Impact sur les productions agricoles
La sécheresse se précise
2015 n’est pas au même niveau que 2011 mais, un peu partout, la sécheresse est à l’oeuvre dans la Nièvre, entre prés jaunis, affouragement des bêtes, feux de paille et craintes pour les récoltes de cultures de printemps...
Michel Loison, éleveur charolais à Saint-Agnan, dans le Morvan, confie qu’il a commencé à mettre de la paille dans ses prés, le 21 juillet, pour compenser l’absence d’une grande partie de l’herbe et le dessèchement de ce qui en reste. Ce n’est pas un cas isolé dans le département. Dans le Centre Nivernais, mais aussi en Bourgogne nivernaise, de nombreux éleveurs s’angoissent depuis déjà une quinzaine de jours de l’état de leurs champs. Bon nombre ont rempli les nourrisseurs pour les animaux. Jaunis, les prés n’offrent plus d’alimentation suffisante pour les bovins et les exploitants doivent veiller à compenser les carences de la nature et l’œuvre du soleil et du vent... «Heureusement que la récolte de fourrages a été bonne cette année, mais elle n’est pas exceptionnelle non plus. Il ne faudrait pas que les stocks diminuent trop car pour passer l’hiver, et si l’automne est trop chaud, le risque serait de manquer de foin» précise Michel Loison. Le mois d’août sera-t-il aussi sec que juillet ? A contrario, pleuvra-t-il ? Le regain en septembre sera-t-il suffisant ? Les questions sont nombreuses parmi les professionnels de l’élevage nivernais. Certains adhérents de la FDSEA 58 envisagent même déjà d’entamer des démarches auprès de la Direction départementale des territoires (DDT) en vue de déclencher des procédures de calamité agricole. Un dispositif, très strictement encadré, qui avait été activé, pour la dernière fois, au moment de la sécheresse de l’été 2011.
Les cultures aussi
Si l’élevage est impacté, les producteurs de végétaux ne sont pas en reste. Il y a d’abord eu les départs d’incendie dans les moissonneuses-batteuses et dans les champs, chez certains exploitants. Cela a été le cas d’Emmanuel Bernard, polyculteur-éleveur près de Decize, qui terminait ses moissons samedi 18 juillet et dont l’un des salariés, dans la cabine de la machine, a su détecter à temps le départ du feu, le matin-même, avant que les flammes ne s’étendent aux alentours. D’autres, dans la Nièvre, ont eu moins de chance, et les pompiers ont dû intervenir dans certains secteurs. Et puis, il y a l’avancement des cultures. A la Chambre d’agriculture, Judith Nagopae, la conseillère chargée des expérimentations, confiait, en fin de semaine dernière, que, même si les moissons sont passées, toutes les cultures de printemps souffrent des températures extrêmement chaudes depuis la mi-juillet, sans jamais voir la pluie.
Si un début d’échaudage avait un peu pénalisé les blés, par endroits, «c’est surtout le maïs, irrigué et non irrigué» qui pâtit désormais de la météo et de ce début de sécheresse. Les interrogations sont grandes, là encore, sur les conséquences, difficiles à mesurer pour l’instant, sur les prochaines récoltes de tournesol et de maïs.
2ème Arrêté préfectoral de restriction
Une carte de la situation hydrologique de la Nièvre, diffusée par la DDT, a également circulé mardi 21 juillet. Elle accompagnait le texte d’un second arrêté préfectoral portant fixation de mesures de limitation de certains usages de l’eau dans le département. On y voit bien que tout le sud-est de la Nièvre (Ixeure Canne, Aron Vallée et Alène Cressonne) a franchi le seuil de crise, que le centre du Morvan (Yonne amont) est en seuil d’alerte renforcé et que le Nord-Morvan (Chalaux Cure) ainsi que le Val de Loire et les calcaires du Centre ont atteint le seuil d’alerte. Dans l’ordre de gravité des faiblesse de débit des cours d’eau. Outre l’échelonnement des mesures de restrictions décidées par le préfet, selon les niveaux d’alerte, limitant les usages domestiques, industriels, la navigation et la vidange des plans d’eau, l’irrigation agricole est elle aussi visée. Dans le Val de Loire où se situent la plupart des irrigants, le premier seuil implique par exemple que le registre réglementaire de prélèvement soit rempli hebdomadairement et envoyé mensuellement à la DDT, que le réglage des rampes et asperseurs évite tout arrosage de surfaces non agricoles et que les bonnes pratiques d’irrigation soient respectées (heures d’arrosage, doses adaptées, usage limité au strict nécessaire...). Au niveau 2 d’alerte renforcée, les prélèvements en nappe profonde sont interdits du samedi 8h au lundi 8h (à l’exclusion des prélèvements en retenue collinaire et de l’usage d’irrigation de cultures maraîchères et horticoles).
