Arboriculture et viticulture
La nature n'aime pas les hivers trop doux
La douceur persistante des températures affole les bourgeons, que ce soit en arboriculture ou en viticulture. En dépit des gelées matinales constatées ces derniers jours, se dirige t-on comme en 1956, vers un hiver très doux ponctué d'un fort coup de gel catastrophique pour les cultures ?
La nature a horreur du vide et se satisfait pleinement d'un rythme saisonnier bien équilibré. La douceur exceptionnelle enregistrée en novembre et décembre passera-t-elle l'hiver, avec le risque d'en payer le tribut par des gelées tardives et printanières ? Aujourd'hui, la nature s'affole. Pour preuve : le bourgeonnement précoce constaté en arboriculture et en viticulture dans l'Auxerrois.
Alain Duruz est exploitant céréalier et arboriculteur à Jussy et souhaite ne pas revivre le scénario catastrophe de 2003, année de son installation : [I]«je ne peux que m'en souvenir, les gels de printemps avaient anéanti 95 % des arbres !»[i]. Plus loin dans le temps, son collègue Patrick Barbotin se souvient des dires de anciens, citant le terrible hiver 1956 : [I]«un début d'hiver très doux, suivi d'un des pires coups de gel qu'ait connu le pays tout le mois de février. On entendait les arbres partis en sève éclater. La quasi-totalité de la production de noix de Grenoble avait alors disparue»[i].
Pour l'heure, Alain Duruz constate une tendance de certains cerisiers et autres nectariniers à vouloir [I]«débourrer»[i], trompés par ce qu'ils croient être l'arrivée du printemps : [I]«normalement l'hiver venu, l'arbre se met en repos végétatif, une fois son feuillage perdu. Une forme d'hibernation jusqu'à ce que les bourgeons commencent à regonfler fin février, début mars. Et là, on constate en taillant que la sève continue à circuler dans les rameaux, empêchant l'arbre de bénéficier d'un effet dormant. L'autre conséquence étant que, du fait d'une activité solaire plus faible à cette période, l'arbre puise dans ses réserves sans pouvoir les reconstituer grâce à la photosynthèse. Une forme «d'essoufflement» qui le rendra moins résistant à tout aléa climatique ou parasitaire[i]. Pour Patrick Barbotin, aucun doute : [I]«d'une façon générale, quand on a une saison qui n'est pas là au moment où il faut, c'est toujours une source d'inquiétude. Le rythme saisonnier est rassurant»[i].
[INTER]Le risque d'une pression des maladies au printemps[inter]
Dans les vignes aussi, la douceur hivernale n'est pas sans conséquence, comme le rappelle Christophe Ferrari, viticulteur à Irancy : [I]«l'incidence principale étant que, faute de voir les œufs d'hiver tués par le froid, certains insectes parasites subsistent et accentuent la pression des maladies au printemps»[i]. Installé depuis 25 ans, lui non plus ne se souvient pas avoir connu une douceur des températures aussi étalée dans le temps. Avec pour autre conséquence d'avoir remarqué en taillant, des premiers bourgeons «gonflés», même si le phénomène reste limité. Le scénario météo idéal ? [I]«Du froid le matin, comme on a eu ces derniers jours, bien sec, avec un vent nord, nord-est qui assèche et fait redescendre la sève et des températures qui ne remontent pas trop dans la journée»[i].
Même constat pour son collègue de Coulanges-la-Vineuse, Jean-Pierre Maltoff qui, contrairement à d'autres viticulteurs adeptes d'un ralentissement de la taille dans les vignes, par crainte que la sève montante ne les fasse «saigner», continue à jouer du sécateur : [I]«une fois le rameau taillé, forcément, cela va sécher et nécroser, empêchant la sève de couler. Un peu comme une amputation»[i]. Lui aussi souligne [I]«l'effet prophylactique et aseptisant sur les organismes se cachant généralement sous l'écorce des ceps»[i], que peuvent avoir 10 ou 15 jours de températures négatives consécutives. L'autre conséquence à ses yeux d'un hiver doux, étant que : [I]«tout ce qui est gratté, que ce soit dans les champs ou les vignes, tout ce qui a subi un labour d'hiver, a besoin de cette explosion des éléments d'eau engendrée par le gel, rendant une terre arable fine et délicate»[i]. Pour l'heure, dans les vignes, l'après-midi, ça «pâte» un peu... !
