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Contre les vols d’animaux, de matériels ou de carburant

La Nièvre veut aussi son réseau d’alerte agricole

A l’image d’autres régions françaises, la Nièvre n’est pas épargnée par les vols sur les exploitations agricoles. Alors que la FNSEA se bat depuis des mois pour sensibiliser le gouvernement sur ce délicat sujet, les forces de sécurité, dans le département, veulent prendre les choses en main. Avec la Chambre d’agriculture, elles demandent aux agriculteurs qui le souhaitent de se faire connaître afin de mettre en place un dispositif d’alerte.
Par Emmanuel Coulombeix
La Nièvre veut aussi son réseau d’alerte agricole
Métaux, cables électriques, outillage, carburant…et même bétail, les exploitations agricoles nivernaises ne sont pas épargnés par les cambriolages.
Les cas de vols et/ou dégradations dans les fermes se sont additionnés dans le département. Un agriculteur céréalier du Val de Loire a par exemple eu la mauvaise surprise de voir ses enrouleurs d’irrigation endommagés -les malfaiteurs visaient les métaux contenus dans les câbles électriques- pour un préjudice total de près de 40 000 euros. D’autres exemples sont en mémoire. La Nièvre recense en moyenne une dizaine de cambriolages par an en agriculture, 80 vols d’accessoires en 2013 (+40% en un an), 30 vols de carburant représentant 12 000 litres l’an dernier (mais tous n’ont peut-être pas été déclarés) et 6 vols de bétail, essentiellement des moutons. Si l’on ne peut que conseiller de déposer plainte dès qu’un vol ou une déprédation sont constatés, peut-être est-il encore plus nécessaire de faire preuve de vigilance au quotidien. Que ce soient des animaux, des matériaux ou matériels pouvant aller jusqu’à des tracteurs entiers, ou du carburant, les [I]«richesses»[i] des exploitations agricoles qui peuvent intéresser les voleurs sont nombreuses et la tentation est grande...

[INTER]Inscription auprès de la Chambre d’agriculture[inter]
Pour prendre le problème à bras le corps, les gendarmes et les policiers de la Nièvre et les services de la préfecture ont décidé de créer un nouveau dispositif d’alerte dédié à la profession agricole. Les forces de l’ordre, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, proposent aux exploitants de s’inscrire auprès de cette dernière. Un bulletin a été glissé dans la dernière édition de sa revue trimestrielle, Partenaires, envoyée à tous ses ressortissants. Sont demandés les nom, prénom, raison sociale, N° de SIRET (éventuel), adresse, adresse mail, et numéro(s) de téléphone portable sur lesquels seront envoyées les alertes, ainsi que le type de production(s) de l’entreprise. En fonction du nombre et du contenu des réponses, les autorités mettront en place [I]«une cartographie des entreprises à surveiller, identifiant les productions pour préciser les risques et définir le plan d’action le plus efficace»[i]. Et lorsque le cas se présentera, elles délivreront, par SMS, une alerte directement à chaque agriculteur du réseau, afin que ces derniers puissent renforcer leur vigilance et signaler en retour, si besoin, des mouvements suspects sur leurs propriétés.

[INTER]Sur le modèle du commerce et de l’industrie[inter]
Ce type de réseau, qui s’appuie largement sur la participation citoyenne à la protection de tous, n’est pas tout à fait inédit dans la Nièvre. Il se calque sur ce qui a été mis en place, depuis 2010, auprès des commerçants et industriels nivernais. Que [I]«la gendarmerie repère une recrudescence de circulation de faux billets ou des démarches frauduleuses: elle envoit un SMS aux personnes inscrites dans le «fichier alerte» de la Chambre de commerce et d’industrie»[i]. Qu’un commerçant [I]«repère un comportement anormal, soit victime d’une agression, soit payés par un faux billet et s’en aperçoive trop tard..., il appelle le 17 et informe la gendarmerie du problème qui, à son tour, alerte les autres commerçants en sélectionnant la zone géographique ou le type de commerce»[i]. La prévention est au cœur du dispositif et fait l’objet d’une convention qui fixe le cadre de l’action entre la préfecture et la CCI. Enfin -last but not least- un site internet donne des conseils sur les mesures à mettre en œuvre pour se protéger, les pratiques douteuses repérées dans le département, et un formulaire pour s’inscrire sur le réseau. La Chambre d’agriculture a donc décidé d’imiter sa sœur du commerce et de l’industrie afin d’organiser une démarche collective, en agriculture, [I]«qui repose en grande partie sur le partenariat actif entre les citoyens et les services de l’État»[i].

Pour se donner une idée, on peut aller consulter le site: www.alerte-commerces-nievre.fr/