Colloque emploi à Dijon
L'emploi en milieu rural passe-t-il par un travail partagé ?
Le premier des colloques régionaux sur l'emploi organisés par la FNSEA s'est déroulé le 19 octobre dernier à Dijon. Au programme de la journée, deux tables rondes, auxquelles ont participé plusieurs professionnels de Bourgogne et Franche-Comté. Retour sur celle de la matinée qui avait pour thème «l'emploi en milieu rural, sa place et ses enjeux».
Aujourd'hui, l'espace rural n'est plus obligatoirement synonyme d'espace agricole et a perdu une part non négligeable de son tissu économique au profit d'autres usages. La mutation née du divorce entre rural et agricole fait qu'aujourd'hui, les agriculteurs sont loin de détenir le monopole de l'activité. Quelles sont les difficultés de l'emploi en milieu rural, comment le maintenir et le développer... ? Autant de sujets abordés par les intervenants à la table ronde matinale sur le thème de [I]«l'emploi en milieu rural, sa place et ses enjeux»[i]. àtaient présents : Jean-Paul Bouveresse, éleveur laitier, vice- président du groupement d'employeurs régional de Franche Comté, Jean-Louis Lopez, DRH de la Société agroalimentaire Amiotte, Jean Girardon, maire de Mon-Saint-Vincent en Saône et Loire et vice-président de l'association des Maires de France, Gilles Duquet, membre de la Commission Nationale Emploi à la FNSEA et Jean-Michel Loiseau, délégué CGC.
[INTER]Difficile de recruter en CDD sur des métiers spécifiques[inter]
L'intercommunalité peut-elle être l'un des moyens d'appréhender la question de l'emploi en milieu rural ? C'est semble-t-il l'avis du maire de Mont Saint Vincent, pour qui : [I]«le monde agricole est l'un des secteurs économiques ayant connu depuis 50 ans une évolution comparable à aucun autre secteur d'activité, que ce soit en terme de mutation de l'emploi comme de déplacement de l'emploi»[i]. Si hier les emplois étaient surtout sur les exploitations, ils se sont aujourd'hui en partie déplacés sur des structures périphériques. La spécificité du monde agricole avec ses activités saisonnières est d'engendrer un nombre conséquent de contrats à durée déterminée. D'où certaines difficultés à fidéliser et retenir localement des salariés en recherche d'emploi. D'autant que, rappelle Gilles Duquet, [I]«on ne sait plus très bien ce que veut dire le métier d'agriculture et la connaissance qu'en a le grand public passe encore trop souvent par une image vieillotte et passée de mode»[i].
Un sentiment partagé par Jean-Michel Loiseau, pour qui : [I]«il faudrait sensibiliser les jeunes scolaires dès le moment de leur orientation. Les médias véhiculent encore trop l'image de commis de culture et d'agriculture polluante»[i] Au-delà du déficit d'image, il n'est pas toujours facile de recruter des personnes compétentes en CDD, sur des métiers spécifiques. L'agriculture aurait, selon le représentant syndical CGC, [I]«tout intérêt à mener un travail sur elle-même, à l'image de ce qui s'est fait il y a une quinzaine d'années dans le secteur bâtiment, qui a su depuis, revaloriser ses métiers, notamment par de meilleurs salaires et des compétences accrues...»[i]
[INTER]L'avenir passe-t-il par les groupements d'employeurs ?[inter]
Si les services de remplacement répondent à des besoins de main d'œuvre pour motifs essentiellement sociaux, comme la maladie, l'accident ou la maternité, de plus en plus de groupements d'employeurs voient le jour, avec comme intérêt principal pour l'exploitant, d'embaucher au plus proche de ses besoins. Vice-président d'un groupement d'employeurs régional de Franche-Comté, Jean-Paul Bouveresse a témoigné sur le sujet : [I]«l'objectif est bien d'offrir ainsi en CDI l'équivalent d'un travail temps plein, qui permettra au salarié de s'installer et d'investir localement. Les inquiétudes du début se sont envolées, le système est tout à fait compatible avec un service de remplacement... On est dans le même bateau et on a tout intérêt à s'entendre. Pourquoi même ne pas aller plus loin et avoir des salariés communs ?»[i] Une intervention au diapason de celle de Jean-Louis Lopez, qui a rappelé que le GER permettait à des employés de l'entreprise de cumuler un travail dans l'agroalimentaire à l'automne, période de pointe, tout en travaillant chez des horticulteurs l'été. Pas toujours facile pour autant de conjuguer emplois public et privé, comme l'a souligné Francis Letellier, président de la FRSEA Bourgogne mais aussi membre d'un groupement d'employeurs local dans son village de Puisaye : [I]«ma commune de 500 habitants compte deux salariés en emploi aidé. Le problème est aujourd'hui que le statut d'un salarié communal n'est pas le même que celui d'un salarié classique et on se heurte en la matière à la législation. Pour exemple, aucun ne conduit la débroussailleuse de la Cuma, à laquelle adhère la commune et cette année, pas de débroussaillage !»[i]
