L’Isat prépare les charpentes du futur
La 2ème édition d’Univerbois a lieu à la ferme du Marault à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche. Ce vendredi 3 octobre est une journée dédiée aux scolaires et aux professionnels de la filière du département. Au cours d’une conférence, Stéphane Fontaine, directeur du laboratoire Drive EA1859 au sein de l’Isat de Nevers, dévoilera les recherches en cours sur les utilisations à venir des résineux de seconde qualité...
Depuis un an, le laboratoire Drive de l’Isat, et ses sept enseignants-chercheurs, testent les qualités de résistance du Douglas, associé à des matériaux composites à base de résine et de fibres de verre. «Nous avons commencé ces recherches sur nos fonds propres, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nevers et avec l’appui du Conseil général de la Nièvre» dévoile Stéphane Fontaine, le directeur. Celui-ci, au cours d’une conférence destinée aux professionnels de la filière bois, présente ce 3 octobre, dans le cadre d’Univerbois, les premiers résultats de ces recherches. «Des recherches qui intéressent les entreprises, par exemple Bongard Bazot et frères (BBF), parce que cela permettrait de valoriser ces résineux de qualité secondaire, qui pour le moment ne sont pas structuraux, c’est-à-dire qui ne tiennent pas l’effort, en les associant à des résineux de qualité primaire et/ou des matériaux composites à base de fibre de verre» explique-t-il. C’est ainsi que les meubles ou les charpentes du futur pourraient être fabriqués, sans risque de défaut de résistance, à partir de lamellé-collés composites, issus de la recherche. «Encore faut-il que le laboratoire, une fois les contraintes technologiques définies, puissent adapter des solutions rentables dans une logique de développement collectif ou de partenariat bipartite. Les entreprises nivernaises se montrent intéressées mais elles s’interrogent aussi sur leur capacité à injecter de l’argent» précise Stéphane Fontaine. Conjoncture oblige...
Eprouvettes et flexions
Depuis l’an dernier, les sept chercheurs, qui, en plus du bois-matériau, étudient aussi le bois-confort et le bois-énergie, ont donc fait des essais de résistance. Ce qu’ils appellent des éprouvettes, c’est-à-dire des échantillons de lamellé-collés à base de Douglas et de fibres de verre mélangées à de la résine, ont été par dizaines soumis à la machine de traction-compression. Avec de nouveaux réglages à chaque fois, et à raison de 30 minutes par test. «A chaque fois, nous avons créé des modèles numériques afin d’éviter de refaire les tests à chaque fois et pour connaître le processus de ruine de ces matériaux» dit le directeur du laboratoire. «Ainsi, nous pouvons savoir que dans des Douglas de qualité secondaire, les nœuds sont des sièges de faiblesse et nous avons vérifié que, durant les flexions à un ou quatre points, les fissures apparaissent systématiquement de noeud en noeud». De sorte qu’il sera possible de prévoir où les noeuds doivent être placés pour que les futurs produits ne soient sensibles à aucune fragilité... «Notre application première sera d’optimiser la qualité et la quantité de bois nécessaire pour obtenir une meilleure charpente et la moins chère possible» envisage-t-il.
C’est là qu’est le plus utilisé le lamellé-collé par les entreprises de la filière bois. Quand la recherche et développement et l’innovation, peuvent susciter des vocations économiques et des applications...