Élections 2015 à la MSA Bourgogne
L’enjeu de la participation, condition du maintien du régime agricole ?
Il ne faut pas s’y tromper. Le processus électoral de renouvellement des délégués et administrateurs de la MSA est tout sauf anodin. Il y va de la légitimité des futurs élus, mais -plus encore- de la pérennité de ce régime social unique en son genre.
Une vingtaine d’adhérents de la MSA des cantons de La Charité, Prémery, Guérigny et Pougues-les-Eaux se sont retrouvés, jeudi 6 novembre en fin d’après-midi, dans la salle des fêtes de la commune de Parigny-les-Vaux. Invités par les dirigeants de l’organisme social dans la Nièvre, ils venaient écouter les modalités du prochain scrutin, un rappel sur le rôle de la MSA, les missions confiées aux délégués et aux administrateurs et le calendrier pratique de ce vote qui, pour la première fois, se passera aussi sur internet, pour ceux qui préféreraient le devoir numérique plutôt que le bon vieux bulletin par La Poste. Et c’est tout sauf un hasard si, autour de la table, pour cette ultime réunion de préparation dans la Nièvre (l’une des 31 tenues en Bourgogne par la MSA durant l’automne), se trouvaient là Claire Bruandet, présidente du Comité départemental, Marie-Claude Pradines, sous-directrice nivernaise, chargée de «l’action sociale» à l’échelon régional, Maryline Bodier, animatrice de l’échelon local dans la Nièvre et l’Yonne, et peut-être surtout Alain Dutertre, salarié retraité d’une coopérative viticole icaunaise qui achève son ultime mandat de vice-président de l’organisme social régional. L’élu s’est d’ailleurs empressé de rappeler les trois enjeux de cette phase électorale qui démarre: «mobiliser, trouver des candidats en nombre dans les cantons, obtenir un bon taux de participation»...
Guichet unique et particularité agricole
Tandis que Maryline Bodier, à l’aide d’un diaporama, informait ou rappelait que «pour un 1 euro de cotisation, 4 euros sont reversés en prestations» par la MSA, et cela au nom de la compensation démographique issue de l’après-guerre, Alain Dutertre précisait que «le régime agricole est le deuxième régime après le régime général et que nous tenons à le rester». Dans son rétroviseur, il avait les chiffres de la participation aux dernières élections de 2010, qui étaient de 39% au niveau national et d’un peu plus de 38% à l’échelle de la Bourgogne. Ce qui lui a fait dire que «nous avons connu pas mal d’attaques et que des voix dans les hautes sphères de l’État ont envisagé de nous fusionner avec le régime général. Cette fois, nous serons très regardés et si la participation n’est pas au rendez-vous, certains ministres demanderont pourquoi nous conserver» a-t-il lancé, tout en estimant «qu’un bon taux démontrera notre attachement à la MSA, d’autant plus dans ce contexte de chute de la démographie agricole, et à ses deux grands atouts : le guichet unique (ndlr : pour la santé, la famille, la retraite, les cotisations, le contrôle médical, l’action sociale et la sécurité au travail, quand les organismes du régime général sont éclatés) et notre processus de désignation démocratique»... La mobilisation est donc essentielle et devra se traduire par un nombre significatif de bulletins de vote.
Système envié mais chancelant
Les responsables de la MSA ont rappelé que «notre système démocratique est envié, lui qui organise des élections internes tous les cinq ans depuis 1949, avec une répartition dans trois collèges, et une représentation par étage, des échelons cantonal et départemental, aux échelons régional, national et central». 57 échelons locaux sont représentés en Bourgogne, dont 10 dans la Nièvre. Et Alain Dutertre d’insister sur l’importance de trouver des candidats prompts à «être le relais de la MSA auprès des adhérents, à porter des projets locaux, à faire vivre le mutualisme»... Au cours des réunions de préparation, comme à Parigny-les-Vaux, des voix se sont fait entendre pour souligner le manque d’assiduité d’une partie des administrateurs sortants et du manque de bonnes volontés... Et puis, une vingtaine de participants par réunion, à un niveau parfois inter-cantonal, c’est relativement peu... C’est qu’en matière sociale comme ailleurs, le civisme et l’engagement collectif semblent progressivement s’estomper au profit d’un individualisme grandissant, inspiré par des relations de plus en plus commerciales... Il devient donc urgent que, dans chaque collège -le 2ème, celui des 42% d’adhérents salariés comme les 1er et le 3ème, ceux des exploitants non employeurs et des employeurs de main d’œuvre- des bonnes volontés se fassent connaître. Les scrutins, de liste à la proportionnelle dans le cas des salariés, majoritaires à un tour dans les deux autres, seront dépouillés et dévoilés le 3 février 2015. D’ici-là, les votes se dérouleront (enveloppe T ou vote électronique) entre le 12 et le 27 janvier 2015. Les candidatures, elles, doivent parvenir avant le 19 décembre 2014. Il ne reste donc qu’un peu plus d’un mois pour trouver les futurs élus, piliers d’un mutualisme agricole, certes un peu chancelant, mais particulièrement visionnaire et adapté aux enjeux du monde productif agricole.
