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Inauguration du Quartier des Saveurs à la Foire de Dijon

La pastille rouge a du mal à passer

La septième édition du Quartier des Saveurs, véritable vitrine du secteur agroalimentaire régional, a été inaugurée lundi dernier à la Foire de Dijon.
Par Frédéric Duclos
La pastille rouge a du mal à passer
Débats plus politiques en fin d’inauguration avec Jean-Philippe Girard qui a souhaité alerter François Patriat sur le projet de Marisol Tourraine.
Ce lundi 3 novembre, l’agroalimentaire a pris officiellement ses quartiers à la Foire de Dijon. Le désormais traditionnel Quartier des Saveurs a en effet été inauguré dans la matinée. Répartis sur un espace plus important, se rapprochant de la Table de Lucullus, la trentaine d’exposants des filières agricoles, des industries agroalimentaires et des métiers de bouche de Bourgogne et Franche-Comté, rassemblés sous l’égide de l’Aria Bourgogne et du pôle de compétitivité Vitagora, ont ainsi vu passer la délégation officielle conduite d’une main de maître par Pierre Guez.

Un parcours initiatique destiné à montrer aux officiels la qualité des produits alimentaires et les innovations proposés par la région. Un fil conducteur qui s’inscrit totalement dans le contexte actuel qui vise à promouvoir les productions locales et le “manger français“. Et sur ce dossier, il reste beaucoup à faire, comme en témoignent les résultats des contrôles des étiquettes organisés ici et là par les agriculteurs.

La pastille rouge s’invite dans le débat
Invité à s’exprimer devant les officiels de la région, Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, a posé le débat en soulignant l’importance du secteur agroalimentaire de notre pays. «Avec 160 milliard d’euros de chiffres d’affaires annuel, et plus de 520 000 emplois directs, l’agroalimentaire reste un pilier de l’économie française». C’est pourquoi le président de l’Ania a interpelé les politiques présents : «Messieurs les élus, nous avons besoin de vous ! La guerre des prix menée par la grande distribution n’est plus tenable  !» Jean-Philippe Girard demande donc à redonner du goût et de la valeur à notre alimentation. Et dans ce contexte, le président de l’Ania a voulu alerter François Patriat sur le projet de la ministre de la Santé qui consiste à apposer des pastilles de couleur sur les produits. En effet, Marisol Tourraine propose de distinguer la qualités nutritionnelles des aliments  à l’aide de cinq pastilles de couleur, du vert au rouge. «Ce projet met en danger nos savoir faire» selon Jean-Philippe Girard qui craint que bon nombre de produits locaux se voient épinglés d’une pastille rouge.

Semblant découvrir cette proposition de la ministre, le président du Conseil régional n’a pas manqué d’exposer son opinion. «Je pense que la santé des Français est plus menacée par les produits bas de gamme» s’est exprimé François Patriat en annoncant aux personnalités présentes qu’il allait se saisir du dossier. «Je vais me battre contre cette pastille rouge, comme contre la nouvelle directives nitrates». Reste à espérer que l’ancien ministre sera entendu.