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Dégâts de sangliers

La prise de tête !

Il y a des sinistres dont la profession se passerait volontiers après une année 2015 de crise profonde. Ces sinistres, ce sont les dégâts de sangliers. A Gimouille, Dominique et Valentin Fassier n’ont rien demandé, mais comme quelques voisins, ils en font les frais. Des solutions doivent être trouvées dans les prochains jours.
Par Ma signature
Vendredi 26 février, 8h30. Devant le cimetière de Gimouille, les personnes conviées à venir constater l’ampleur des dégâts arrivent une à une. Dominique et Valentin Fassier, excédés, attendent les représentants des sociétés de chasse, le conseil départemental. Sans colère, mais avec la ferme intention de ne pas laisser les «cochons» anéantir leur travail. La FDSEA est également présente pour accompagner les deux éleveurs face au fléau qui les frappe depuis plusieurs semaines, et qui jours après jours dégradent copieusement leurs prairies. Ce fléau, ce sont les sangliers nichés à l’abri de toute pression de chasse, dans les taillis propriété d’État et gérés par le conseil départemental, bordant l’Allier et la Loire.

Une réserve, sans pression de chasse
Les taillis bordent un ilot de 23 hectares, complètement ravagé. Impossible d’y faire 10 mètres sans tomber sur une plaie béante au beau milieu des prés. Et alors que la date de fermeture de la chasse approche, l’inquiétude des deux éleveurs s’amplifie. Non pas, que les chasseurs y mettent de la mauvaise volonté, eux qui se plaignent de ne pouvoir pénétrer sur ce micro-territoire où seule la chasse à l’arc est tolérée et où la pression est quasi-inexistante. Mais le cadre réglementaire régissant les conditions de chasse entrave toute initiative de bon sens pour résorber le nombre de sangliers générant les dégâts. En somme, à situation exceptionnelle, il ne faut ni plus ni moins que des dispositions exceptionnelles.

Un premier consensus trouvé localement
Tous les acteurs locaux, conscients du casse-tête des deux éleveurs, sont conscients de la nécessité de prendre des dispositions. Très vite, ils tombent d’accord sur la marche à suivre dans l’urgence : outre les battues administratives, les sociétés de chasse s’entendent pour accentuer la pression de chasse jusqu’à la fermeture le 29 février. Le conseil départemental, représenté par Monsieur Jougnot, propose également que les sangliers présents dans les taillis puisent être délogés dans le week-end et rabattus sur les territoires de chasse pour être prélevés. Ce à quoi tout le monde soustrait.
Puis au-delà de ces initiatives de bon sens, l’extension de la période de chasse et la possibilité de détruire au-delà du 1er mars est proposée par Olivier Laporte, en charge du dossier dégâts de gibier à la FDSEA. Localement, les chasseurs soutiennent la démarche, qui sera portée dès la semaine suivante auprès de l’administration. Quant au moyen terme, là aussi, le bon sens l’emporte, le conseil départemental proposant un conventionnement avec les sociétés de chasse locales pour pouvoir pénétrer sur le territoire faisant office de réserve. Un premier pas donc, qui se devra néanmoins d’être suivi d’effet. Car le juge de paix ne sera autre que l’arrêt de la dégradation des prairies de la famille Fassier. Affaire à suivre S.L – FDSEA 58