Vente des vins des Hospices de Beaune 2012
La Bourgogne relance le Beaujolais ?
La 152ème vente des vins des Hospices de Beaune a tenu ses promesses. Les enchères ont confirmé les hausses - surtout en rouges - observés sur le vrac. Le négoce est aux achats. L'économie va «bien», à l'export et en GD notamment. Toutefois, derrière ses records, ses Hommes et ses vignes ressortent affaiblis avec une faible récolte 2012, inquiétant les Domaines et caves. Au delà, la forte demande en Bourgogne pourrait relancer demain, le Beaujolais...
Plus15 %. C'est l'évolution du chiffre d'affaire de la Bourgogne à l'export sur les huit premiers mois 2012. Une [I]«forte hausse»[i] qui vient confirmer les résultats de la campagne août 2011/juillet 2012. Celle-ci avait déjà clôturé à +15% (719 millions d'€ de CA), soit un niveau record jamais atteint. Cette très bonne valorisation sur les marchés exports est surtout réalisée sans hausse sensible en volume (+1% ; environ 95 millions de bouteilles).
Pour le président de l'Interprofession, Pierre-Henri Gagey, [I]«la Bourgogne va plutôt bien»[i], [I]«pour le moment»[i], s'empressait de rajouter le négociant.
[INTER]Manque de crémants[inter]
Car, le millésime 2012 - [I]«rare et précieux»[i] - cache des situations [I]«compliquées»[i]. Le président délégué du BIVB, Michel Baldassini rappelait les pertes de volume enregistrées. La récolte atteint 1,2 millions hl contre 1,580 l'an passé. Le cépage pinot est [I]«le plus touché»[i].
Chablis (-10%), Côte de Nuits
(-20 à -25%), Côte de Beaune
(-40 à -50%), Mâcon (-15%) et le Chalonnais (-50% sur les régionales) ont tous connu des «pertes conséquentes». Les volumes de Crémant de Bourgogne (80 000 hl) sont en recul malgré les [I]«besoins supérieurs»[i] au 130 000 hl produits l'an dernier.
[INTER]Jusqu'où les hausses du vrac ?[inter]
Pour les Maisons de vins de Bourgogne (ex-FNEB), Louis-Fabrice Latour expliquait que pour l'heure, en amont, du fait des faibles quantités (récolte et stocks), les cours raisins/vrac ont enregistré de fortes hausses, de l'ordre de 30 % pour la pièce de Bourgogne rouge. Avec 230 000 hl de Beaujolais primeur sorties, les tensions se font encore plus grandes.
[I]«Disons-le, sans se voiler la face, le négoce a des besoins ; surtout dans les vins de rotation rapide, tel que les mâcons ou les bourgognes rouges»[i], analysait lucide le négociant. La pièce de Bourgogne rouge " à 800 € actuellement " va-t-elle encore grimper ? [I]«Le négoce ira aux achats la conscience tranquille, différemment des ruées de 1987 ou 2007. En effet, là, les vins sont vraiment très bons. Le négoce a donc moins de réticences à payer cher. Nous acceptons la hausse. C'est un message que nous passons à nos clients. Mais, les hausses doivent rester raisonnables»[i], nuançait le président des négociants.
En face, la viticulture entend faire jouer les règles de l'offre et de la demande. Jean-Michel Aubinel insistait sur les conséquences financières de la faible récolte 2012. [I]«La CAVB se doit d'accompagner le plus grand nombre de Domaines pour les aider à traverser cette crise en terme de production»[i]... La profession s'est également déjà réunie pour réfléchir à des outils permettant de lisser les effets de ces «crises» de production. La Bourgogne regarde les VCI de Chablis avec envie notamment...
[INTER]Ralentissement au printemps 2013 ?[inter]
Car, ces dernières semaines, même si les affaires vont [I]«bien»[i], les négociants notent un léger [I]«ralentissement»[i] de l'activité commerciale. Ils prévoient néanmoins une [I]«bonne fin d'année»[i].
Surtout, les clients cherchent visiblement à [I]«se reconstituer un stock avec des prix intéressants»[i]. Ce stock de [I]«protection»[i] pourrait devenir inquiétant au printemps 2013, avec l'arrivé de prix à la hausse. Louis-Fabrice Latour exhortait donc [I]«la propriété et le négoce à rester prudents»[i].
