Les dispositifs « élevage » de la Chambre d'agriculture (3/9)
La complémentation des veaux mâles au pâturage
Troisième épisode des actions menées par le service àlevage de la Chambre d'agriculture de la Nièvre afin d'accompagner les éleveurs bovins-viande. Cette fois-ci, Terres de Bourgogne présente le suivi de la consommation de concentrés des veaux mâles au pâturage.
L'objectif de cette action est d'apporter aux éleveurs du département les repères de proximité concernant l'intérêt de la complémentation des veaux mâles de la naissance jusqu'au sevrage. En effet, actuellement, peu d'informations locales réactualisées existent sur ce volet technique. Cette démarche s'intègre dans notre orientation plus globale qui est de renforcer l'axe ruminant-pâturage-fourrage. Ce suivi est parti d'un constat : dans les élevages allaitants, 55 à 60 % des concentrés utilisés par le troupeau sont consommés par les mâles selon leur itinéraire. De plus, nous assistons depuis cinq ans à une hausse des cours des aliments et depuis une petite dizaine d'années à une augmentation des consommations. Ces deux facteurs combinés conduisent à une augmentation des coûts (augmentation des quantités consommées et du prix à la tonne) qui gonflent les charges opérationnelles et diminuent les marges économiques de l'atelier. Pour maîtriser au mieux la complémentation des veaux au pâturage, c'est-à-dire, impacter la croissance des veaux mâles tout en limitant la quantité de concentré distribué, il faut maîtriser la conduite des lots de vaches suitées au pâturage. Toute la difficulté de la complémentation est d'offrir au couple mère-veau, du lâcher jusqu'au début d'été, une herbe de bonne qualité (bonne valeur alimentaire) et en quantité suffisante (ni trop, ni trop peu) pour qu'il n'y ait pas de concurrence entre la mère et le veau. Chaque compétition mère-veau se fera au détriment du veau qui se réfugiera au nourrisseur.
[INTER]275 veaux mâles sur 13 exploitations[inter]
Pour cette réactualisation départementale, nous avons choisi des veaux nés précocement (en décembre-janvier) et complémentés dès l'âge d'un mois. Nous avons donc retenu 13 exploitations du département dont voici les caractéristiques :
'¢ Les veaux nés en décembre-janvier ont été complémentés dès l'âge d'un mois et sans interruption jusqu'au sevrage dans 11 lots. Dans les 2 autres lots, la complémentation des veaux a été suspendue du lâcher jusqu'à la mi-juin en fonction de la disponibilité de l'herbe, puis reprise jusqu'au sevrage.
'¢ Selon les lots, la complémentation est conduite en libre-service (10 lots) ou en rationné avec une distribution quotidienne de concentrés (3 lots).
'¢ Concernant le concentré distribué aux veaux, dans 7 lots, c'est un mélange fermier (réalisé à base de céréales produites sur l'exploitation et de correcteur azoté du commerce). Pour les autres lots, il s'agit d'un aliment ou MASH du commerce.
Ce dispositif permet de couvrir la majorité des pratiques rencontrées sur le département en terme de complémentation des veaux. Le protocole :
- Complémentation continue : 2 pesées : A la mise à l'herbe - Au sevrage
- Complémentation discontinue : 3 pesées :
A la mise à l'herbe, en été : avant reprise de la complémentation, au sevrage
La réussite d'un tel dispositif départemental, très exigeant, repose sur une forte implication des éleveurs et des techniciens pour centraliser les données. Nous remercions tous les éleveurs engagés dans ce suivi pour leur participation et leur implication. Dès cet automne, nous synthétiserons et présenterons les résultats obtenus à l'issue de cette première année de suivi. Nous reconduirons pendant au moins 2 ans ce suivi, afin de valider les résultats obtenus cette année et de pallier les effets [I]« année »[i], à l'image de ce printemps particulièrement humide qui n'a pas facilité la conduite des lots au pâturage.
[INTER]275 veaux mâles sur 13 exploitations[inter]
Pour cette réactualisation départementale, nous avons choisi des veaux nés précocement (en décembre-janvier) et complémentés dès l'âge d'un mois. Nous avons donc retenu 13 exploitations du département dont voici les caractéristiques :
'¢ Les veaux nés en décembre-janvier ont été complémentés dès l'âge d'un mois et sans interruption jusqu'au sevrage dans 11 lots. Dans les 2 autres lots, la complémentation des veaux a été suspendue du lâcher jusqu'à la mi-juin en fonction de la disponibilité de l'herbe, puis reprise jusqu'au sevrage.
