État des nappes phréatiques
L’humidité de 2016 permet un retour à la normale
Les nappes et les réserves des barrages avaient beaucoup souffert du manque de pluviométrie de l’automne. Avec deux mois de retard, la ressource a enfin profité de l’humidité du début de l’année pour se reconstituer.
Arnaud Vautier est formel : «Aujourd’hui (ndlr : le 22 février), la situation est presque compensée» !. L’ingénieur hydrologue de la Chambre d’agriculture de la Nièvre s’appuie sur une note récente de la Dreal pour annoncer la bonne nouvelle. Avec près de deux mois de retard, la ressource en eau dans la Nièvre a quasiment atteint son niveau médian. La nappe des calcaires de Bourgogne nivernaise, qui avait décru durant huit mois jusqu’à fin décembre, était passée à «un niveau bas de récurrence 5 ans», soit une «quinquennale sèche», c’est-à-dire statistiquement dans les 20% de niveaux les plus bas depuis 20 ans que le piézomètre de Bouhy sert de référence (celui d’Alligny, plus récent, est seulement indicatif). La Loire a eu soif depuis l’été et seules «les précipitations des mois de janvier et février ont entraîné une forte recharge en eau de la nappe». Selon le technicien, «depuis le 1er janvier qu’il a commencé à pleuvoir et que les précipitations sont régulières et assez abondantes, nous nous trouvons désormais à un niveau proche de sa valeur moyenne pluri-annuelle de février». Rien que la première semaine de janvier, il est tombé 100 mm d’eau sur le département ! Et, concernant le niveau des réserves au barrage de Villerest (Haute-Loire), qui alimente la ville de Clermont-Ferrand en eau potable et le débit de la Loire en aval, «nous en sommes à des niveaux de remplissage ordinaires». De bon augure pour la suite de la saison, même s’il faudrait «que nous ayons encore un peu de pluie, régulièrement, jusqu’au printemps».
Yonne et Allier : encore un peu d’eau !
Comme Villerest, les barrages de Pannecière, sur l’Yonne dans la Nièvre, et de Naussac, sur l’Allier dans l’Allier, affiche des niveaux plus raisonnables à cette période de la saison. «Pannecière a entièrement rattrapé le retard mais Naussac est encore un peu à la traine» nuance toutefois Arnaud Vautier. Si le premier, qui accusait deux mois de retard, a pu stocker 40 millions de m3 entre janvier et la première quinzaine de février, le barrage de Naussac, dont l’eau lâchée représente 40% du débit de l’Allier au Bec d’Allier, accuse des niveaux encore relativement faibles. «Jusqu’à 1,4 millions de m3 sont stockés par tranche de 24 heures... A ce rythme, trois mois de pompage sont encore nécessaires pour reconstituer les réserves en eau. La reconstitution complète de la retenue avant l’été est peu probable» indique la note de la Dreal. Le peu de pluie et la chaleur relative de l’automne a concerné toute la région et plus globalement toute la France et ce retour à une situation presque normale apaise les inquiétudes des usagers.
Conséquences pour les irrigants nivernais
Même si l’agriculture nivernaise ne pompe que peu d’eau, la situation de la ressource fin 2015 avait inquiété bon nombre des 120 irrigants du département, même s’ils ont l’habitude des aléas pluviométriques. Des restrictions avaient été instaurées sur l’Allier et la Loire, «qui sont d’habitude inexistantes» selon l’ingénieur de la Chambre d’agriculture, et cela même si la campagne d’irrigation, c’est-à-dire quand les besoins en eau sont essentiels, n’intervient qu’au printemps. «Sur deux mois, on était inquiets, sur quatre, on rattrape» résume Arnaud Vautier. Les nappes se reconstituent mais «il faudrait encore de la pluie au moins jusqu’à fin avril pour lever toute inquiétude». Les adhérents de l’ADMIEN sont aujourd’hui beaucoup plus sereins qu’en novembre dernier. Sont encore en tête les restrictions prises en 2015, certes sur la Canne et l’Aron et non pas la Loire, et qui avaient obligé deux irrigants à diminuer leur consommation de 50%. «L’un d’eux avait dû abandonner une parcelle» rappelle Arnaud Vautier qui précise toutefois que «ces deux cours d’eau sont toujours déficitaires et que les deux agriculteurs s’adaptent au manque de ressource, notamment en faisant des méteils qui lissent la consommation sur une période plus longue de l’année». En tout cas, le spectre d’une nouvelle sécheresse dans la Nièvre s’éloigne enfin... Pour l’instant.
Yonne et Allier : encore un peu d’eau !
Comme Villerest, les barrages de Pannecière, sur l’Yonne dans la Nièvre, et de Naussac, sur l’Allier dans l’Allier, affiche des niveaux plus raisonnables à cette période de la saison. «Pannecière a entièrement rattrapé le retard mais Naussac est encore un peu à la traine» nuance toutefois Arnaud Vautier. Si le premier, qui accusait deux mois de retard, a pu stocker 40 millions de m3 entre janvier et la première quinzaine de février, le barrage de Naussac, dont l’eau lâchée représente 40% du débit de l’Allier au Bec d’Allier, accuse des niveaux encore relativement faibles. «Jusqu’à 1,4 millions de m3 sont stockés par tranche de 24 heures... A ce rythme, trois mois de pompage sont encore nécessaires pour reconstituer les réserves en eau. La reconstitution complète de la retenue avant l’été est peu probable» indique la note de la Dreal. Le peu de pluie et la chaleur relative de l’automne a concerné toute la région et plus globalement toute la France et ce retour à une situation presque normale apaise les inquiétudes des usagers.
Conséquences pour les irrigants nivernais
Même si l’agriculture nivernaise ne pompe que peu d’eau, la situation de la ressource fin 2015 avait inquiété bon nombre des 120 irrigants du département, même s’ils ont l’habitude des aléas pluviométriques. Des restrictions avaient été instaurées sur l’Allier et la Loire, «qui sont d’habitude inexistantes» selon l’ingénieur de la Chambre d’agriculture, et cela même si la campagne d’irrigation, c’est-à-dire quand les besoins en eau sont essentiels, n’intervient qu’au printemps. «Sur deux mois, on était inquiets, sur quatre, on rattrape» résume Arnaud Vautier. Les nappes se reconstituent mais «il faudrait encore de la pluie au moins jusqu’à fin avril pour lever toute inquiétude». Les adhérents de l’ADMIEN sont aujourd’hui beaucoup plus sereins qu’en novembre dernier. Sont encore en tête les restrictions prises en 2015, certes sur la Canne et l’Aron et non pas la Loire, et qui avaient obligé deux irrigants à diminuer leur consommation de 50%. «L’un d’eux avait dû abandonner une parcelle» rappelle Arnaud Vautier qui précise toutefois que «ces deux cours d’eau sont toujours déficitaires et que les deux agriculteurs s’adaptent au manque de ressource, notamment en faisant des méteils qui lissent la consommation sur une période plus longue de l’année». En tout cas, le spectre d’une nouvelle sécheresse dans la Nièvre s’éloigne enfin... Pour l’instant.