Corbigny
«La priorité aujourd’hui c’est de sauver l’abattoir»
Les responsables de la FDSEA de la Nièvre, réunis mercredi 17 janvier au côté des élus territoriaux, ont lancé un appel aux agriculteurs nivernais afin que s’organise une reprise des activités de l’abattoir de Corbigny. Un outil qui emploie sur la commune quelques 36 salariés.
«Est-ce qu’on va lancer un réapprovisionnement ?». C’était la question à l’ordre du jour de la réunion qui s’est tenue mercredi 17 janvier en mairie de Corbigny au sujet du devenir de l’abattoir, un outil de proximité qui emploie à Corbigny quelque 36 salariés. Une réunion qui fait suite à l’annonce du groupe Sicarev de se retirer des activités du site, et d’accompagner un projet de reprise dans un délai de 18 mois. «Il faut rebâtir un modèle économique. La commune et la communauté de communes sont prêts à soutenir le projet financièrement et la FDSEA est prête à aider, notamment sur le plan administratif, un groupe d’agriculteurs qui seraient prêts à se rendre disponible», a déclaré en préambule de cette réunion Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA de la Nièvre.
Un enjeu territorial
Si l’abattoir représente un volume de 2200 tonnes abattu chaque année, il permet surtout aux agriculteurs de la zone de Corbigny de disposer d’un véritable outil de proximité, limitant notamment les temps de transport des animaux. Emmanuel Bernard, président de la section bovine de la FDSEA 58, en a dégagé les principaux atouts stratégiques. Propriété de la commune, l’abattoir de Corbigny dispose notamment d’un atelier de transformation qui appartient à Sicarev, d’une activité bio régulière et d’un faible temps de transport des animaux avant abattage. Autant d’éléments positifs qui font de l’abattoir de Corbigny un outil stratégique pour le rayonnement du territoire.
Des agriculteurs inquiets
«Pourquoi n’a-t-on pas été alerté de ce qui se passait ? Pourquoi les agriculteurs n’ont-ils pas défendu les activités de l’abattoir ? S’est inquiété un agriculteur, ajoutant : Le souci c’est de trouver des personnes capables de nous acheter des vaches. Et il faut que tout le monde joue le jeu, parce qu’on est dans un département dont la population diminue. Je fais partie des gens qui défendent et croient au projet mais il faut être vigilant.»
«On ne peut pas être attaché à la liberté d’entreprise et aller faire le procès à une organisation économique. À partir du moment où Sicarev est simplement utilisateur de l’abattoir, on ne peut rien leur reprocher. Et les dirigeants sont prêts à nous laisser du temps pour organiser la reprise,» a rappelé Stéphane Aurousseau. «Nous n’irons pas à la FDSEA dans une démarche conflictuelle avec la Sicarev. Aujourd’hui la priorité c’est de sauver l’abattoir».
Philippe Guillien relayait le propos : «Il serait dommage que nous qui avons l’outil ne fassions rien pour le faire fonctionner, quand on voit des territoires qui n’ont pas cette chance là.»
Un enjeu économique
«Moi je suis prêt à accompagner tout ce que tu veux puisque je suis client de l’abattoir. Mais j’aimerais savoir ce que va devenir le personnel ?», questionnait un agriculteur. «Cela fait partie des questions à se poser», répondait Stéphane Aurousseau. «Mais tout est possible. On peut attendre aussi que la Sicarev règle le problème du personnel. On peut aussi se dire que c’est bien de conserver une partie ou tout du personnel qui est compétent. Il faut travailler sur le sujet.»
Un point qu’a éclairci Vincent Pommery, agriculteur, membre de la Cyalin et du bureau Sicarev. «Il y a aujourd’hui des discussions avec les salariés pour aller dans le sens d’une préservation des emplois.»
La mairie de Corbigny, propriétaire de l’abattoir, participe par ailleurs financièrement au budget de fonctionnement du site, comme l’a précisé le maire Maryse Peltier : «Ce budget s’élève à 230 000 € en tout, dont 100 000€ rajoutés chaque année pour boucler l’exercice.» Quatre M€ avaient été empruntés par la mairie en 2006, que celle-ci doit rembourser jusqu’en 2035. Un engagement sur 17 ans qui renforce encore l’enjeu économique de la reprise et de la préservation de l’abattoir. «Chaque année un audit est réalisé et le dernier est tout à fait satisfaisant», a par ailleurs ajouté Maryse Peltier. Cela laisse la place à une réflexion réelle sur le développement d’un nouveau modèle économique et sur la capacité à exploiter de nouveaux créneaux tels que le haché par exemple. Un créneau économique de taille puisqu’aujourd’hui en France, comme l’a rappelé Emmanuel Bernard, 50% de la viande consommée est hachée et que 70% est produite par un seul opérateur.
