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Emploi

La profession agricole signe un Pacte de responsabilité

Sept organisations du monde agricole, dont la FNSEA, et trois organisations salariales et patronales ont signé le 15 avril un Pacte de responsabilité destiné à favoriser et pérenniser l’emploi en agriculture. Formation et mesures spécifiques à l’emploi en milieu rural font partie des axes d’action.
Par Ma signature
La profession agricole signe un Pacte de responsabilité
L'accord signé a pour objectif de conclure 35 000 CDI par an.
Après huit mois de négociation, dix organisations ont signé le 15 avril un Pacte de responsabilité pour l’emploi en agriculture.
Paraphé par la FNSEA, la FNCuma, l’UNEP, la FNEDT, la FNB, la FPF, l’USRTL, la FGA/CFDT, la CFTC-Agri et le SNCEA/CFE-CGC, le pacte fait partie de la quinzaine d’accords de branches signés suite au lancement par le Gouvernement du pacte de responsabilité. C’est l’un des rares accords à prendre l’engagement de créer des emplois et non de simplement les maintenir. C’est également le premier qui concerne les TPE. A travers ce pacte, le secteur, qui compte 1,6 millions de salariés, s’engage à conclure 35 000 CDI par an sur la période 2015-2017, contre une moyenne de 30 000 actuellement, portant leur nombre de 310 000 en 2013 à 325 000 en 2017. Les groupements d’employeurs sont un des leviers mis en avant par la profession : ils permettent aux employeurs de mutualiser leurs besoins pour embaucher en CDI, plutôt que de salarier chacun de leur côté des personnes en CDD sur des périodes plus courtes. D’après Jérôme Volle, vice-président de la Commission Emploi de la FNSEA, cette possibilité de sécuriser l’emploi permet aussi aux employeurs de recruter des compétences, à la différence de salariés en CDD sur des périodes courtes qui changent tous les ans et ne connaissent pas l’exploitation.

Développer la formation
Pour Xavier Beulin, président de la FNSEA, la formation professionnelle est «un levier indispensable et stratégique pour accompagner les mutations de l’agriculture française», que ce soit au niveau technologique mais aussi en termes d’ergonomie du travail ou de changement des pratiques, précise-t-il. Les organisations souhaitent ainsi développer la validation des acquis de l’expérience et la certification des compétences et qualifications professionnelles via des CQP. L’engagement le plus fort du pacte porte sur l’alternance : la profession se fixe pour objectif la conclusion de 41 300 contrats d’apprentissage par an et 2000 contrats de professionnalisation par sur la période 2015-2017, soit le maintien des chiffres actuels, ce qui n’apparaît pas si évident : certains freins administratifs ont entraîné la baisse du nombre de contrats en alternance pour les jeunes de moins de 18 ans et doivent encore être levés par décret (conditions d’utilisation des machines agricoles, travail en hauteur…). Aujourd’hui, «l’apprentissage du geste est bridé», fait remarquer Xavier Beulin.  

Accessibilité du métier et accompagnement
Pour favoriser l’emploi, le pacte propose également de s’appuyer sur le partenariat avec Pôle Emploi, sur les dispositifs incitatifs pour les entreprises embauchant des jeunes démunis d’expérience ou de formation en agriculture, ou encore sur la bourse à l’emploi de l’Anefa (Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture). L’Anefa sera aussi chargée de mettre en place une campagne de communication destinée à valoriser les métiers de l’agriculture.

Plusieurs mesures sont par ailleurs avancées pour faciliter le travail en milieu rural : formation au permis de conduire, prêt ou participation à l’achat d’un véhicule, aide à la garde d’enfant… L’aide au logement des salariés saisonniers comme permanents est un véritable enjeu en milieu rural, en raison de la concurrence des locations de vacances (plus rémunérateur) dans certaines régions touristiques, ou de la vétusté des logements dans les zones de forte déprise. Les parties prenantes de l’accord demandent à la Commission paritaire nationale de l’emploi (CPNE) un suivi annuel du pacte et un bilan final.
Mais si la profession agricole s’engage sur tous ces aspects, elle attend aussi que le Gouvernement amplifie l’accompagnement des agriculteurs qui souhaitent embaucher, dans les domaines de la simplification administrative ou de charges salariales, causes de distorsion de concurrence avec les autres pays européens. L’enjeu est d’autant plus important «que l’emploi agricole n’est pas concentré dans les villes, mais disséminé partout sur le territoire», a rappelé Jérôme Volle.
 

FNSEA : Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, FNCuma : Fédération nationale des Coopératives d’utilisation de matériel en commun, UNEP : Union nationale des entrepreneurs du paysage, FNEDT : Fédération nationale des entrepreneurs des territoires, FNB : Fédération nationale du bois, FPF : Forestiers privés de France, USRTL : Union syndicale des rouisseurs teilleurs de lin de France, FGA/CFDT : Fédération générale agroalimentaire CFDT, CFTC-Agri : Fédération CFTC de l’agriculture, SNCEA/CFE-CGC : Syndicat national des cadres d’entreprises agricoles CFE/CGC.

Baromètre de conjoncture agricole Ifop / FNSEA

Le dernier baromètre de conjoncture agricole Ifop/FNSEA de mars 2015 porte sur l’emploi et l’apprentissage dans les exploitations agricoles. Par rapport à la même période en 2014, le nombre d’embauches est similaire : au cours des trois derniers mois, 12 % des exploitants ont embauché en CDD, et 4 % ont embauché en CDI. Le nombre de suppression de postes en CDI reste très faible, 1 % des exploitants ayant supprimé au moins un poste au cours des trois derniers mois, et les intentions de suppression de postes en CDI ont d’ailleurs diminué de quatre points par rapport au précédent baromètre (décembre 2014). On note cependant une diminution des intentions d’embauche quel que soit le type de contrat : 10 % envisagent d’engager un ou plusieurs CDD dans les trois prochains mois, contre 12 % en mars 2014, et 2 % souhaitent embaucher en CDI, contre 4 % en mars 2014. Concernant l’apprentissage, 20 % des exploitants agricoles y ont eu recours en 2014. Ceux qui ne l’ont pas fait estiment principalement n’avoir pas eu besoin de main d’œuvre (28 %), n’avoir pas eu suffisamment de temps pour former un apprenti (25 %) ou que les contraintes administratives étaient trop lourdes (17 %). 35 % des employeurs d’apprentis considèrent néanmoins que la priorité, pour améliorer le fonctionnement de l’apprentissage, est de simplifier les démarches administratives. Enfin, un point positif : l’envie de transmettre un savoir-faire reste de loin la motivation principale pour l’embauche d’un apprenti (40 %).