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GDS 58

L’ombre de l’arrêté IBR a plané sur l’assemblée générale

Le GDS de la Nièvre a tenu son assemblée générale, le 3 décembre au Marault, dans une atmosphère un peu plus électrique que d’accoutumée. Dans le contexte de la FCO, des difficultés économiques des élevages, des voix se sont faites entendre pour dénoncer le futur arrêté ministériel, annoncé comme imminent, en matière de lutte contre l’IBR.
Par Emmanuel Coulombeix
L’ombre de l’arrêté IBR  a plané sur l’assemblée générale
Un nombre conséquent d’éleveurs sont venus assister, le 3 décembre, à l’AG annuelle du GDS de la Nièvre, au Marault.
Il y avait du monde au Marault, la semaine dernière. Et l’ambiance était plus chaude que d’habitude. Outre les nouvelles modalités de cotisation au Fonds de mutualisation sanitaire (FMS devenu le FMGDS depuis décembre 2014), qui se traduisent par une augmentation totale de 4 centimes, et qui ont entraîné un vote à bulletins secrets, l’IBR s’est invitée dans les débats et a donné lieu à des échanges tendus. Pourtant, l’AG avait bien commencé, avec un rapport financier qui fait apparaître un résultat positif de 8935 euros alors que le budget avait été approuvé il y a un an avec un déficit prévisionnel de 51000 euros, et un état sanitaire qui, à part la crise de la FCO, n’a laissé la place à aucun problème particulier, jusqu’à fin août, en matière de Brucellose, de Leucose et de Tuberculose. A peine Alain Bonnel, dans son rapport d’activités, a-t-il fait état d’une légère érosion des effectifs de la section bovine, avec 2072 adhérents en 2014/2015 (contre 2095 en 2013/2014) et 371715 bovins cotisants (contre 374924 l’année d’avant). Et dans la section ovine et caprine, une remarquable stabilité prédomine avec 147 éleveurs ovins pour 15535 ovins et 23 éleveurs caprins pour 2420 carpins. Quant à la section porcine, rien à signaler, avec la même régularité    : 7 éleveurs pour 1029 truies et 5780 places d’engraissement. En revanche, dans son rapport moral, Jean-Michel Aucoin, le secrétaire général du GDS, a tenu un bilan en demie teinte de la première année d’existence du Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE, différent du FMS devenu le FMGDS) et de la mise en place de sa section ruminants dans la Nièvre. Seuls 60% des éleveurs pour moins de 55% des bovins y ont cotisé. En cause, «le déficit d’informations en provenance du niveau national explique ce résultat médiocre», selon lui.

IBR : l’agacement de la base
C’est toutefois l’IBR qui a suscité les tensions, la semaine dernière. Jean-Michel Aucoin a d’abord rappelé la genèse de l’action du GDS depuis 20 ans en faveur de l’assainissement. Rodolphe Morizot, le technicien, avait plus tôt présenté les statistiques 2015 : 71% d’élevage en plan, soit 966 élevages certifiés indemnes et 12 élevages contrôlés. C’est un chiffre encourageant, même s’il reste une grande marge d’amélioration, notamment par rapport aux autres départements bourguignons. Surtout, un éleveur présent a pris la parole pour exprimer son exaspération, alors qu’il a tout fait pour devenir indemne et que d’un coup, 70 de ses vaches ont été détectés lors d’analyses. Si les débats ont été vifs, certains parlant de «maladie commerciale», nombre d’adhérents ont revendiqué un délai d’adaptation, non seulement parce qu’on ne réforme pas de une à cinq vaches comme on le ferait pour 60 ou 70, et parce que, comme avec la FCO, les sérologies positives ne semblent pas provenir de tests fiables. Les vaccins, d’ailleurs, n’ont guère paru plus efficaces aux yeux des différents intervenants, le virus n’étant décelable que très difficilement après autopsie. Ce qui inquiète les adhérents du GDS, c’est la perspective de l’arrêté du ministre, annoncé comme imminent, qui devrait durcir les critères de qualification. Et qui explique sans doute l’appel des responsables du GDS en faveur d’un effort supplémentaire de la profession en la matière. Fort à parier que le sujet IBR risque encore de faire des vagues dans les cours de fermes nivernaises...