préfecture de Nevers et membre depuis une quinzaine d’années du syndicat des Producteurs de Truffes de Bourgogne (STPB). La passion de la truffe débute pour lui il y a une dizaine d’années par hasard. «J’étais en promenade dans la forêt lorsque je suis tombé sur une truffe qui poussait visiblement naturellement. Étant cuisinier, j’ai voulu en savoir plus pour pouvoir la valoriser dans mes assiettes» nous raconte-t-il avec passion avant de poursuivre. «Je n’y connaissais absolument rien, j’ai donc contacté un confrère qui organise des stages à Cahors. Ce stage m’a amené à acheter par la suite des pieds de truffes du Périgord. J’en ai cultivé pendant plus de 17 ans» ajoute-t-il. Il précise que c’est un type de champignon qui se récolte en majorité vers le mois de novembre, avec un grossissement vers l’été. «Aujourd’hui nous avons surtout une forte demande sur la truffe de Bourgogne. La période de récolte est soumise à réglementation. Cette truffe arrive à maturité de la mi-septembre à la fin janvier. Le concours d’un animal est obligatoire, ce qui donne l’assurance d’avoir des truffes mûres».

La Nièvre, terre fertile pour la truffe
La Truffe de Bourgogne se récolte notamment dans les régions de l’Auvergne, la Franche-Comté, la Bourgogne, la Champagne Ardenne, la Lorraine. L’ambition du STPB est de développer une filière nivernaise de la truffe de bourgogne pour la valoriser ensuite sur les tables des grands restaurants de la ville. «Étant membres également des Toques Nivernaises, j’ai la possibilité de travailler le produit pour mettre en valeur le territoire. Malheureusement avec ma production personnelle, je n’ai pas assez de volume» se désole-t-il. D’où l’idée de tendre la main à la profession agricole. «La truffe n’est pas la solution miracle ou la poule aux œufs d’or. Néanmoins, cette culture peut constituer un complément de revenu et s’intègre parfaitement dans une diversification. Avant de se lancer, il faut faire analyser son sol. Des anciennes vignes, des haies ou des hêtraies sont les terrains les plus favorables à la croissance de la truffe de bourgogne. Il faut ensuite un sol calcaire et un PH supérieur ou égal à 7. Enfin comptez 800 à 1 200 plants par hectare» détaille-t-il en longueur.

Plusieurs débouchés possibles
Dans les meilleures années, le kilo de truffe de Bourgogne se négocie autour des 400 euros et 500 euros les mauvaises années comme en 2018 en raison de la sécheresse. Trois marchés locaux sont possibles : Nevers, Vézelay et Sancerre. «À Nevers, nous sommes labellisés par la Fédération Française des Trufficulteurs. C’est un gage de qualité. Le STPB organise d’ailleurs pour la 8ème année le marché aux truffes avec les Toques Nivernaises le 12 octobre. En attendant, le syndicat est à la disposition des porteurs de projets» conclu Fabrice Balleret.

Contact: Syndicat des Producteurs de Truffes de Bourgogne,
Chez son Président Patrice d’Arfeuille
Domaine de Pignol - 58190 Tannay
Téléphone : 06 88 30 06 65