Accès au contenu
Valorisation du bocage en plaquettes à litière

La Chambre d’agriculture enregistre les premiers effets positifs

La Chambre d’agriculture intervient sur 2 des 5 actions du GIEE agro-écologique porté par la Cuma Terr’eau dans la Nièvre: l’entretien et le développement des haies bocagères et la diminution de la dépendance en paille. 3 fermes pilotes participent depuis cette année et les premiers résultats sont encourageants.
Par Emmanuel Coulombeix
La Chambre d’agriculture enregistre les premiers effets positifs
La litière plaquettes à base de 100% d’aulnes dans la stabulation des génisses du Gaec d’Azy à Saint Seine.
La ferme du lycée de Challuy, l’exploitation du Gaec d’Azy à Saint-Seine et celle de Vincent Pommery à Parigny-les-Vaux   : toutes ces exploitations ont en commun de participer au programme engagé dans le cadre du projet Casdar sur 3 ans, en partenariat avec la Fédération Cuma Bourgogne, la Chambre d’agriculture de la Nièvre et le Conservatoire des espaces naturels. Objectifs du programme résumés par Jean-Louis Bridier, conseiller élevage de la Chambre   : «diminuer la dépendance des exploitations agricoles en paille et valoriser le bocage!»  Ces trois fermes sont donc impliquées à titre d’essais de proximité dans la démarche et les premiers résultats sont assez positifs. Côté plaquettes, Jean-Louis Bridier cite l’exemple de MM. Taillon et Vidalin, associés dans le Gaec d’Azy, à Saint Seine, qui, depuis la rentrée des animaux, le 19 novembre, ont économisé de 30 à 35 t de paille. Jusqu’au 2 janvier, les éleveurs ont offert à 52 vaches charolaises et limousines ainsi qu’à 52 génisses de 1 à 2 ans une litière constituée des plaquettes issues de leurs propres haies (220 m3). Et c’est seulement depuis cette date qu’ils effectuent un paillage de céréales, «mais seulement un jour sur deux et non pas tous les jours» précise le conseiller de la Chambre. L’économie globale réalisée assure une diminution de l’ordre de 1 400 euros de charges et, même s’ils vont peut-être devoir intensifier l’usage de la paille d’ici la sortie des animaux, en avril, ils devraient encore améliorer leur performance économique. Selon la Chambre, «les charges de travail sont différentes, et il faut prendre en compte l’utilisation du bocage, dont Etienne Bourgy a réalisé un Plan de gestion, mais ce gain de compétitivité revient à se passer de deux heures de travail par jour pour emmener la pailleuse à 4 kilomètres. MM. Taillon et Vidalin sont d’ores et déjà convaincus de l’adéquation entre le bocage et le paillage bois adapté à leur contexte». Les mesures et suivis de l’utilisation des plaquettes se poursuivent sur les trois sites, Vincent Pommery, de son côté, ayant fait un choix inverse   : il a commencé par pailler traditionnellement et ne servira de la litière bocagère qu’à partir de début février, après curage. Le lycée agricole de Challuy, quant à lui, envisage même son utilisation pour une partie de ses ovins, l’an prochain. Ces approches globales permettront de diffuser des résultats et des repères d’adaptation possible et d’aider ces élevages autour de pratiques sommes toutes très nouvelles dans la Nièvre. Selon Jean-Louis Bridier, «la litière bocagère n’est pas forcément adaptée pour tous, mais, une fois les freins culturels liés au changement de pratiques levés, la pertinence des plaquettes en litière et la valorisation des effluents générés par les prairies semblent pleines d’avantages !»