Gestion de l’exploitation
La maîtrise des charges, clé de l’amélioration du revenu
Dans l’un de ses dossiers, Agreste Bourgogne-Franche-Comté (service statistique de la Draaf), relève que quelle que soit l’orientation économique et le niveau de revenu des exploitants, face aux aléas qui peuvent pénaliser le revenu le produit des exploitations, la maîtrise des coûts de production représente un enjeu majeur. C’est un élément clé de la performance économique.
Aléas climatiques liés au changement climatique, aléas économiques dus aux tensions sur les marchés (viande bovine, lait, grandes cultures...) tous ces aléas impactent directement le produit des exploitations. Face à cela, la maîtrise des coûts de production devient un enjeu majeur pour les principales orientations économiques de la région. C’est un élément clé de la performance économique des exploitations et plus largement de leur pérennité.
Forte hausse des charges opérationnelles et de structure en grandes cultures
En grandes cultures, les charges augmentent fortement depuis 10 ans, plus que partout ailleurs. De 2005 à 2015, les charges opérationnelles se sont accrues de 45% et les charges de structure de 30%. Dans le détail, on observe que les charges d’amortissement des matériels et des bâtiments constituent le premier poste en valeur, mais aussi en évolution (+ 55%). Il faut y voir là le résultat d’investissements soutenus et constants, en particulier dans le matériel de l’exploitation. Cela s’explique en partie par l’évolution des structures des exploitations (agrandissement), mais aussi par la mobilisation des dispositifs de défiscalisation dans des exploitations qui avaient connu certaines années (2010-2012) des revenus élevés dans un contexte de prix haussiers. Quand les résultats ont commencé de chuter en 2013, cette charge d’amortissement, liée à des investissements passés est restée présente et à continué sa progression.Dans le même temps, les frais d’entretien des matériels ont eux aussi augmenté continuellement, passant de 45€/ha à 65€/ha en dix ans.
La hausse globale des charges, couplée à la forte baisse des prix des céréales à partir de 2013, explique la détérioration de la performance économique des exploitations de grandes cultures sur la période récente. Depuis cette période, les revenus sont très bas et certaines exploitations connaissent des difficultés de trésorerie.
Polyculture-élevage : des charges élevées pour l’atelier animal
Les exploitations de polyculture-élevage de la région connaissent elles aussi des difficultés. Les charges de l’atelier animal sont élevées, notamment par rapport à celles des éleveurs spécialisés en bovins viande. Quand les charges de ces derniers s’établissent à 320€/ha en 2015, celles des polyculteurs-éleveurs accusent 40€/ha de plus, ce qui représente un retournement de situation par rapport à 2005. Ainsi, on observe que le coût alimentaire a progressé plus vite dans les exploitations qui allient élevage et cultures que dans les exploitations spécialisées en bovins viande. En dépit de la baisse du chargement, la consommation de concentrés augmente fortement (+ 80€/UGB contre + 15€/UGB en bovins viande). Un écart qui peut s’expliquer par l’existence d’un atelier d’engraissement.
En revanche, des économies significatives sont réalisées en polyculture élevage sur les charges opérationnelles des grandes cultures, si on les comparent à celles des céréaliers de la région : 260€/ha en 2015, avec une progression de 30% de 2005 à 2015, contre 480/ha pour les céréaliers et une hausse de 43%. Ce sont les engrais qui constituent la cause de cet écart. Car en polyculture-élevage on peut valoriser des amendements organiques dans un contexte de productivité peut-être moins poussé que dans les exploitations spécialisées grandes cultures. Les produits phyto-sanitaires sont deux fois moins élevés dans les exploitations mixtes.
Parallèlement, la progression des charges de structure à l’hectare a été très forte de 2005 à 2013 (+25%) alors qu’elle n’était que de 20% chez les éleveurs. Cette hausse des charges de structure et des charges non maîtrisées sur l’atelier élevage, associée à un produit en baisse (1760€/ha en 2012 contre 1460/ha en 2015) explique la forte baisse de la performance économique de ces exploitations, se rapprochant ainsi des résultats de céréaliers de la région.
