Exemple d’une démarche collective réussie
L’entretien de La Cressonne, en bonne entente avec l’administration
Une dizaine d’agriculteurs du sud de la Nièvre, entre Montambert et Saint-Hilaire, ont réalisé plus de 2,5 km d’entretien de la rivière La Cressonne, le mois dernier. Issue d’une réflexion collective et soutenue par la Chambre d’agriculture, cette démarche a fait l’objet d’un travail croisé avec la DDT. En toute bonne entente...
C’est un exemple, ou du moins un contre-exemple. Celui d’une approche environnementale partagée à la fois par des agriculteurs et l’administration, en accord avec la Chambre d’agriculture de la Nièvre. Par les temps qui courent, cela mérite donc d’être signalé. Tout commence au printemps 2013 quand le lit de la rivière La Cressonne, entre Montambert et Saint-Hilaire, à la frontière avec la Saône-et-Loire, a débordé à trois reprises, inondant les prés et les champs d’une dizaine d’agriculteurs locaux. «Des arbres, des souches, des embâcles empêchaient l’eau de s’écouler» témoigne aujourd’hui Michel de Beaumesnil, l’un des exploitants concernés. Conscients du problème et voulant à tout prix éviter un casse-tête avec l’administration, les quatre exploitants et deux propriétaires riverains du début sont d’abord allés demander un soutien auprès du président de la Chambre d’agriculture, en vue de préparer des travaux. La Cressonne, qui avait été revue et calibrée en 1974 n’avait jamais fait l’objet du moindre entretien depuis. «Là, Eric Bertrand nous a dit que la Chambre d’agriculture était prête à nous soutenir à une seule condition: que nous engagions une démarche collective» se souvient M. de Beaumesnil. Dès le début 2014, les agriculteurs se sont donc regroupés en association, l’Association des propriétaires et exploitants du bord de la rivière La Cressonne, et ont immédiatement saisi la DDT de la Nièvre du problème. «Nous ne nous sommes pas emballés pour faire le travail mais début janvier, un agent de la DDT, Alban Petibout, est venu constater sur le terrain».
2,5 km d’entretien de la rivière
L’association, dont le bureau compte 6 membres fondateurs pour le double d’adhérents, a aussitôt questionné l’administration sur le point de savoir «ce qu’il était possible de faire». Bernard Gautheron, son président, et Michel de Beaumesnil, son secrétaire général, sont immédiatement revenus à la charge, en réclamant à la DDT que «nous n’ayons pas 36 interlocuteurs, notamment du fait que La Cressonne sert de limite administrative entre la Nièvre et la Saône-et-Loire». La DDT et la Chambre ont marché ! Et la DDT de la Nièvre s’est chargée de prendre attache avec son homologue de Saône-et-Loire, afin de devenir une sorte de guichet unique, «qui nous a pilotés». Début septembre, une deuxième réunion a donc eu lieu sur place, durant laquelle «la DDT nous a fait un cours magistral sur ce qu’il était possible et ce qu’il n’était pas possible de faire le long de 50 mètres de rivières» explique le secrétaire général de l’association. «çà vous coupez, çà non» nous ont dits les agents. «Ils nous ont indiqué deux interdits: ne pas creuser la rivière et ne pas toucher les berges pour ne pas les déstabiliser». Et de fait, les choses étant plus claires dans leur esprit, les agriculteurs regroupés ont entamé les travaux d’entretien. «Durant dix jours, nous avons sorti les embâcles, ébranché, et l’entreprise de travaux agricoles de Bernard Gautheron, avec ses deux salariés et la pelle, nous a permis de finir l’entretien». 2,5 km ont été réalisés, entre le pont de la D979 et le pont de la D30. «Début octobre, la DDT est revenue et nous a dit que nous avions bien travaillé» se réjouit Michel de Beaumesnil.
«Collectivement, on arrive à discuter !»
