Michèle Kirry dit au revoir à la Nièvre ce vendredi
L’ex-préfète ne veut pas partir sur un sentiment d’échec
La désormais ex-préfète de la Nièvre organise une cérémonie d’au-revoir, ce 24 octobre, dans les salons de la préfecture. Terres de Bourgogne lui a demandé ce qu’elle retenait de l’agriculture du département, dont elle a fait une de ses priorités durant 22 mois.
- Terres de Bourgogne: «Ce rendez-vous autour de la signature du Projet agricole départemental (PAD) a été improvisé en grande réunion de débriefing avec les organisations professionnelles et syndicales agricoles. Etait-ce nécessaire, après la manifestation du 15 octobre dernier et avant votre départ de la Nièvre?»
Michèle Kirry: «Je pars sans amertume. Grâce à cette réunion, je pars avec espoir pour l’avenir de l’agriculture. J’ai bien compris que tout le monde est malheureux. J’ai trouvé très honnête Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA58, qui exprimait son sentiment d’humilité. Il y aura d’autres blocages dans l’avenir mais dépassons-les et travaillons ensemble ! Je crois au discours des valeurs, celles qui évitent de faire de l’opposition systématique mais qui permettent d’avancer... Nous sommes prêts à entendre qu’il y a des choses à changer dans la manière de travailler des services de l’Etat».
- TdB : «Vous attendiez-vous aux débordements qui se sont produits lors de la dispersion de la manifestation et allez-vous, comme le maire de Nevers le laisse entendre, co-déposer plainte avec lui?»
M.K. : «Nous attendons une évaluation chiffrée des dégâts, mais comme il y a une certaine forme de ligne rouge qui a été franchie, je pense que oui. C’est dans la logique des choses. Je pense que les organisateurs eux-mêmes regrettent l’ampleur des débordements mais les habitants de Nevers ont été choqués. Et non, je ne m’y attendais pas. Je pense que cela témoigne d’une forme de désespérance. Raison de plus pour se parler ce soir, entre services de l’Etat, syndicats, élus qui doivent percoler au niveau de la base. Il ne faut pas ignorer le désespoir mais la société n’a rien à gagner dans le rejet».
- TdB : «Vous proposez, ce soir, une Charte des contrôles. Les agents de la DDT et de l’ARS envisagent de faire valoir un droit de retrait, suite au blocage syndical d’un contrôle à Lormes la semaine dernière. Les contrôles sont-ils suspendus dans la Nièvre?»
M.K. : «Comment peut-on envisager un seul instant, dans le cas particulier de la PAC, de prendre en otage l’agriculture ? Les contrôles PAC vont reprendre. C’est l’intérêt des agriculteurs, sinon ils perdraient leurs aides».
- TdB : «Plus généralement, selon vous, est-ce que le monde agricole sait faire partager ses difficultés au reste de la société?»
M.K. : «Il doit communiquer plus et mieux sur l’excellence de ses filières. C’est tout l’objet et l’action de ce PAD. L’agriculture doit se faire plus de publicité sur ses réussites, pas seulement occuper le terrain sur son malaise et ses revendications.»
- TdB : «Que retenez-vous de ces 22 mois passés aux côtés du monde agricole?»
M.K. : «L’agriculture a fait partie des dossiers les plus passionnants pour moi, très compliqué bien sûr, mais j’espère avoir imprimé l’image d’un préfet attentif au monde agricole. J’ai un grand respect pour ce métier, ne serait-ce que par mes attaches familiales, et puis j’ai été très heureuse de rencontrer telle jeune éleveuse de chèvres ou tel exploitant s’engageant dans les dispositifs de l’Etat. J’espère avoir donné le sentiment que j’ai compris les problèmes du monde agricole nivernais et que j’ai réussi à faire avancer sa cause ».
Michèle Kirry: «Je pars sans amertume. Grâce à cette réunion, je pars avec espoir pour l’avenir de l’agriculture. J’ai bien compris que tout le monde est malheureux. J’ai trouvé très honnête Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA58, qui exprimait son sentiment d’humilité. Il y aura d’autres blocages dans l’avenir mais dépassons-les et travaillons ensemble ! Je crois au discours des valeurs, celles qui évitent de faire de l’opposition systématique mais qui permettent d’avancer... Nous sommes prêts à entendre qu’il y a des choses à changer dans la manière de travailler des services de l’Etat».
- TdB : «Vous attendiez-vous aux débordements qui se sont produits lors de la dispersion de la manifestation et allez-vous, comme le maire de Nevers le laisse entendre, co-déposer plainte avec lui?»
M.K. : «Nous attendons une évaluation chiffrée des dégâts, mais comme il y a une certaine forme de ligne rouge qui a été franchie, je pense que oui. C’est dans la logique des choses. Je pense que les organisateurs eux-mêmes regrettent l’ampleur des débordements mais les habitants de Nevers ont été choqués. Et non, je ne m’y attendais pas. Je pense que cela témoigne d’une forme de désespérance. Raison de plus pour se parler ce soir, entre services de l’Etat, syndicats, élus qui doivent percoler au niveau de la base. Il ne faut pas ignorer le désespoir mais la société n’a rien à gagner dans le rejet».
- TdB : «Vous proposez, ce soir, une Charte des contrôles. Les agents de la DDT et de l’ARS envisagent de faire valoir un droit de retrait, suite au blocage syndical d’un contrôle à Lormes la semaine dernière. Les contrôles sont-ils suspendus dans la Nièvre?»
M.K. : «Comment peut-on envisager un seul instant, dans le cas particulier de la PAC, de prendre en otage l’agriculture ? Les contrôles PAC vont reprendre. C’est l’intérêt des agriculteurs, sinon ils perdraient leurs aides».
- TdB : «Plus généralement, selon vous, est-ce que le monde agricole sait faire partager ses difficultés au reste de la société?»
M.K. : «Il doit communiquer plus et mieux sur l’excellence de ses filières. C’est tout l’objet et l’action de ce PAD. L’agriculture doit se faire plus de publicité sur ses réussites, pas seulement occuper le terrain sur son malaise et ses revendications.»
- TdB : «Que retenez-vous de ces 22 mois passés aux côtés du monde agricole?»
M.K. : «L’agriculture a fait partie des dossiers les plus passionnants pour moi, très compliqué bien sûr, mais j’espère avoir imprimé l’image d’un préfet attentif au monde agricole. J’ai un grand respect pour ce métier, ne serait-ce que par mes attaches familiales, et puis j’ai été très heureuse de rencontrer telle jeune éleveuse de chèvres ou tel exploitant s’engageant dans les dispositifs de l’Etat. J’espère avoir donné le sentiment que j’ai compris les problèmes du monde agricole nivernais et que j’ai réussi à faire avancer sa cause ».