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Ostéopathie animale

La Chambre organise une nouvelle formation pour les éleveurs bovins

L’ostéopathie animale, sur bovins en particulier, se développe dans les fermes. Des professionnels, pas nécessairement vétérinaires, interviennent de plus en plus fréquemment. Mais tout repose sur la connaissance des bêtes et l’observation qu’ont les éleveurs eux-mêmes.
Par Emmanuel Coulombeix
La Chambre organise une nouvelle formation pour les éleveurs bovins
Gilles Botbol, qui habite dans le Loiret, intervient sur un territoire qui va de Paris à la Nièvre et de l’Eure-et-Loire au Cher. Il est président de l’Association des ostéopathes animaliers européens. Il viendra le 7 avril animer une formation de la Cham
La Chambre d’agriculture de la Nièvre organise, le 7 avril prochain, une journée de formation pour les éleveurs sur l’ostéopathie  animale, avec Gilles Botbol, un praticien du Loiret qui n’est autre que le président de l’association des ostéopathes animaliers européens et membre du groupe de travail chargé par le ministère de l’Agriculture de la réflexion sur les référentiels du métier.

Basé dans le Loiret, l’ostéopathe, qui n’est pas vétérinaire, intervient de Paris jusque dans la Nièvre, et de l’Eure-et-Loire jusqu’au Cher. Si l’ostéopathie équine est la plus connue, et qu’il intervient aussi sur des chiens et des félins, Gilles Botbol l’assure : l’ostéopathie sur les bovins est celle qui est la plus simple dans l’esprit des éleveurs : «ils n’en attendent pas de miracle mais ils savent que l’on peut essayer de régler des problèmes basiques». L’ostéopathie est une spécialité de manipulation, à l’instar de l’ostéopathie humaine, et le professionnel ne craint pas de parler de «médecine manuelle», à propos des soins qu’il prodigue aux animaux. «On nous appelle le plus souvent pour des affections locomotives mais aujourd’hui aussi de plus en plus pour du viscéral ou de l’énergétique, c’est-à-dire pour une médecine plus douce qu’avant sur les animaux». L’objectif n’est pas, n’est plus, de «faire craquer».

Apprendre à reconnaître le besoin
Lors de la formation dans la Nièvre, Gilles Botbol présentera ce qu’est l’ostéopathie animale et très vite il apprendra aux éleveurs stagiaires «ce qu’elle peut apporter comme réponse quand on ne trouve pas de solution après avoir appelé le vétérinaire. Je les sensibiliserai à reconnaître quand ils peuvent nous appeler et aussi à comment pratiquer les premiers gestes d’urgence, les plus basiques» explique-t-il.

En bovins allaitants, à la différence des bovins laitiers, c’est à la suite des vêlages que peuvent apparaître des boiteries, des problèmes de chaleurs, «le plus souvent pré-existants et qui s’aggravent après les vêlages». Les vaches laitières, elles, sont plus sensibles aux chutes, notamment dans des salles de traite parfois glissantes : «les deux types de bovins ont une constitution très différente, et des pathologies assez différentes qui proviennent de causes assez différentes aussi». La qualité principale des éleveurs qui s’intéressent à l’ostéopathie animale est avant tout centrée sur l’observation et la connaissance de leurs animaux. «On nous fait souvent intervenir quand la pathologie est notable, tel les vétérinaires, mais le mieux est de faire du préventif» conseille le professionnel.

Consultations à prix attractifs
Selon lui, l’ostéopathie sur bovins est loin d’être la spécialité la plus rémunératrice pour ceux qui en font profession. La consultation, en moyenne, atteint 80 euros et l’objectif est que les éleveurs n’appellent que lorsqu’ils ont déjà pratiqué les interventions de base les plus simples. Ce qui fait que lorsqu’un professionnel se trouve à plus de deux heures de route, comme c’est le cas de M. Botbol, «le déplacement n’est pas toujours très rentable» parce que «nous faisons en sorte de ne pas assassiner l’éleveur». Pour autant, l’ostéopathe constate qu’il existe une vraie clientèle pour les bovins, qui se développe, et qui témoigne d’une vraie satisfaction. «Même si, contrairement aux équins, ils n’en attendent pas toujours de miracles  ! Si on n’arrive pas à régler le problème, au moins, on aura essayé» analyse Gilles Botbol.

Son travail dans le groupe du ministère de l’Agriculture commence d’ailleurs à porter ses fruits. Des décrets d’application sont en préparation pour la loi récente qui reconnaît sa spécialité comme une discipline à part entière, l’ostéopathie animale non vétérinaire, qui rend possibles la poursuite d’études indépendantes et la pratique. «Avant c’était illégal si vous n’étiez pas vétérinaire» conclut-il. Une vocation différente mais réelle !