Un exemple de coopération que l’agriculteur se plaît à mettre en avant : «c’est la preuve qu’en matière environnementale, on peut faire. Qu’avec et grâce à une action collective qui dépasse le seul intérêt de ceux qui s’y investissent, on arrive à discuter avec l’administration !» La démarche en commun a ainsi eu plus de portée, donc plus de retentissement et donc plus de légitimité que si chacun avait fait son affaire dans son coin. «Il faut reconnaître que notre mauvaise connaissance de la loi et de la police de l’eau empêche souvent les agriculteurs d’entrevoir des solutions et entraîne un moindre entretien des cours d’eau, alors qu’ils en ont besoin» souligne Michel de Beaumesnil. A raison de 250 mètres par jour, la pelle a retiré de nombreux rejets., qui ont été pris en charge, une fois sortis, par les exploitants sur leurs parcelles. «Plus que tout, notre action a permis de rapprocher les points de vue de deux techniciens, Alban Petitbout pour la DDT et Etienne Bourgy pour la Chambre d’agriculture, de sorte que nous savions où nous mettions les pieds. En demandant conseil, tout n’est pas noir» témoigne M. de Beaumesnil. «Dès le 12 octobre, nous avons constaté tout le bienfait de notre action. Il est tombé beaucoup de pluie entre 17 et 21h ce jour-là et alors qu’habituellement, La Cressonne aurait débordé, là non !» La mission accomplie, l’association entrevoit encore des travaux d’empierrement des abreuvoirs, pour lesquels «la DDT est partante mais pour lesquels nous devons trouver un financement de l’ordre de 10 000 euros» prévoit l’agriculteur. Mais là, c’est déjà presque un problème de «riche»...
2,5 km d’entretien de la rivière
L’association, dont le bureau compte 6 membres fondateurs pour le double d’adhérents, a aussitôt questionné l’administration sur le point de savoir «ce qu’il était possible de faire». Bernard Gautheron, son président, et Michel de Beaumesnil, son secrétaire général, sont immédiatement revenus à la charge, en réclamant à la DDT que «nous n’ayons pas 36 interlocuteurs, notamment du fait que La Cressonne sert de limite administrative entre la Nièvre et la Saône-et-Loire». La DDT et la Chambre ont marché ! Et la DDT de la Nièvre s’est chargée de prendre attache avec son homologue de Saône-et-Loire, afin de devenir une sorte de guichet unique, «qui nous a pilotés». Début septembre, une deuxième réunion a donc eu lieu sur place, durant laquelle «la DDT nous a fait un cours magistral sur ce qu’il était possible et ce qu’il n’était pas possible de faire le long de 50 mètres de rivières» explique le secrétaire général de l’association. «çà vous coupez, çà non» nous ont dits les agents. «Ils nous ont indiqué deux interdits: ne pas creuser la rivière et ne pas toucher les berges pour ne pas les déstabiliser». Et de fait, les choses étant plus claires dans leur esprit, les agriculteurs regroupés ont entamé les travaux d’entretien. «Durant dix jours, nous avons sorti les embâcles, ébranché, et l’entreprise de travaux agricoles de Bernard Gautheron, avec ses deux salariés et la pelle, nous a permis de finir l’entretien». 2,5 km ont été réalisés, entre le pont de la D979 et le pont de la D30. «Début octobre, la DDT est revenue et nous a dit que nous avions bien travaillé» se réjouit Michel de Beaumesnil.
«Collectivement, on arrive à discuter !»
Un exemple de coopération que l’agriculteur se plaît à mettre en avant : «c’est la preuve qu’en matière environnementale, on peut faire. Qu’avec et grâce à une action collective qui dépasse le seul intérêt de ceux qui s’y investissent, on arrive à discuter avec l’administration !» La démarche en commun a ainsi eu plus de portée, donc plus de retentissement et donc plus de légitimité que si chacun avait fait son affaire dans son coin. «Il faut reconnaître que notre mauvaise connaissance de la loi et de la police de l’eau empêche souvent les agriculteurs d’entrevoir des solutions et entraîne un moindre entretien des cours d’eau, alors qu’ils en ont besoin» souligne Michel de Beaumesnil. A raison de 250 mètres par jour, la pelle a retiré de nombreux rejets., qui ont été pris en charge, une fois sortis, par les exploitants sur leurs parcelles. «Plus que tout, notre action a permis de rapprocher les points de vue de deux techniciens, Alban Petitbout pour la DDT et Etienne Bourgy pour la Chambre d’agriculture, de sorte que nous savions où nous mettions les pieds. En demandant conseil, tout n’est pas noir» témoigne M. de Beaumesnil. «Dès le 12 octobre, nous avons constaté tout le bienfait de notre action. Il est tombé beaucoup de pluie entre 17 et 21h ce jour-là et alors qu’habituellement, La Cressonne aurait débordé, là non !» La mission accomplie, l’association entrevoit encore des travaux d’empierrement des abreuvoirs, pour lesquels «la DDT est partante mais pour lesquels nous devons trouver un financement de l’ordre de 10 000 euros» prévoit l’agriculteur. Mais là, c’est déjà presque un problème de «riche»...