Pour le président de l'Interprofession, Pierre-Henri Gagey, [I]«la Bourgogne va plutôt bien»[i], [I]«pour le moment»[i], s'empressait de rajouter le négociant.
[INTER]Manque de crémants[inter]
Car, le millésime 2012 - [I]«rare et précieux»[i] - cache des situations [I]«compliquées»[i]. Le président délégué du BIVB, Michel Baldassini rappelait les pertes de volume enregistrées. La récolte atteint 1,2 millions hl contre 1,580 l'an passé. Le cépage pinot est [I]«le plus touché»[i].
Chablis (-10%), Côte de Nuits
(-20 à -25%), Côte de Beaune
(-40 à -50%), Mâcon (-15%) et le Chalonnais (-50% sur les régionales) ont tous connu des «pertes conséquentes». Les volumes de Crémant de Bourgogne (80 000 hl) sont en recul malgré les [I]«besoins supérieurs»[i] au 130 000 hl produits l'an dernier.
[INTER]Jusqu'où les hausses du vrac ?[inter]
Pour les Maisons de vins de Bourgogne (ex-FNEB), Louis-Fabrice Latour expliquait que pour l'heure, en amont, du fait des faibles quantités (récolte et stocks), les cours raisins/vrac ont enregistré de fortes hausses, de l'ordre de 30 % pour la pièce de Bourgogne rouge. Avec 230 000 hl de Beaujolais primeur sorties, les tensions se font encore plus grandes.
[I]«Disons-le, sans se voiler la face, le négoce a des besoins ; surtout dans les vins de rotation rapide, tel que les mâcons ou les bourgognes rouges»[i], analysait lucide le négociant. La pièce de Bourgogne rouge " à 800 € actuellement " va-t-elle encore grimper ? [I]«Le négoce ira aux achats la conscience tranquille, différemment des ruées de 1987 ou 2007. En effet, là, les vins sont vraiment très bons. Le négoce a donc moins de réticences à payer cher. Nous acceptons la hausse. C'est un message que nous passons à nos clients. Mais, les hausses doivent rester raisonnables»[i], nuançait le président des négociants.
En face, la viticulture entend faire jouer les règles de l'offre et de la demande. Jean-Michel Aubinel insistait sur les conséquences financières de la faible récolte 2012. [I]«La CAVB se doit d'accompagner le plus grand nombre de Domaines pour les aider à traverser cette crise en terme de production»[i]... La profession s'est également déjà réunie pour réfléchir à des outils permettant de lisser les effets de ces «crises» de production. La Bourgogne regarde les VCI de Chablis avec envie notamment...
[INTER]Ralentissement au printemps 2013 ?[inter]
Car, ces dernières semaines, même si les affaires vont [I]«bien»[i], les négociants notent un léger [I]«ralentissement»[i] de l'activité commerciale. Ils prévoient néanmoins une [I]«bonne fin d'année»[i].
Surtout, les clients cherchent visiblement à [I]«se reconstituer un stock avec des prix intéressants»[i]. Ce stock de [I]«protection»[i] pourrait devenir inquiétant au printemps 2013, avec l'arrivé de prix à la hausse. Louis-Fabrice Latour exhortait donc [I]«la propriété et le négoce à rester prudents»[i].
Friction à «huis-clos» avec le négoce
Même si de l'avis de tous, les deux familles sont «unies» en Bourgogne, quelques points de désaccords subsistent. Malgré les propos polis, des frictions sont apparues entre viticulture et négoce lors de la conférence de presse dimanche. Président de la Confédération des appellations et vins de Bourgogne (CAVB), Jean-Michel Aubinel n'entend en effet pas laisser la gestion des droits de plantation, être libéralisée en Europe, ou après, être gérée par l'Interprofession, comme le réclament les négociants Bourguignons. «On réglera ça entre nous», lui répondait discrètement Pierre-Henri Gagey, entre deux réponses.
Sans rentrer en guerre, «d'arrière garde» comme juge Louis-Fabrice Latour, contre la demande des Américains pour avoir le droit d'inscrire les termes «clos» ou «château» sur leurs étiquettes, la Bourgogne viticole reste «très attachée à ces signes de reconnaissance. Leur demande d'utilisation - en français" nous choque. Ces termes parlent aux consommateurs, comme le Clos Vougeot», rétorquait catégoriquement le président de la CAVB.