Alain Duruz est exploitant céréalier et arboriculteur à Jussy et souhaite ne pas revivre le scénario catastrophe de 2003, année de son installation : [I]«je ne peux que m'en souvenir, les gels de printemps avaient anéanti 95 % des arbres !»[i]. Plus loin dans le temps, son collègue Patrick Barbotin se souvient des dires de anciens, citant le terrible hiver 1956 : [I]«un début d'hiver très doux, suivi d'un des pires coups de gel qu'ait connu le pays tout le mois de février. On entendait les arbres partis en sève éclater. La quasi-totalité de la production de noix de Grenoble avait alors disparue»[i].
Pour l'heure, Alain Duruz constate une tendance de certains cerisiers et autres nectariniers à vouloir [I]«débourrer»[i], trompés par ce qu'ils croient être l'arrivée du printemps : [I]«normalement l'hiver venu, l'arbre se met en repos végétatif, une fois son feuillage perdu. Une forme d'hibernation jusqu'à ce que les bourgeons commencent à regonfler fin février, début mars. Et là, on constate en taillant que la sève continue à circuler dans les rameaux, empêchant l'arbre de bénéficier d'un effet dormant. L'autre conséquence étant que, du fait d'une activité solaire plus faible à cette période, l'arbre puise dans ses réserves sans pouvoir les reconstituer grâce à la photosynthèse. Une forme «d'essoufflement» qui le rendra moins résistant à tout aléa climatique ou parasitaire[i]. Pour Patrick Barbotin, aucun doute : [I]«d'une façon générale, quand on a une saison qui n'est pas là au moment où il faut, c'est toujours une source d'inquiétude. Le rythme saisonnier est rassurant»[i].
[INTER]Le risque d'une pression des maladies au printemps[inter]
Dans les vignes aussi, la douceur hivernale n'est pas sans conséquence, comme le rappelle Christophe Ferrari, viticulteur à Irancy : [I]«l'incidence principale étant que, faute de voir les œufs d'hiver tués par le froid, certains insectes parasites subsistent et accentuent la pression des maladies au printemps»[i]. Installé depuis 25 ans, lui non plus ne se souvient pas avoir connu une douceur des températures aussi étalée dans le temps. Avec pour autre conséquence d'avoir remarqué en taillant, des premiers bourgeons «gonflés», même si le phénomène reste limité. Le scénario météo idéal ? [I]«Du froid le matin, comme on a eu ces derniers jours, bien sec, avec un vent nord, nord-est qui assèche et fait redescendre la sève et des températures qui ne remontent pas trop dans la journée»[i].
Même constat pour son collègue de Coulanges-la-Vineuse, Jean-Pierre Maltoff qui, contrairement à d'autres viticulteurs adeptes d'un ralentissement de la taille dans les vignes, par crainte que la sève montante ne les fasse «saigner», continue à jouer du sécateur : [I]«une fois le rameau taillé, forcément, cela va sécher et nécroser, empêchant la sève de couler. Un peu comme une amputation»[i]. Lui aussi souligne [I]«l'effet prophylactique et aseptisant sur les organismes se cachant généralement sous l'écorce des ceps»[i], que peuvent avoir 10 ou 15 jours de températures négatives consécutives. L'autre conséquence à ses yeux d'un hiver doux, étant que : [I]«tout ce qui est gratté, que ce soit dans les champs ou les vignes, tout ce qui a subi un labour d'hiver, a besoin de cette explosion des éléments d'eau engendrée par le gel, rendant une terre arable fine et délicate»[i]. Pour l'heure, dans les vignes, l'après-midi, ça «pâte» un peu... !