Accès au contenu
éditorial

La presse agricole se sent sacrifiée

Par Jean-Luc BERTHOME Directeur de Publication - Président du SNPAR
Aux lecteurs et aux élus
La presse agricole s'€™inquiète pour son avenir et lance un cri d'€™alarme! Deux raisons sont à l'€™origine de ce coup de gueule : à court terme, une augmentation disproportionnée des tarifs postaux ; à moyen terme, une réorientation discriminante des aides de l'€™Etat à la presse.
Concernant les tarifs postaux, il est prévu des augmentations de près de 12 % en 2014 puis d'€™au moins 10 % en 2015. Ces augmentations importantes et brutales résultent d'€™un désengagement de l'€™Etat. La presse agricole qui est distribuée au plus profond des campagnes subit de plein fouet ces majorations. Les solutions de portage, c'€™est-à-dire de distribution par des opérateurs privés, bien que privilégiées par les Pouvoirs publics, sont totalement inadaptées à notre public rural. Il ne reste donc que la Poste pour assurer la distribution de nos journaux dans les campagnes.
Par ailleurs, il relève du bon sens que l'€™Etat veuille réformer les aides à la presse pour en augmenter l'€™efficacité. Lorsque des aides à l'€™investissement se sont transformées au fil du temps en aide au fonctionnement, cela conforte l'€™intérêt d'€™une telle réforme. En revanche, que toute la réflexion ne s'€™appuie que sur des notions subjectives liées au contenu devient plus délicat. C'€™est une incursion dangereuse du pouvoir politique dans le travail des journaux. Demain, la presse agricole serait écartée des aides au motif qu'€™elle ne s'€™adresse qu'€™à une catégorie particulière de lecteurs. C'€™est inadmissible. C'€™est contraire au principe de concurrence. C'€™est sacrifier la majorité des titres de presse en accentuant les déséquilibres que la réforme voulait justement combattre.
Loin d'€™avoir été avantagée dans le système actuel des soutiens à la presse, la presse agricole n'€™accepte pas d'€™être sacrifiée au motif de critères subjectifs.
La diversité et la richesse de la presse française, l'€™avenir de la presse agricole en ce qui la concerne, doivent être préservés.