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Inondations

La crue de trop ?

La Saône a débordé une énième fois début mai, comme au printemps 2014 et durant l’automne 2014. La profession vient d’organiser une réunion afin de dresser un état des lieux des dégâts et définir un plan d’actions.
Par Aurélien Genest
La crue de trop ?
L’exploitation de Cyril et Sylvain Fleury à Labergement-lès-Seurre a été impactée sur 25 hectares de maïs, un hectare de blé et 40ha de prés de fauche.
D’importantes inondations sévissaient il y a trois semaines dans le Val de Saône. Plus de 800 hectares agricoles se sont retrouvés plusieurs jours sous les eaux, noyant les cultures et obligeant les éleveurs à rentrer leurs animaux. «Cela fait plus de vingt ans que les agriculteurs se battent sur ce dossier» rappelle Nicolas Michaud, membre du bureau de la FDSEA. L’exploitant de Pagny-le-Château rappelle un triste anniversaire : «deux ans plus tôt, pratiquement jour pour jour, se manifestaient les grandes inondations de 2013. Nous avions, à l’époque, tiré la sonnette d’alarme.  Mais force est de constater que rien n’a été fait depuis, nous n’avons pas été entendus par nos élus. Nous les avions invités à faire entretenir la Saône. Nous retombons malheureusement dans la même problématique». Nicolas Michaud, en compagnie de Jean-Luc Loizon, responsable professionnel à la Chambre d’agriculture, a été à l’origine d’une réunion syndicale qui s’est tenue le 12 mai à Seurre. Fabrice Faivre et Samuel Maréchal, président et secrétaire général de la FDSEA21 étaient présents, tout comme Michel Duvernois, président de Bourgogne du Sud et plusieurs membres de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture de la Saône-et-Loire, puisque la problématique s’étant jusqu’au nord de Chalon-sur-Saône.

Raisons économiques et écologiques
Cinquante millimètres de précipitations ont suffi pour engendrer d’importants dégâts. «Cette quantité d’eau était cumulée à une centaine d’autres millimètres venant des massifs jurassien et vosgien» précise Nicolas Michaud, «avec ce nouvel épisode de crue, les éleveurs auront des surcoûts en alimentation. Des re-semis seront à faire en maïs, soja, tournesol et même dans des céréales d’hiver. Les trésoreries étaient déjà bien affaiblies comme ça avec les pertes de 2013 et l’année catastrophique de 2014». Le point essentiel concerne le périmètre de la «vieille Saône» entre Saint-Usage et Chivres : «Nous sommes dans le phénomène de crise, avec des réductions budgétaires qui obligent VNF à faire des choix dans la gestion des ouvrages» poursuit l’agriculteur, «ils ne concentrent leur attention que sur le canal à grand gabarit pour les bateaux commerciaux et touristiques, la vieille Saône est tout simplement délaissée et la manne écologique n’arrange rien puisqu’il n’est plus possible de toucher au moindre grain de sable. Les conséquences économiques sont pourtant conséquentes».

Le problème bien identifié
Les terres et prés d’une dizaine de communes du secteur sont régulièrement inondés, la faute à un manque d’entretien d’une embouchure de la Vouge au niveau d’Esbarres et à une Saône «plus du tout entretenue». Concernant le point nord de Chalon-sur-Saône, les travaux abandonnés du canal Rhin/Rhône sont clairement montrés du doigt, tout comme le franchissement «mal négocié» de l’autoroute qui réduit très fortement la largeur de la Saône à hauteur de Glanon. «Il était important de rencontrer et d’écouter les adhérents FDSEA et JA sinistrés par cette crue afin de voir dans quelle direction nous diriger ces prochaines années» relève Jean-Luc Loizon, «nous avons sollicité une rencontre avec la sous-préfète de Beaune qui aura lieu d’ici la fin du mois. Les différents élus politiques et organismes administratifs seront présents, y compris VNF qui devra se justifier sur la gestion des barrages au cours de cette nouvelle crue».