'¢ Selon les lots, la complémentation est conduite en libre-service (10 lots) ou en rationné avec une distribution quotidienne de concentrés (3 lots).
'¢ Concernant le concentré distribué aux veaux, dans 7 lots, c'est un mélange fermier (réalisé à base de céréales produites sur l'exploitation et de correcteur azoté du commerce). Pour les autres lots, il s'agit d'un aliment ou MASH du commerce.
Ce dispositif permet de couvrir la majorité des pratiques rencontrées sur le département en terme de complémentation des veaux. Le protocole :
- Complémentation continue : 2 pesées : A la mise à l'herbe - Au sevrage
- Complémentation discontinue : 3 pesées :
A la mise à l'herbe, en été : avant reprise de la complémentation, au sevrage
La réussite d'un tel dispositif départemental, très exigeant, repose sur une forte implication des éleveurs et des techniciens pour centraliser les données. Nous remercions tous les éleveurs engagés dans ce suivi pour leur participation et leur implication. Dès cet automne, nous synthétiserons et présenterons les résultats obtenus à l'issue de cette première année de suivi. Nous reconduirons pendant au moins 2 ans ce suivi, afin de valider les résultats obtenus cette année et de pallier les effets [I]« année »[i], à l'image de ce printemps particulièrement humide qui n'a pas facilité la conduite des lots au pâturage.
Matthieu Moreau: «J'envisage de passer à l'engraissement»
Associé avec sa compagne dans l'EARL du Domaine Ragon, à St Parize le Chatel, Matthieu Moreau, 29 ans, a une idée derrière la tête. Installé depuis novembre 2007 hors cadre familial, il réalise 75 vêlages sur 147 ha de SAU et élève aussi 380 brebis. De ses études au lycée Fontaines il a gardé le goût pour la technique et c'est naturellement qu'il s'est inscrit dans l'action de la Chambre d'agriculture de la Nièvre, l'hiver dernier. «Le but est d'avoir des références sur la croissance des veaux et savoir précisément ce qu'ils consomment de concentré, de la naissance jusqu'à la vente en broutards» explique-t-il. «Là, on mesure le volume au kilo près et cela permet d'être plus rigoureux. Et puis, cela permet aussi de vérifier que je suis dans les clous par rapport à mes collègues en matière de complémentation, et ce même si un système de conduite n'est pas transposable vers un autre». Matthieu Moreau produit son propre triticale sur la ferme et achète des tourteaux non OGM du commerce. Son but est de vendre ses broutards à 400 kg le plus tôt possible avant l'hivernage suivant. «Le suivi de la Chambre me permet de savoir quelle conduite faire des broutards si demain je voulais engraisser en taurillons» dit l'éleveur. Car là est bien son objectif à moyen terme: «On voit bien que le marché du broutard ne sent pas bon. Si un jour je finissais mes animaux, peut-être que je les valoriserais mieux. Ce ne sera pas facile car cela nécessite des investissements, de jongler avec la Pac et les cours de la viande mais si les marchés -notamment italien- se retournent, cela sera peut-être une solution». Pour l'instant, Matthieu Moreau apporte ses broutards et la moitié de ses vaches grasses à la CIALYN et pense que l'engraissement peut intéresser son groupement. Dans le cadre du suivi de la Chambre, ses 29 mâles ont été pesés, une première fois le 2 avril, une seconde fois le 18 juin après le déparasitage et ce qui reste du lot (22 veaux ont déjà été vendus en septembre sous leurs mères et 7 sont rentrés pour être poussés en bâtiment) sera pesé avant l'expédition. «J'attends de savoir combien les veaux ont consommé dans le but d'améliorer dans les années suivantes, grâce à la génétique et au pâturage tournant». Cette année, le printemps a été froid et pluvieux, ce qui a entraîné une surconsommation de concentré en stabulation et au pré mais Matthieu va poursuivre le suivi les deux prochaines années afin de lisser ses références en années «moyennes». «Nous devrions facilement améliorer çà» pense-t-il, lui qui avoue que «heureusement que nous avons des céréales sur l'exploitation, c'est ce qui nous sauve». S'il réserve sa première qualité d'herbe à ses moutons, puis aux veaux femelles, il n'en néglige pas pour autant ses veaux mâles: «Des bovins derrière des ovins, cela améliore la flore et nettoie bien la prairie. J'ai la chance d'avoir un parcellaire groupé et je peux donc facilement faire tourner les lots». Engraissement ou pas, le but du jeune éleveur de St Parize le Chatel est bien «d'améliorer le revenu et de remplacer les concentrés par de l'herbe de qualité». La Chambre va l'y aider.
Propos recueillis par Emmanuel Coulombeix