Blocage de l'aide alimentaire
L'Europe prête à couper les vivres aux pauvres ?
La réunion de la dernière chance pour maintenir le programme européen d'aide alimentaire aux pauvres n'a pas abouti. La minorité de blocage tient bon et refuse que cette aide soit tirée des fonds agricoles.
C'était la réunion de la dernière chance et elle n'a laissé aucune chance aux défenseurs du programme européen d'aide alimentaire aux pauvres. En dépit des pressions des Etats comme la France, des ONG, de syndicats comme la FNSEA... la minorité de blocage emmenée par l'Allemagne a tenu bon et campé sur ses positions : l'aide financière qui permet d'acheter des denrées alimentaires sur le marché pour compenser la faiblesse des stocks alimentaires européens, est une aide purement sociale qui [I]«aurait perdu tout lien avec la politique agricole commune»[i] et enfreindrait les principes de l'OMC. Arc-boutés sur l'arrêt de la Cour européenne de Justice qui leur a donné raison, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la République Tchèque, continuent de faire valoir que les programmes alimentaires ne doivent plus dépendre de la politique agricole commune, en l'absence de stocks d'intervention. La position de la République Tchèque ne semble cependant pas tout-à-fait aussi arrêtée que celles des autres pays contestataires, son ralliement à la majorité permettrait d'éliminer la minorité de blocage. Mais ce n'est pas pour demain et la prochaine décision est reportée au Conseil des ministres en octobre.
Pourtant dans leur grande majorité, les pays européens ont fait valoir «la nécessité d'apporter une réponse immédiate aux besoins des personnes les plus démunies» a martelé Dacian Ciolos. Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture français soutenu par la Belgique et l'Espagne, a marqué sa ferme opposition [I]«à la suppression et à la renationalisation de cette mesure»[i]. Cet abandon des pauvres a-t-il fait valoir, serait le retour de l'Europe des égoïsmes contre l'Europe de la Solidarité. Nicolas Sakozy est également intervenu, depuis l'Elysée, en faveur du maintien du niveau d'aide européen. Car tout l'enjeu est là, l'enveloppe européenne si elle devait revenir au niveau des stocks existants passerait de 480 millions d'euros annuels à 113,5 millions d'euros. Pour les associations concernées par l'aide alimentaire c'est un véritable [I]«tsunami alimentaire[i]. Dix-neuf des vingt-sept États de la communauté européenne en profitent directement, en tête desquels l'Italie, la Pologne et la France. Mais ces deux dernières années, le niveau des stocks était si bas qu'il a fallu compenser par d'importants achats de nourriture à destination des banques alimentaires. D'où l'attitude des États constituant la minorité de blocage qui se défendent de n'avoir rien [I]«contre l'aide aux nécessiteux»[i] mais considèrent que [I]«cela relève de la politique sociale, qui est du ressort des États membres»[i]. Faut-il rappeler, comme Rachida Dati, qu'en Europe 80 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ? Les organisations caritatives maintiennent la pression et en appellent à une solution rapide. Face à cette situation inédite et tragique, beaucoup estiment que la honte le dispute à l'hypocrisie et redoutent [I]«une crise humanitaire dès 2012»[i].
Pourtant dans leur grande majorité, les pays européens ont fait valoir «la nécessité d'apporter une réponse immédiate aux besoins des personnes les plus démunies» a martelé Dacian Ciolos. Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture français soutenu par la Belgique et l'Espagne, a marqué sa ferme opposition [I]«à la suppression et à la renationalisation de cette mesure»[i]. Cet abandon des pauvres a-t-il fait valoir, serait le retour de l'Europe des égoïsmes contre l'Europe de la Solidarité. Nicolas Sakozy est également intervenu, depuis l'Elysée, en faveur du maintien du niveau d'aide européen. Car tout l'enjeu est là, l'enveloppe européenne si elle devait revenir au niveau des stocks existants passerait de 480 millions d'euros annuels à 113,5 millions d'euros. Pour les associations concernées par l'aide alimentaire c'est un véritable [I]«tsunami alimentaire[i]. Dix-neuf des vingt-sept États de la communauté européenne en profitent directement, en tête desquels l'Italie, la Pologne et la France. Mais ces deux dernières années, le niveau des stocks était si bas qu'il a fallu compenser par d'importants achats de nourriture à destination des banques alimentaires. D'où l'attitude des États constituant la minorité de blocage qui se défendent de n'avoir rien [I]«contre l'aide aux nécessiteux»[i] mais considèrent que [I]«cela relève de la politique sociale, qui est du ressort des États membres»[i]. Faut-il rappeler, comme Rachida Dati, qu'en Europe 80 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ? Les organisations caritatives maintiennent la pression et en appellent à une solution rapide. Face à cette situation inédite et tragique, beaucoup estiment que la honte le dispute à l'hypocrisie et redoutent [I]«une crise humanitaire dès 2012»[i].