Viande bovine
L’impossible dialogue ?
Les difficultés s’amoncellent sur les éleveurs de vaches allaitantes. Sous la pression des blocages d’abattoirs, une réunion de crise s’est tenue le 12 mai sous l’égide du ministère de l’agriculture, avec l’ensemble des acteurs de la filière. Sans grand résultat.
Un mois pour convaincre... C’est le seul résultat de la réunion de crise qui s’est tenue le 12 mai au ministère de l’agriculture. Stéphane Le Foll n’a pu que conclure à l’impossibilité d’obtenir un résultat concret. Un nouveau rendez-vous est donc pris, dans un mois, avec une série de propositions concrètes exigées par le ministre afin que la filière apprenne enfin à travailler ensemble et à renouer le dialogue pour sortir de la crise.
Des prix déconnectés de la réalité
Depuis un an et demi, les producteurs peinent à couvrir leurs coûts de production. Pour Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, «il manque 0,60€/kg carcasse». Pour autant, les prix à la consommation ne baissent pas d’autant... Selon l’Observatoire des prix et des marges, en 2014, les prix à la production ont baissé de 6 à 8% , tandis que les prix au détail étaient «en hausse modérée» de 1%. Stéphane Le Foll parle de 300 millions d’euros qui se sont ainsi évaporés on ne sait dans quelle poche. Alors que les outils d’abattage-distribution arguent de leurs faibles marges (0,7 à 2%), le ministre demande que «les membres de la filière soient honnêtes les uns avec les autres et travaillent ensemble de manière beaucoup plus collective». Dans le même temps, il rappelle que «ce n’est pas le ministre qui décide du prix !».
Pour la FNB, les éleveurs sont devenus la variable d’ajustement de la filière en termes de marges. «Ils restent dans une filière qui cueille et qui ne se préoccupe pas de l’avenir» s’insurge Jean-Pierre Fleury en soulignant : «il y a une déconnection entre le prix à la production et à la consommation. On n’a jamais vu des rapports avec la distribution comme aujourd’hui». Les maillons grande distribution et abattage-transformation sont ainsi nettement pointés du doigt.
Du bon usage de l’interprofession
La balle serait-elle dans le camp de l’interprofession ? L’autorité de la concurrence renvoie la recherche d’une solution économiquement efficace à une interprofession élargie à la restauration et à toute la distribution. Stéphane Le Foll attend «des propositions concrètes et en appelle à la responsabilité de chacun» ; il annonce qu’une mission sera diligentée afin «d’évaluer l’impact de l’étiquetage des viandes en libre service dans la grande distribution sur les achats des consommateurs et les politiques d’achats des enseignes auprès des abatteurs». Il incite vivement les acteurs de la filière «à s’organiser afin de répondre aux attentes des consommateurs mais également pour saisir de nouvelles opportunités, tant sur le marché intérieur qu’à l’export». Le ministre énonce ainsi sa feuille de route, mais rien n’est vraiment réglé pour autant. Et il n’est pas dit que les éleveurs soient en mesure et en capacité de patienter encore...
Des prix déconnectés de la réalité
Depuis un an et demi, les producteurs peinent à couvrir leurs coûts de production. Pour Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, «il manque 0,60€/kg carcasse». Pour autant, les prix à la consommation ne baissent pas d’autant... Selon l’Observatoire des prix et des marges, en 2014, les prix à la production ont baissé de 6 à 8% , tandis que les prix au détail étaient «en hausse modérée» de 1%. Stéphane Le Foll parle de 300 millions d’euros qui se sont ainsi évaporés on ne sait dans quelle poche. Alors que les outils d’abattage-distribution arguent de leurs faibles marges (0,7 à 2%), le ministre demande que «les membres de la filière soient honnêtes les uns avec les autres et travaillent ensemble de manière beaucoup plus collective». Dans le même temps, il rappelle que «ce n’est pas le ministre qui décide du prix !».
Pour la FNB, les éleveurs sont devenus la variable d’ajustement de la filière en termes de marges. «Ils restent dans une filière qui cueille et qui ne se préoccupe pas de l’avenir» s’insurge Jean-Pierre Fleury en soulignant : «il y a une déconnection entre le prix à la production et à la consommation. On n’a jamais vu des rapports avec la distribution comme aujourd’hui». Les maillons grande distribution et abattage-transformation sont ainsi nettement pointés du doigt.
