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Session de la Chambre d’agriculture de la Nièvre

La FCO au centre des débats

Connu avant l’annonce d’un cas de FCO dans l’Allier, l’ordre du jour de la session du mardi 22 septembre de la Chambre d’agriculture, prévoyait un tour d’horizon de la situation et des perspectives en terme d’élevage dans la Nièvre. Les débats ont finalement surtout tourné autour de la maladie de la langue bleue et ses impacts économiques immédiats.
Par Emmanuel Coulombeix
La FCO au centre des débats
Le préfet et le président du Conseil départemental sont venus «  assurer les éleveurs de leur soutien  » à la session de la Chambre d’agriculture.
La session de mardi de la Chambre d’agriculture a pris des accents historiques dans le microcosme agricole départemental. Historiques d’abord par la prépondérance du problème crucial de l’export des bovins en ces temps troubles où une nouvelle crise sanitaire vient affecter la situation de l’élevage nivernais, dont la santé économique est déjà si malmenée et que la sécheresse n’a pas arrangée. Les responsables politiques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés non plus puisque Patrice Joly, le président du Conseil départemental en personne, et Jean-Pierre Condemine, le préfet de la Nièvre, entouré pas moins que du Directeur départemental des territoires (DDT) et de celui de la Cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) étaient à la tribune, dans la salle Roger Laurisson du Marault, autour d’Eric Bertrand et Didier Ramet, président et secrétaire général de la Chambre. Depuis plusieurs semaines, l’ordre du jour prévoyait un tour d’horizon de la situation de l’élevage nivernais à moyen et long terme. Judith Nagopae et Amaury Fichot pour les productions végétales, Christian Bourge, pour l’élevage, ont bien évoqué les perspectives, d’ailleurs pas réjouissantes. Mais c’est l’annonce d’un foyer de FCO dans l’Allier, le 11 septembre, qui a rebattu la donne et accaparé les esprits. L’impact sur l’export a monopolisé une grande part des débats.

Cartographie sanitaire nationale
Si, sur les moyens de lutte contre la maladie, Wilfried Pelissier, le DDCSPP, a annoncé qu’une vague d’analyses allait être réalisée dans toute la France, par régions (60 exploitations testées en Bourgogne) et par départements (14 tests dans la Nièvre),  «cela permettra d’avoir une vision de l’état sanitaire du département». Les résultats des prises de sang devraient être connus au niveau national fin septembre. Alors que depuis le 18 septembre, ce ne sont plus
21 mais 28 départements qui sont touchés par les mesures de surveillance, au gré des nouveaux cas déclarés, l’hypothèse est que l’on se destine vers une seule et unique zone de surveillance à l’échelle du pays. Ce qui clarifierait la situation. Selon Emmanuel Bernard, secrétaire général adjoint de la FNB et nouvel élu de l’assemblée consulaire (il a remplacé Philippe Martin devenu président de la Sicafome), «le risque en cas de PCR positives, c’est que nous devenions foyer à notre tour, que nous passions en zone rouge et que nous soyons bloqués 30 jours avant toute exportation». Pour l’instant, «on est dans la gestion de la crise. Nous négocions le principe de PCR après désinsectisation, ce qui réduirait le délai avant export à 14 jours, comme en 2007-2008, si l’Italie et l’Espagne sont d’accord». L’important, pour le moment, est «d’assurer la continuité du commerce et des exploitations qui seront très mal si on s’en tient au protocole de 60 jours après vaccination actuellement en vigueur».

Aspect plus économique que sanitaire
Tous en ont convenu  : la crise est d’abord économique avant d’être sanitaire. Il n’y a aucun cas clinique dans la Nièvre, pour le moment, a rappelé Alain Bonnel, le directeur du GDS 58 présent à la session. Mais les interrogations, de court terme, sur la solidité de la ferme Nièvre sont nombreuses, à commencer par celles d’Eric Bertrand  : «si on exporte plus d’ici 80 jours, est-ce que l’on aura de quoi acheter de l’alimentation et les bâtiments pour stocker ces broutards qui passeront de 300 à 400 k ? L’abattage sera-t-il la seule issue?» «Le plus on va attendre, le plus çà va faire baisser les prix». Les opérateurs, italiens notamment, n’attendent que çà pour tirer les prix vers le bas, si, en plus de l’argument sanitaire, il y aura aussi un problème d’adaptation de l’offre à la demande, après la vaccination, et que les kg sont en trop... A cette époque, 25000 bovins par semaine partent sur le marché export. C’est dire l’ampleur du problème.