Agriculteur en Haute-Saône et employeur de main d'œuvre, Philippe interpelle la tribune : [I]«CDD, CDI, GPE.., tous les acteurs de ces secteurs sont différents et les intérêts de chacun pas tous identiques. Doit-on aujourd'hui promouvoir la multiplication des emplois en CDI ou multiplier le nombre d'exploitations... ?»[i] Un sujet qui n'est pas sans conséquence sur l'avenir même de l'agriculture. Le mot de la fin à Alex Sontag, directeur de la FRSEA de Franche-Comté et administrateur d'un GER : [I]«soyons suffisamment mûrs pour ne pas opposer les systèmes et les gens les uns aux autres et essayons avant tout de rendre service ! Le salarié est une solution, le Gaec ou les Cuma en sont d'autres, tous ces systèmes doivent cohabiter, ayons l'intelligence de le faire dans le respect de chacun !»[i]
[INTER]Difficile de recruter en CDD sur des métiers spécifiques[inter]
L'intercommunalité peut-elle être l'un des moyens d'appréhender la question de l'emploi en milieu rural ? C'est semble-t-il l'avis du maire de Mont Saint Vincent, pour qui : [I]«le monde agricole est l'un des secteurs économiques ayant connu depuis 50 ans une évolution comparable à aucun autre secteur d'activité, que ce soit en terme de mutation de l'emploi comme de déplacement de l'emploi»[i]. Si hier les emplois étaient surtout sur les exploitations, ils se sont aujourd'hui en partie déplacés sur des structures périphériques. La spécificité du monde agricole avec ses activités saisonnières est d'engendrer un nombre conséquent de contrats à durée déterminée. D'où certaines difficultés à fidéliser et retenir localement des salariés en recherche d'emploi. D'autant que, rappelle Gilles Duquet, [I]«on ne sait plus très bien ce que veut dire le métier d'agriculture et la connaissance qu'en a le grand public passe encore trop souvent par une image vieillotte et passée de mode»[i].
Un sentiment partagé par Jean-Michel Loiseau, pour qui : [I]«il faudrait sensibiliser les jeunes scolaires dès le moment de leur orientation. Les médias véhiculent encore trop l'image de commis de culture et d'agriculture polluante»[i] Au-delà du déficit d'image, il n'est pas toujours facile de recruter des personnes compétentes en CDD, sur des métiers spécifiques. L'agriculture aurait, selon le représentant syndical CGC, [I]«tout intérêt à mener un travail sur elle-même, à l'image de ce qui s'est fait il y a une quinzaine d'années dans le secteur bâtiment, qui a su depuis, revaloriser ses métiers, notamment par de meilleurs salaires et des compétences accrues...»[i]
[INTER]L'avenir passe-t-il par les groupements d'employeurs ?[inter]
Si les services de remplacement répondent à des besoins de main d'œuvre pour motifs essentiellement sociaux, comme la maladie, l'accident ou la maternité, de plus en plus de groupements d'employeurs voient le jour, avec comme intérêt principal pour l'exploitant, d'embaucher au plus proche de ses besoins. Vice-président d'un groupement d'employeurs régional de Franche-Comté, Jean-Paul Bouveresse a témoigné sur le sujet : [I]«l'objectif est bien d'offrir ainsi en CDI l'équivalent d'un travail temps plein, qui permettra au salarié de s'installer et d'investir localement. Les inquiétudes du début se sont envolées, le système est tout à fait compatible avec un service de remplacement... On est dans le même bateau et on a tout intérêt à s'entendre. Pourquoi même ne pas aller plus loin et avoir des salariés communs ?»[i] Une intervention au diapason de celle de Jean-Louis Lopez, qui a rappelé que le GER permettait à des employés de l'entreprise de cumuler un travail dans l'agroalimentaire à l'automne, période de pointe, tout en travaillant chez des horticulteurs l'été. Pas toujours facile pour autant de conjuguer emplois public et privé, comme l'a souligné Francis Letellier, président de la FRSEA Bourgogne mais aussi membre d'un groupement d'employeurs local dans son village de Puisaye : [I]«ma commune de 500 habitants compte deux salariés en emploi aidé. Le problème est aujourd'hui que le statut d'un salarié communal n'est pas le même que celui d'un salarié classique et on se heurte en la matière à la législation. Pour exemple, aucun ne conduit la débroussailleuse de la Cuma, à laquelle adhère la commune et cette année, pas de débroussaillage !»[i]
Agriculteur en Haute-Saône et employeur de main d'œuvre, Philippe interpelle la tribune : [I]«CDD, CDI, GPE.., tous les acteurs de ces secteurs sont différents et les intérêts de chacun pas tous identiques. Doit-on aujourd'hui promouvoir la multiplication des emplois en CDI ou multiplier le nombre d'exploitations... ?»[i] Un sujet qui n'est pas sans conséquence sur l'avenir même de l'agriculture. Le mot de la fin à Alex Sontag, directeur de la FRSEA de Franche-Comté et administrateur d'un GER : [I]«soyons suffisamment mûrs pour ne pas opposer les systèmes et les gens les uns aux autres et essayons avant tout de rendre service ! Le salarié est une solution, le Gaec ou les Cuma en sont d'autres, tous ces systèmes doivent cohabiter, ayons l'intelligence de le faire dans le respect de chacun !»[i]