Du bon usage de l’interprofession
La balle serait-elle dans le camp de l’interprofession ? L’autorité de la concurrence renvoie la recherche d’une solution économiquement efficace à une interprofession élargie à la restauration et à toute la distribution. Stéphane Le Foll attend «des propositions concrètes et en appelle à la responsabilité de chacun» ; il annonce qu’une mission sera diligentée afin «d’évaluer l’impact de l’étiquetage des viandes en libre service dans la grande distribution sur les achats des consommateurs et les politiques d’achats des enseignes auprès des abatteurs». Il incite vivement les acteurs de la filière «à s’organiser afin de répondre aux attentes des consommateurs mais également pour saisir de nouvelles opportunités, tant sur le marché intérieur qu’à l’export». Le ministre énonce ainsi sa feuille de route, mais rien n’est vraiment réglé pour autant. Et il n’est pas dit que les éleveurs soient en mesure et en capacité de patienter encore...
Les exigences de la FNB
- Cotations : mise à plat des pratiques de l’aval quant aux prix transmis pour l’établissement des cotations, contrôles renforcés, révision des dispositions réglementaires pour assurer la fiabilité de ces indicateurs.
- Garantie de respect des règles de Présentation, Pesée et Classement des carcasses: révision de l’accord interprofessionnel régissant les modalités de la Pesée Classement Marquage pour améliorer la transparence et garantir l’équité.
- Contractualisation : «la filière doit être majeure» et s’engager sur de vrais modèles de contractualisation avec les éleveurs, prenant en compte les coûts de production.
- Renforcer la démarche Viande de France et conforter le marché intérieur :
La FNB demande de conforter la démarche Viande Bovine France par un socle assurant le consommateur d’un niveau qualitatif : sélection des carcasses pour le piécé, durée de maturation minimale, mention obligatoire de la catégorie et du type racial, révision des pratiques de l’aval dans la stratégie d’approvisionnement de la distribution conduisant à déséquilibrer l’équilibre-matière et dévaloriser le produit.
- Mise en avant des Races à Viande, avec l’impératif d’une action aboutissant à la revalorisation des prix de ce segment essentiel.
- Poursuite de l’action de reconquête de la RHD, par la mobilisation active des opérateurs de la filière, et de l’ensemble des acteurs publics, professionnels et interprofessionnels.
- Exportation sur Pays-tiers : les conditions sont réunies pour porter une politique active à l’exportation sur pays-tiers : marchés porteurs (Asie, Pourtour méditerranéen, …), meilleure parité euro-dollar, potentiel de la production française avec la diversité et la qualité de ses gammes de produits (bovins vifs, bovins finis, viandes). La FNB demande que les Pouvoirs publics renforcent leur action d’appui à l’exportation sur pays-tiers, et établisse le constat des freins actuels dans la filière pour accéder aux débouchés ouverts et potentiels.
- Garantie de respect des règles de Présentation, Pesée et Classement des carcasses: révision de l’accord interprofessionnel régissant les modalités de la Pesée Classement Marquage pour améliorer la transparence et garantir l’équité.
- Contractualisation : «la filière doit être majeure» et s’engager sur de vrais modèles de contractualisation avec les éleveurs, prenant en compte les coûts de production.
- Renforcer la démarche Viande de France et conforter le marché intérieur :
La FNB demande de conforter la démarche Viande Bovine France par un socle assurant le consommateur d’un niveau qualitatif : sélection des carcasses pour le piécé, durée de maturation minimale, mention obligatoire de la catégorie et du type racial, révision des pratiques de l’aval dans la stratégie d’approvisionnement de la distribution conduisant à déséquilibrer l’équilibre-matière et dévaloriser le produit.
- Mise en avant des Races à Viande, avec l’impératif d’une action aboutissant à la revalorisation des prix de ce segment essentiel.
- Poursuite de l’action de reconquête de la RHD, par la mobilisation active des opérateurs de la filière, et de l’ensemble des acteurs publics, professionnels et interprofessionnels.
- Exportation sur Pays-tiers : les conditions sont réunies pour porter une politique active à l’exportation sur pays-tiers : marchés porteurs (Asie, Pourtour méditerranéen, …), meilleure parité euro-dollar, potentiel de la production française avec la diversité et la qualité de ses gammes de produits (bovins vifs, bovins finis, viandes). La FNB demande que les Pouvoirs publics renforcent leur action d’appui à l’exportation sur pays-tiers, et établisse le constat des freins actuels dans la filière pour accéder aux débouchés ouverts et potentiels.