Bovins viande : la performance économique se stabilise autour de 33%
Entre 2005 et 2012, le résultat courant moyen des éleveurs spécialisés en bovins viande est régulièrement le plus faible de la région. Parallèlement, les charges augmentent et les prix baissent. Tout évolue à la hausse : investissements de capacité, mise aux normes, entretien, énergie, fournitures diverses, fermages et frais de personnel... L’efficacité économique des éleveurs bovins viande chute de 40 à 33% entre 2013 et 2015. Les charges opérationnelles amorcent une décrue à partir de 2014 et les charges de structures sont également orientées à la baisse, sauf les amortissements. L’EBE/Produit Brut se stabilise à 33%.
Lait standard et lait AOP, un différenciel significatif
Dans la région on doit distinguer les résultats des exploitations en lait AOP du massif du Jura et du Doubs et les productions de lait standard des autres départements. La performance économique diffère nettement entre ces deux sytèmes, puisqu’elle atteint 40% en 2015 en lait AOP et 32% en lait standard. En plus, la progression des charges opérationnelles par UGB a été plus importante pour les producteurs de lait standard (coût de l’aliment, charge des cultures fourragères, charges globalement plus élevée... Les producteurs de lait standard ne maîtrisent pas suffisamment leurs charges opérationnelles compte tenu du fonctionnement de leur système.
Viticulture : forte augmentation des charges de main d’oeuvre
Les viticulteurs de Bourgogne bénéficient d’un prix de vente rémunérateur (prestige des appellations, demande soutenue, manque de volumes). Néanmoins, les aléas climatique ont pu provoquer une forte baisse des ventes en fonction des années et des zones. Dans le même temps, les charges de structures ont fait un bon de + 64%. En cause, les charges de personnel et d’autres charges de structures (hors amortissements, entretien et énergie). En effet la main d’oeuvre salariée est en augmentation (de 1,7 à 2,9 unités de travail par exploitation entre 20015 et 2015.
En outre, les investissements de modernisation de l’appareil de production génèrent également des amortissements supplémentaires. Enfin, les charges de fournitures diverses, d’emballages et de frais divers de gestion nécessaires à la commercialisation, ont doublé. Les charges opérationnelles ont augmenté, mais dans une moindre mesure. L’efficacité économique reste convenable à 39% et l’EBE/ha a doublé en 10 ans pour atteindre 12 210/ha.
Forte hausse des charges opérationnelles et de structure en grandes cultures
En grandes cultures, les charges augmentent fortement depuis 10 ans, plus que partout ailleurs. De 2005 à 2015, les charges opérationnelles se sont accrues de 45% et les charges de structure de 30%. Dans le détail, on observe que les charges d’amortissement des matériels et des bâtiments constituent le premier poste en valeur, mais aussi en évolution (+ 55%). Il faut y voir là le résultat d’investissements soutenus et constants, en particulier dans le matériel de l’exploitation. Cela s’explique en partie par l’évolution des structures des exploitations (agrandissement), mais aussi par la mobilisation des dispositifs de défiscalisation dans des exploitations qui avaient connu certaines années (2010-2012) des revenus élevés dans un contexte de prix haussiers. Quand les résultats ont commencé de chuter en 2013, cette charge d’amortissement, liée à des investissements passés est restée présente et à continué sa progression.Dans le même temps, les frais d’entretien des matériels ont eux aussi augmenté continuellement, passant de 45€/ha à 65€/ha en dix ans.
La hausse globale des charges, couplée à la forte baisse des prix des céréales à partir de 2013, explique la détérioration de la performance économique des exploitations de grandes cultures sur la période récente. Depuis cette période, les revenus sont très bas et certaines exploitations connaissent des difficultés de trésorerie.
