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Bourgogne

La grêle frappe encore et encore !

Les vignobles de Bourgogne ont été durement touchés par un épisode orageux le 28 juin. Des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre se sont abattus sur 22 départements et ont fait des ravages, du Nord Beaujolais à la Côte de Nuits, en passant par le Mâconnais et le Chalonnais. Certains secteurs et viticulteurs sont victimes de ces intempéries pour la troisième année consécutive, voire six fois lors des sept dernières campagnes !
Par Cédric Michelin
La grêle frappe encore et encore !
Sur la Côte de Beaune, les pertes causées par la grêle atteignent parfois 90% de la récolte.
La Saône-et-Loire et la Côte d’Or étaient classées en alerte orange ce samedi par Météo-France qui prévoyait des orages violents, avec des rafales de vents et de grêles. Ce front orageux a traversé la France du Sud-Ouest au Nord-Est. Des cellules orageuses se sont formées samedi en fin d’après-midi sur la région. Ces nuages [I]«se déplaçaient rapidement, avec de fortes rafales de vents allant de 80 à 100 km/h, accompagnées de pluie et de grêle»[i], explique Christine Monamy du BIVB. Dès le matin même, l’alerte avait été lancée pour déclencher les 33 nouveaux générateurs anti-grêle, sur la Côte Chalonnaise/Couchois et la Côte de Beaune. Le réseau était en effet opérationnel en urgence depuis le 23 juin.

[INTER]Une partie de la récolte «compromise» à Lugny[inter]
Des dégâts sont à déplorer sur un [I]«large»[i] secteur, allant du Beaujolais à la Côte de Nuits. Sur le secteur du Nord Mâconnais, Plottes a subit de terribles dégâts, [I]«jusqu’à 100 % de pertes de récolte avec des baguettes marquées par les grêlons»[i], déplore Marc Sangoy, co-président de l’Union Viticole de Saône-et-Loire. Le président de la cave de Lugny note que l’orage qui a duré entre 15 et 20 minutes et a également particulièrement touché les communes de Péronne, Montbellet et Uchizy. [I]«On ne fera pas le plein à nouveau. La récolte est compromise»[i] pour nombres [I]«de grandes surfaces»[i] entre Saint-Gengoux-de-Scissé et Tournus/Mancey.
Plus au nord, si les communes de Bray et Laives ont été également fortement touchées (jusqu’à 80 % de pertes), les cellules orageuses se sont [I]«disséminées»[i], constate, François Legros, le président de la cave de Buxy. En effet, les présidents d’ODG de Maranges, Givry, Mercurey, respectivement Pablo Chevrot, Ludovic du Gardin et Amaury de Villard, n’ont heureusement que [I]«peu de pertes»[i] dans l’ensemble, avec une majorité de précipitations sous forme de pluie. Ces pertes pourront être compensées normalement par le beau potentiel de récolte. Montagny aurait été aussi relativement épargné.
Ce ne sera pas le cas pour tous les secteurs, Saint-Boil/Etiveau ayant encore été fortement grêlé. [I]«Depuis sept ans, cela fait six épisodes de grêle sur le secteur de la cave de Buxy. Ça fait beaucoup»[i], soupire François Legros. Car, évidemment, tout le monde n’est pas assuré dans ces secteurs d’appellations régionales, rouge, blanc, aligoté et crémant de Bourgogne.

[INTER]Samedi noir[inter]
Mais c’est sur la Côte de Beaune, une nouvelle fois que les dégâts les plus importants sont à déplorer en ce [I]«samedi noir»[i]. Les pertes vont crescendo. 20 % environ à Saint-Aubin ou Puligny-Montrachet à 50 % pour Meursault et Monthélie. Les pertes grimpent même à 70 % sur les appellations Volnay et Pommard, voire même jusqu’à 80 % de pertes de récolte sur certains secteurs autour de Beaune. Des dégâts sont aussi recensés à Ladoix ou Aloxe-Corton (20 %). L’orage a également frappé la Côte de Nuits dans les Grands Crus de Vosne, Romanée, Echezaux ou encore au Clos de Vougeot (30 %). Plus au Nord, les vignes de Chambertin semblent ne pas avoir subit trop d’avaries. Ni l’Yonne d’ailleurs ou les Côtes du Châtillonais.
[I]«On est découragé. Tout est une fois de plus saccagé»[i], commente Jean-Louis Moissenet, président de l’organisme de défense et de gestion de l’appellation Pommard. Selon lui, la détérioration liée aux orages est [I]«plus grave que l’année dernière»[i]. Une seule cellule orageuse (17h01) aura suffit, provoquant également d’importants dégâts matériels (toitures, vitres, voitures…). Surtout, tous les premiers crus sont [I]«détruits»[i] et les baguettes marquées. Le président du syndicat d’appellation Volnay, Thiébault Huber a, quant à lui, estimé les pertes [I]«dans les mêmes proportions que l’an dernier, soit 40 à 80 %»[i]

[INTER]Maudite fatalité[inter]
Également président de l’Arelfa, gérant le système de générateurs anti-grêle, pour lui, cet orage [I]«ne remet pas en cause le dispositif. On ne pouvait rester les bras croisés avec déjà deux années consécutives avec 70 % et 60 % de pertes. Je comprends que cela pose des questions. Mais je suis persuadé que cela aurait pu être encore pire. Des collègues de la Côte Chalonnaise d’ailleurs n’ont eu que beaucoup de pluie. Ça a marché. Nous avons toujours dit que cela abaissait la puissance des orages de 50 %. C’est la fatalité»[i]. Les vignerons pansaient leurs ceps et espéraient du vent, du chaud et du soleil pour [I]«cicatriser les raisins et pieds»[i].
Une fatalité qui marque les esprits. Les médias allant jusqu’à parler de vignoble [I]«maudit»[i]. Suite à l’orage de grêle de samedi, la sous-préfète de Beaune a été réactive. Une réunion avec les ODG de Côte d’Or a été organisée dès lundi et dès mardi, dans le vignoble pour constater les dégâts, avec le nouveau préfet de Côte d’Or et de Bourgogne, Eric Delzant. Devant la sous-préfecture de Beaune, un rassemblement de vignerons venait marqué leurs préoccupations ou leurs solidarités envers leurs collègues sinistrés.
La CAVB, comme l’Union viticole en Saône-et-Loire sont déterminés à obtenir de la part des autorités des aménagements fiscaux, douaniers et administratifs pour passer ce coup du ciel.