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2ème édition d’Univerbois au Marault

La forêt nivernaise, pour prendre racines... et des ailes

La 2ème édition d’Univerbois, le grand rendez-vous professionnel et public de la forêt et du bois nivernais organisé par le Conseil général de la Nièvre, aura lieu du 3 au 5 octobre à la ferme du Marault. L’occasion, avant de sensibiliser le public, de réunir les acteurs de la filière lors d’une journée professionnelle qui leur est dédiée. Objectif avoué: développer la filière.

Par Emmanuel Coulombeix
La forêt nivernaise, pour prendre racines... et des ailes
Dès la première édition d’Univerbois, en 2012, les responsables de l’Etat, de la région et du département ont voulu planter pour l’avenir de la filière... et lui donner des ailes.

Vendredi 3 octobre prochain, l’événement débutera par une journée entière réservée aux acteurs professionnels. Après une vente annuelle de bois de la Nièvre organisée par l’Office national des forêts (ONF), et en parallèle à la visite de près de 800 scolaires, des conférences et rencontres se dérouleront au Marault au bénéfice des professionnels de la filière. Et ce n’est pas un hasard. C’est qu’au-delà de la multifonctionnalité de la forêt, position de principe des élus nivernais pour la cohabitation des usages dans le respect de la ressource, les responsables départementaux font un pari économique sur son avenir. Certes, le patrimoine naturel et culturel commun que représente la forêt nivernaise dépasse de loin, en toute discrétion, la fantasmagorie qu’inspire la Sologne ou Brocéliande pour leurs riverains, mais les élus du département de la Nièvre nourrissent des ambitions encore plus grandes pour elle que pour ses sœurs lointaines. Au-delà du tourisme et du mode de vie local, les responsables souhaitent renforcer les activités de 1ère et 2ème transformations, du sciage à la production de chaleur, en passant par la fabrication de panneaux, les applications en menuiserie, l’emballage, la papèterie et jusqu’à l’innovation autour des nouveaux matériaux. Il s’agit de capitaliser sur un tissu économique nivernais, encore peu connu, mais qui recèle des entreprises, artisanales ou industrielles, en lien avec l’exploitation de la forêt et du bois. On peut citer les pépinières Naudet (sapins de Noël), Biosyl (innovation en bois énergie), Bois et sciages de Sougy (bois d’œuvre), la tonnellerie Berthomieu-Ermitage, la Sorec (habitat en bois) La Charité, Pobi (murs, planchers, toitures...) à Cosne-sur-Loire, l’association Artisan Bois Morvan (meubles) dans le PNR et bien d’autres, sur près de 500 structures allant de l’exploitation forestière à la transformation...

 

1600 salariés

1ère chênaie de France, 4ème forêt feuillue, 3ème réserve de pins douglas, la forêt nivernaise constitue «l’un des atouts économiques les plus marquants pour le département» relève Daniel Barbier, vice-président du Conseil général chargé de l’agriculture et de la forêt. De l’abattage au bois d’œuvre, au bois d’industrie et au bois énergie, la forêt représente «1ha pour 1 habitant» et l’enjeu d’Univerbois est de «mettre autour de la table chacun des différents utilisateurs pour qu’ils s’informent sur la capacité des autres à exploiter cette ressource». En clair, d’insuffler un esprit «filière»... Pour les élus, ce n’est pas neutre: «il y a un accroissement naturel chaque année qui n’est pas exploité en feuillus ou en résineux» dit le conseiller général, autant de raisons de croire à un développement exponentiel du secteur économique. Sur 39 millions de mètres cube d’arbres sur pied (dont 20 millions de chênes et 7 millions de conifères), 1,6 millions de mètres cubes nouveaux apparaissent chaque année et, faute d’entretien ou d’exploitation, risquent de fermer la forêt alors que cette ressource n’attend que de nouveaux utilisateurs, sans aucun risque de détériorer le patrimoine... L’enjeu est pris au sérieux: ce sont déjà près de 1600 salariés, dont une grand part de saisonniers mais pas seulement, qui vivent du bois dans la Nièvre. Et un chiffre d’affaires évalué entre 15 et 20 milliards par an dans la Nièvre (60 milliards en Bourgogne). D’autres Nivernais pourraient rejoindre ces professionnels si des investisseurs daignent rejoindre le cortège des entreprises nivernaises. Pour cela, il faut des projets et de l’innovation. Le département en appuie la perspective, notamment grâce à l’Institut supérieur de l’automobile et des transports (Isat de Nevers), dont le laboratoire Drive fait des recherches sur l’utilisation du bois matériau dans les cabines des poids lourds... Ce n’est qu’un exemple mais d’autres pourraient le suivre. Et pour que les Nivernais soient près à conjuguer leur avenir avec la filière, des formations job-dating et des rencontres professionnelles avec ses entreprises, ses acteurs et ses centres de formation auront lieu le 3 octobre, «pour présenter les métiers et les formations». Près de cinquante offres d’emploi sont ouvertes chaque année en Bourgogne autour des métiers du bois. «C’est relativement peu mais de faire venir 800 élèves le vendredi, c’est déjà les sensibiliser aux prochains développements de cet atout potentiel pour la Nièvre dans dix ans» conclut Fréderic Briatte, le chef du service économie du Conseil général. Univerbois, un carrefour parmi d’autres, pour créer les synergies entre ressources naturelles, financières et humaines?