Polyculture-élevage : des charges élevées pour l’atelier animal
Les exploitations de polyculture-élevage de la région connaissent elles aussi des difficultés. Les charges de l’atelier animal sont élevées, notamment par rapport à celles des éleveurs spécialisés en bovins viande. Quand les charges de ces derniers s’établissent à 320€/ha en 2015, celles des polyculteurs-éleveurs accusent 40€/ha de plus, ce qui représente un retournement de situation par rapport à 2005. Ainsi, on observe que le coût alimentaire a progressé plus vite dans les exploitations qui allient élevage et cultures que dans les exploitations spécialisées en bovins viande. En dépit de la baisse du chargement, la consommation de concentrés augmente fortement (+ 80€/UGB contre + 15€/UGB en bovins viande). Un écart qui peut s’expliquer par l’existence d’un atelier d’engraissement.
En revanche, des économies significatives sont réalisées en polyculture élevage sur les charges opérationnelles des grandes cultures, si on les comparent à celles des céréaliers de la région : 260€/ha en 2015, avec une progression de 30% de 2005 à 2015, contre 480/ha pour les céréaliers et une hausse de 43%. Ce sont les engrais qui constituent la cause de cet écart. Car en polyculture-élevage on peut valoriser des amendements organiques dans un contexte de productivité peut-être moins poussé que dans les exploitations spécialisées grandes cultures. Les produits phyto-sanitaires sont deux fois moins élevés dans les exploitations mixtes.
Parallèlement, la progression des charges de structure à l’hectare a été très forte de 2005 à 2013 (+25%) alors qu’elle n’était que de 20% chez les éleveurs. Cette hausse des charges de structure et des charges non maîtrisées sur l’atelier élevage, associée à un produit en baisse (1760€/ha en 2012 contre 1460/ha en 2015) explique la forte baisse de la performance économique de ces exploitations, se rapprochant ainsi des résultats de céréaliers de la région.
Bovins viande : la performance économique se stabilise autour de 33%
Entre 2005 et 2012, le résultat courant moyen des éleveurs spécialisés en bovins viande est régulièrement le plus faible de la région. Parallèlement, les charges augmentent et les prix baissent. Tout évolue à la hausse : investissements de capacité, mise aux normes, entretien, énergie, fournitures diverses, fermages et frais de personnel... L’efficacité économique des éleveurs bovins viande chute de 40 à 33% entre 2013 et 2015. Les charges opérationnelles amorcent une décrue à partir de 2014 et les charges de structures sont également orientées à la baisse, sauf les amortissements. L’EBE/Produit Brut se stabilise à 33%.
Lait standard et lait AOP, un différenciel significatif
Dans la région on doit distinguer les résultats des exploitations en lait AOP du massif du Jura et du Doubs et les productions de lait standard des autres départements. La performance économique diffère nettement entre ces deux sytèmes, puisqu’elle atteint 40% en 2015 en lait AOP et 32% en lait standard. En plus, la progression des charges opérationnelles par UGB a été plus importante pour les producteurs de lait standard (coût de l’aliment, charge des cultures fourragères, charges globalement plus élevée... Les producteurs de lait standard ne maîtrisent pas suffisamment leurs charges opérationnelles compte tenu du fonctionnement de leur système.
Viticulture : forte augmentation des charges de main d’oeuvre
Les viticulteurs de Bourgogne bénéficient d’un prix de vente rémunérateur (prestige des appellations, demande soutenue, manque de volumes). Néanmoins, les aléas climatique ont pu provoquer une forte baisse des ventes en fonction des années et des zones. Dans le même temps, les charges de structures ont fait un bon de + 64%. En cause, les charges de personnel et d’autres charges de structures (hors amortissements, entretien et énergie). En effet la main d’oeuvre salariée est en augmentation (de 1,7 à 2,9 unités de travail par exploitation entre 20015 et 2015.
En outre, les investissements de modernisation de l’appareil de production génèrent également des amortissements supplémentaires. Enfin, les charges de fournitures diverses, d’emballages et de frais divers de gestion nécessaires à la commercialisation, ont doublé. Les charges opérationnelles ont augmenté, mais dans une moindre mesure. L’efficacité économique reste convenable à 39% et l’EBE/ha a doublé en 10 ans pour atteindre 12 210/ha.