Et, pour les prélèvements en cours d’eau, canaux ou nappe d’accompagnement, des tours d’eau dont mis en place. Enfin, au seuil de crise (niveau 3), tous les prélèvements pour l’irrigation et l’irrigation sont interdits, à l’exclusion de l’irrigation à partir de retenues collinaires. Pour l’instant donc, peu d’irrigants sont concernés par les mesures de limitation dans la Nièvre, hormis sur la commune de Mont-et-Marré, où des tours d’eau rentrent en vigueur au seul point de prélèvement «L’embauche» sur le bassin de l’Aron.
Les cultures aussi
Si l’élevage est impacté, les producteurs de végétaux ne sont pas en reste. Il y a d’abord eu les départs d’incendie dans les moissonneuses-batteuses et dans les champs, chez certains exploitants. Cela a été le cas d’Emmanuel Bernard, polyculteur-éleveur près de Decize, qui terminait ses moissons samedi 18 juillet et dont l’un des salariés, dans la cabine de la machine, a su détecter à temps le départ du feu, le matin-même, avant que les flammes ne s’étendent aux alentours. D’autres, dans la Nièvre, ont eu moins de chance, et les pompiers ont dû intervenir dans certains secteurs. Et puis, il y a l’avancement des cultures. A la Chambre d’agriculture, Judith Nagopae, la conseillère chargée des expérimentations, confiait, en fin de semaine dernière, que, même si les moissons sont passées, toutes les cultures de printemps souffrent des températures extrêmement chaudes depuis la mi-juillet, sans jamais voir la pluie.
Si un début d’échaudage avait un peu pénalisé les blés, par endroits, «c’est surtout le maïs, irrigué et non irrigué» qui pâtit désormais de la météo et de ce début de sécheresse. Les interrogations sont grandes, là encore, sur les conséquences, difficiles à mesurer pour l’instant, sur les prochaines récoltes de tournesol et de maïs.
2ème Arrêté préfectoral de restriction
Une carte de la situation hydrologique de la Nièvre, diffusée par la DDT, a également circulé mardi 21 juillet. Elle accompagnait le texte d’un second arrêté préfectoral portant fixation de mesures de limitation de certains usages de l’eau dans le département. On y voit bien que tout le sud-est de la Nièvre (Ixeure Canne, Aron Vallée et Alène Cressonne) a franchi le seuil de crise, que le centre du Morvan (Yonne amont) est en seuil d’alerte renforcé et que le Nord-Morvan (Chalaux Cure) ainsi que le Val de Loire et les calcaires du Centre ont atteint le seuil d’alerte. Dans l’ordre de gravité des faiblesse de débit des cours d’eau. Outre l’échelonnement des mesures de restrictions décidées par le préfet, selon les niveaux d’alerte, limitant les usages domestiques, industriels, la navigation et la vidange des plans d’eau, l’irrigation agricole est elle aussi visée. Dans le Val de Loire où se situent la plupart des irrigants, le premier seuil implique par exemple que le registre réglementaire de prélèvement soit rempli hebdomadairement et envoyé mensuellement à la DDT, que le réglage des rampes et asperseurs évite tout arrosage de surfaces non agricoles et que les bonnes pratiques d’irrigation soient respectées (heures d’arrosage, doses adaptées, usage limité au strict nécessaire...). Au niveau 2 d’alerte renforcée, les prélèvements en nappe profonde sont interdits du samedi 8h au lundi 8h (à l’exclusion des prélèvements en retenue collinaire et de l’usage d’irrigation de cultures maraîchères et horticoles).
Et, pour les prélèvements en cours d’eau, canaux ou nappe d’accompagnement, des tours d’eau dont mis en place. Enfin, au seuil de crise (niveau 3), tous les prélèvements pour l’irrigation et l’irrigation sont interdits, à l’exclusion de l’irrigation à partir de retenues collinaires. Pour l’instant donc, peu d’irrigants sont concernés par les mesures de limitation dans la Nièvre, hormis sur la commune de Mont-et-Marré, où des tours d’eau rentrent en vigueur au seul point de prélèvement «L’embauche» sur le bassin de l’Aron.