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Arnaud Montebourg en visite dans la Nièvre

La filière bois... Une des priorités du gouvernement

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, est venu lundi dans la Nièvre décliner le Plan national d'€™action pour l'€™avenir des industries de transformation du bois.
Par Emmanuel Coulombeix
La filière bois... Une des priorités du gouvernement
Arnaud Montebourg est venu décliner dans la Nièvre le Plan national pour l'avenir de l'industrie du Bois, dévoilé le 18 octobre avec le ministre de l'Agriculture..
Une politique se mesure à des signaux et à des soutiens. Et c'€™est bien de politique industrielle qu'€™est venu parler Arnaud Montebourg, ce lundi, avec les responsables de Bois et sciages de Sougy, à Sougy-sur-Loire, et de Pobi à La Charité. Histoire de réaffirmer que le gouvernement auquel il appartient se préoccupe [I]«de réindustrialiser le pays en soutenant les filières estimées comme prioritaires»[i] par lui. Aux côtés de l'€™automobile, de l'€™aéronautique ou du luxe et des cosmétiques, la filière bois [I]«fait partie des enjeux stratégiques définis par le gouvernement»[i] s'€™est enorgueilli le ministre. Avec son collègue de l'€™agriculture, Stéphane Le Foll, il a d'€™ailleurs présenté, le 18 octobre dernier, un Plan national d'€™action pour l'€™avenir des industries de transformation du bois qui prévoit [I]«de nombreuses mesures en faveur du secteur»[i]. Parmi celles-ci figurent [I]«la création d'€™un Comité stratégique de filière bois au sein du Conseil national de l'€™industrie, l'€™identification et le soutien aux écosystèmes locaux performants en termes de Recherche et développement, d'€™innovation et de soutien aux projets concrets d'€™entreprises, la majoration du taux d'€™amortissement pour les investissements productifs dans les scieries et la mise en œuvre d'€™une deuxième génération du Fonds Bois élargi aux industries de première et deuxième transformation, géré par la Banque publique d'€™investissement (BPI France) et recueillant des fonds publics et privés pour un objectif de 40 millions d'€™euros»[i].
[INTER]Annonces de soutien et quête de «business»[inter]
L'€™objectif affiché, pour la France, troisième pays forestier de l'€™Union européenne, c'€™est de réduire le déficit de la balance commerciale (environ 6 milliards d'€™euros) dû à des exportations de bois brut (grumes) qui ne compensent pas les importations de produits transformés (planches, meubles, papier...). L'€™enjeu est de taille: la filière forêt-bois représente un chiffre d'€™affaires de 50 milliards et mobilise plus de 450 000 emplois directs ou
indirects.
Il faut ainsi limiter les importations scandinaves et allemandes. Le ministre a expliqué que le but est de libéraliser et d'€™encourager les propriétaires forestiers à pratiquer le bois de coupe, [I]«à mettre du bois sur le marché pour réduire les coûts»[i]. Le message est celui de la réaffirmation de la compétitivité, tellement en vogue dans les cabinets parisiens.

A Sougy, chez MM. Monnet et Sève, patrons de Bois et sciages de Sougy, Arnaud Montebourg a aussi annoncé que l'€™Etat allait apporter 3 millions d'€™euros à l'€™entreprise à travers le dispositif d'€™aide à la réindustrialisation. L'€™entreprise a d'€™ailleurs déjà entrepris des investissements, d'€™un montant de 13 millions, afin de mettre en oeuvre [I]«le sciage en courbe 3D»[i] qui lui permettra de mieux valoriser ses rendements: un gain de 5% de matière première. [I]«Nous nous félicitons de vos investissements exemplaires et de vos innovations, s'€™est félicité le ministre. Nous voulons que vous obteniez plus de marchés, que vous améliorez vos marges et que vous embauchiez»[i] a-t-il confié à Stéphane Vivès, le directeur du site, et Jean-Claude Sève, l'€™un des deux associés. Parmi d'€™autres annonces, à caractère national, le ministre a identifié d'€™autres actions: [I]«libéraliser les règles de construction bois en hauteur, pour le moment interdites, et utilisation de la Banque publique d'€™investissement pour financer les outils de production»[i]. Mais le soutien du gouvernement ne doit pas masquer la réalité des marchés économiques. A La Charité, MM. Sylvain et Alain Tur, les PDG respectifs de Pobi et d'€™AST groupe (le second propriétaire du premier), se sont chargés de le lui rappeler. Spécialisés dans la construction de maisons à ossature bois, et clients de Sciages et Bois de Sougy à qui il achète les arbres Douglas [I]«made in Morvan»[i], Pobi construit des maisons depuis 20 ans et en bois depuis
5 ans. [I]«Mais là où nous ne fabriquons que deux maisons par jour, alors qu'€™il en faudrait dix et que nous avons l'€™outil, il nous manque des débouchés, notamment en raison du durcissement des banques dans l'€™octroi des prêts bancaires. L'€™année 2014 va être catastrophique sur la construction et beaucoup d'€™entreprises ne vont pas y résister. Nous ne voulons pas de subventions, nous voulons faire du business. Peut-être faut-il imaginer des mesures de soutien au marché»[i] ont-ils plaidé auprès d'€™Arnaud Montebourg, l'€™implorant de faciliter, par exemple, la [I]«primo-accession à la propriété»[i]. Avant de venir répondre aux délégués de la CGT de la Nièvre, venus l'€™interpeller sur le sort de l'€™imprimerie Donnelley à Cosne-sur-Loire, le ministre du Redressement productif, qui a pris le temps de visiter les deux entreprises et de se faire expliquer leurs métiers, entouré d'€™une délégation d'€™élus locaux et de journalistes, a assuré: [I]«J'€™ai compris votre message. Il est clair. Je le transmettrai»[i]. A Cécile Duflot, la ministre de l'€™Egalité des territoires et du Logement. Les signaux et les actes ne sont pas suffisants. Il faut aussi mobiliser et convaincre.