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Réunion ovine de la FDSEA58

La FNO optimiste à long terme pour le marché de l’agneau français

La section ovine de la FDSEA58 organisait, le 19 décembre à Rouy, une demi-journée d’information sur le mouton au profit d’un large panel d’éleveurs ovins du département. Emmanuel Coste, vice-président de la FNO, a souligné la baisse de volume global de la production mais s’est montré optimiste à long terme, malgré une érosion de la consommation d’agneau nationale.
Par Emmanuel Coulombeix
La FNO optimiste à long terme  pour le marché de l’agneau français
Emmanuel Coste estime que sur le long terme la tendance est à la stabilité voire à la hausse des prix de l’agneau.
Éleveur en Haute-Loire avec son fils, le président d’Interbev ovins et vice-président de la FNO a annoncé qu’il allait bientôt laisser de côté ses responsabilités nationales. Mais, bien décidés à les assumer jusqu’au bout, le représentant professionnel s’est lancé, le 19 décembre à Rouy devant une trentaine d’éleveurs nivernais, dans un brillant exposé de la situation du marché national et international. Selon lui, la tendance à long terme confirme un bon potentiel pour la production d’agneaux français. Premier constat toutefois: [I]«globalement, nous enregistrons une diminution du volume de la production nationale»[i] a-t-il souligné expliquant qu’ainsi [I]«cela rend la collecte plus difficile et les débouchés plus incertains»[i]. Une position partagée par Bruno Gleizes, représentant de la Cialyn, qui a constaté [I]«que nous utilisons des camions de plus en plus volumineux qui ont à faire des ramassages avec des lots de moins en nombreux et que nous avons un vrai problème de régularité des approvisionnements»[i]. Un peu plus tard, lors de la table ronde avec Martial Tardivon, chef des ventes du cadran de Moulins-Engilbert, et Bernard Beraud, du GAPAC, l’accent a été porté sur le besoin de [I]«prévision des sorties à un, deux ou trois mois»[i], certains éleveurs dans la salle soulevant [I]«la difficulté de prévoir à l’avance, par rapport à l’état du marché et des importations»[i] et Bernard Gauthier, président de la Sicafome, demandant [I]«quelle prévision pour le nombre d’éleveurs, alors que les contraintes réglementaires ne cessent de les freiner»[i].

[INTER]Potentiel à l’export[inter]
Emmanuel Coste a cependant émis l’hypothèse que [I]«malgré la baisse de production, nous avons une place importante à prendre sur le marché de l’export. Nous serons par exemple attentifs au marché espagnol car, compte tenu de leurs cours, de nombreux éleveurs cessent leur production et il ne serait pas étonnant que l’Espagne ne finisse par faire appel à une offre extérieure»[i]. Cela dit, le vice-président de la FNO reconnaît qu’il y a encore du chemin à parcourir par la filière française, compte tenu de la concurrence de pays tels que la Grande-Bretagne (à 4,74 euros le kg), l’Irlande (3,93 euros le kg) ou la Nouvelle Zélande (4,84 euros le kg), même si tous ces pays enregistrent aussi une baisse de leurs volumes de production, notamment au profit des grandes cultures pour ce qui concerne ce dernier exemple. Le représentant national pointe aussi du doigt une consommation nationale en légère régression, à l’image de la conjoncture. Il cite en exemple la mi-septembre où les feuilles d’impôts dans les boîtes aux lettres des foyers français ne les a pas incités à se tourner vers la viande d’agneau [I]«mais plutôt vers des produits de base moins chers pour leurs porte-monnaies»[i].

[INTER]Une aide supplémentaire?[inter]
S’agissant de la PAC, Emmanuel Coste s’est félicité que l’enveloppe des aides couplées soit maintenue, autour de 120 à 125 millions d’euros, que l’aide ovine de base et la contractualisation soient pérennisées, et qu’une demande la Fédération nationale ovine en faveur d’une aide supplémentaire sous forme d’une prime à la brebis semble emporter l’adhésion du ministère de l’agriculture et ce même si rien n’est pour l’instant acté. Dans les tuyaux, les professionnels évoquent une productivité de 0,7 par agneau vendu et le renforcement des politiques en faveur des signes officiels de qualité.