Plus d’informations sur les élections à la MSA sur le site ici
Guichet unique et particularité agricole
Tandis que Maryline Bodier, à l’aide d’un diaporama, informait ou rappelait que «pour un 1 euro de cotisation, 4 euros sont reversés en prestations» par la MSA, et cela au nom de la compensation démographique issue de l’après-guerre, Alain Dutertre précisait que «le régime agricole est le deuxième régime après le régime général et que nous tenons à le rester». Dans son rétroviseur, il avait les chiffres de la participation aux dernières élections de 2010, qui étaient de 39% au niveau national et d’un peu plus de 38% à l’échelle de la Bourgogne. Ce qui lui a fait dire que «nous avons connu pas mal d’attaques et que des voix dans les hautes sphères de l’État ont envisagé de nous fusionner avec le régime général. Cette fois, nous serons très regardés et si la participation n’est pas au rendez-vous, certains ministres demanderont pourquoi nous conserver» a-t-il lancé, tout en estimant «qu’un bon taux démontrera notre attachement à la MSA, d’autant plus dans ce contexte de chute de la démographie agricole, et à ses deux grands atouts : le guichet unique (ndlr : pour la santé, la famille, la retraite, les cotisations, le contrôle médical, l’action sociale et la sécurité au travail, quand les organismes du régime général sont éclatés) et notre processus de désignation démocratique»... La mobilisation est donc essentielle et devra se traduire par un nombre significatif de bulletins de vote.
Système envié mais chancelant
Les responsables de la MSA ont rappelé que «notre système démocratique est envié, lui qui organise des élections internes tous les cinq ans depuis 1949, avec une répartition dans trois collèges, et une représentation par étage, des échelons cantonal et départemental, aux échelons régional, national et central». 57 échelons locaux sont représentés en Bourgogne, dont 10 dans la Nièvre. Et Alain Dutertre d’insister sur l’importance de trouver des candidats prompts à «être le relais de la MSA auprès des adhérents, à porter des projets locaux, à faire vivre le mutualisme»... Au cours des réunions de préparation, comme à Parigny-les-Vaux, des voix se sont fait entendre pour souligner le manque d’assiduité d’une partie des administrateurs sortants et du manque de bonnes volontés... Et puis, une vingtaine de participants par réunion, à un niveau parfois inter-cantonal, c’est relativement peu... C’est qu’en matière sociale comme ailleurs, le civisme et l’engagement collectif semblent progressivement s’estomper au profit d’un individualisme grandissant, inspiré par des relations de plus en plus commerciales... Il devient donc urgent que, dans chaque collège -le 2ème, celui des 42% d’adhérents salariés comme les 1er et le 3ème, ceux des exploitants non employeurs et des employeurs de main d’œuvre- des bonnes volontés se fassent connaître. Les scrutins, de liste à la proportionnelle dans le cas des salariés, majoritaires à un tour dans les deux autres, seront dépouillés et dévoilés le 3 février 2015. D’ici-là, les votes se dérouleront (enveloppe T ou vote électronique) entre le 12 et le 27 janvier 2015. Les candidatures, elles, doivent parvenir avant le 19 décembre 2014. Il ne reste donc qu’un peu plus d’un mois pour trouver les futurs élus, piliers d’un mutualisme agricole, certes un peu chancelant, mais particulièrement visionnaire et adapté aux enjeux du monde productif agricole.
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