Concernant l’approvisionnement des collectivités, et l’interrogation d’un agriculteur sur la capacité à répondre à des appels d’offre, Émmanuel Bernard a insisté sur la nécessité de «chercher du développement et de faire progresser la part de viande nivernaise consommée par des nivernais mais aussi de ne pas voler le marché des autres.» Sans oublier l’importance de faire progresser l’atelier de découpe. Enfin, Stéphane Aurousseau concluait : «On est dans une période de l’histoire où la consommation évolue. Il faut être attentif à ce que l’on consomme. Et ceci est notre atout, car le meilleur c’est chez nous. La question de l’abattoir est vraiment une question cruciale, à laquelle sont sensibles aussi les habitants. Si on a un modèle économique nouveau à construire, les habitants sont prêts à s’engager»
Une première réunion du comité de pilotage devait se tenir jeudi 18 janvier.
Un enjeu territorial
Si l’abattoir représente un volume de 2200 tonnes abattu chaque année, il permet surtout aux agriculteurs de la zone de Corbigny de disposer d’un véritable outil de proximité, limitant notamment les temps de transport des animaux. Emmanuel Bernard, président de la section bovine de la FDSEA 58, en a dégagé les principaux atouts stratégiques. Propriété de la commune, l’abattoir de Corbigny dispose notamment d’un atelier de transformation qui appartient à Sicarev, d’une activité bio régulière et d’un faible temps de transport des animaux avant abattage. Autant d’éléments positifs qui font de l’abattoir de Corbigny un outil stratégique pour le rayonnement du territoire.
Des agriculteurs inquiets
«Pourquoi n’a-t-on pas été alerté de ce qui se passait ? Pourquoi les agriculteurs n’ont-ils pas défendu les activités de l’abattoir ? S’est inquiété un agriculteur, ajoutant : Le souci c’est de trouver des personnes capables de nous acheter des vaches. Et il faut que tout le monde joue le jeu, parce qu’on est dans un département dont la population diminue. Je fais partie des gens qui défendent et croient au projet mais il faut être vigilant.»
«On ne peut pas être attaché à la liberté d’entreprise et aller faire le procès à une organisation économique. À partir du moment où Sicarev est simplement utilisateur de l’abattoir, on ne peut rien leur reprocher. Et les dirigeants sont prêts à nous laisser du temps pour organiser la reprise,» a rappelé Stéphane Aurousseau. «Nous n’irons pas à la FDSEA dans une démarche conflictuelle avec la Sicarev. Aujourd’hui la priorité c’est de sauver l’abattoir».
Philippe Guillien relayait le propos : «Il serait dommage que nous qui avons l’outil ne fassions rien pour le faire fonctionner, quand on voit des territoires qui n’ont pas cette chance là.»
Un enjeu économique
«Moi je suis prêt à accompagner tout ce que tu veux puisque je suis client de l’abattoir. Mais j’aimerais savoir ce que va devenir le personnel ?», questionnait un agriculteur. «Cela fait partie des questions à se poser», répondait Stéphane Aurousseau. «Mais tout est possible. On peut attendre aussi que la Sicarev règle le problème du personnel. On peut aussi se dire que c’est bien de conserver une partie ou tout du personnel qui est compétent. Il faut travailler sur le sujet.»
Un point qu’a éclairci Vincent Pommery, agriculteur, membre de la Cyalin et du bureau Sicarev. «Il y a aujourd’hui des discussions avec les salariés pour aller dans le sens d’une préservation des emplois.»
La mairie de Corbigny, propriétaire de l’abattoir, participe par ailleurs financièrement au budget de fonctionnement du site, comme l’a précisé le maire Maryse Peltier : «Ce budget s’élève à 230 000 € en tout, dont 100 000€ rajoutés chaque année pour boucler l’exercice.» Quatre M€ avaient été empruntés par la mairie en 2006, que celle-ci doit rembourser jusqu’en 2035. Un engagement sur 17 ans qui renforce encore l’enjeu économique de la reprise et de la préservation de l’abattoir. «Chaque année un audit est réalisé et le dernier est tout à fait satisfaisant», a par ailleurs ajouté Maryse Peltier. Cela laisse la place à une réflexion réelle sur le développement d’un nouveau modèle économique et sur la capacité à exploiter de nouveaux créneaux tels que le haché par exemple. Un créneau économique de taille puisqu’aujourd’hui en France, comme l’a rappelé Emmanuel Bernard, 50% de la viande consommée est hachée et que 70% est produite par un seul opérateur.
Concernant l’approvisionnement des collectivités, et l’interrogation d’un agriculteur sur la capacité à répondre à des appels d’offre, Émmanuel Bernard a insisté sur la nécessité de «chercher du développement et de faire progresser la part de viande nivernaise consommée par des nivernais mais aussi de ne pas voler le marché des autres.» Sans oublier l’importance de faire progresser l’atelier de découpe. Enfin, Stéphane Aurousseau concluait : «On est dans une période de l’histoire où la consommation évolue. Il faut être attentif à ce que l’on consomme. Et ceci est notre atout, car le meilleur c’est chez nous. La question de l’abattoir est vraiment une question cruciale, à laquelle sont sensibles aussi les habitants. Si on a un modèle économique nouveau à construire, les habitants sont prêts à s’engager»
Une première réunion du comité de pilotage devait se tenir jeudi 18 janvier.