Emploi
«L’emploi, avant d’être du papier, c’est avant tout de l’humain»
La soirée Agir pour l’emploi organisée par la FDSEA mercredi 10 mai, a permis de faire le point sur les principales préoccupations des employeurs, et les revendications du syndicat. Compte pénibilité, TVA sociale, développement du CICE... sont quelques uns des sujets phares qui ont pu être abordés en présence de Jérôme Volle, président de la commission emploi de la FNSEA. Mathilde Lafaye, présidente de la commission emploi de la FDSEA 58, nous apporte son éclairage.
• Quelles sont les principales pistes de travail au niveau de l’emploi ?
Mathilde Lafaye : «Nous souhaitons le développement du CICE, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, est l’une d’entre elles. C’est une remise fiscale accordée aux employeurs proportionnellement à leur masse salariale, un point de vigilance pour la FNSEA. Un autre gros sujet de négociation à venir est la réécriture des conventions collectives. Aujourd’hui on a des conventions par zone géographique et type de métier.
Demain on aura des conventions par branches d’activité. Dans l’agriculture, on a 140 conventions collectives territoriales qui vont devoir se fondre en une seule, donc il faut savoir comment vont se traiter les spécificités géographiques».
• Qu’en est-il de la TVA sociale ?
M.L : «La FNSEA se positionne en faveur de cette TVA qui viendrait recréer une concurrence équitable. Il s’agit en effet d’un impôt qui serait prélevé sur toutes les consommations et non pas sur les produits d’importations uniquement et qui servirait à financer une partie des prestations sociales. Au lieu de prendre cet argent sur les cotisations sociales patronales, on le prendrait sur l’ensemble des consommations françaises et étrangères».
• Quelle est la position du syndicat par rapport au compte pénibilité ?
M.L. : «La FNSEA s’oppose à ce compte et demande à revoir le dispositif pour qu’il soit applicable. Cette nouvelle loi a pour objectif d’identifier les métiers pénibles selon 10 facteurs, que l’employeur devra déclarer au cas par cas pour chaque salarié.
Ce qui va impliquer une cotisation patronale additionnelle de 0,2 à 0,4% par salarié. Aujourd’hui on remet en cause trois facteurs qui ne sont pas applicables dans nos exploitations : agents techniques dangereux, vibrations mécaniques et postures pénibles. On se demande d’un point de vue juridique qui sera en mesure de juger de ces choses là».
• Quelles sont les principales préoccupations qui vous sont remontées par les employeurs ?
M.L. : «C’est la difficulté à trouver des gens pour travailler sur nos exploitations ceci en parallèle d’un fort taux de chômage. Il y a inadéquation entre l’offre et la demande. Les chômeurs ne trouvent pas de travail mais les employeurs ne trouvent pas de salariés. Les employeurs ne trouvent pas de salariés pour différentes raisons : d’une part une mauvaise image du métier, d’autre part un manque de formation pour les travaux agricoles. Tout le monde ne sait pas conduire un tracteur et n’est pas à l’aise avec les animaux.
Il y a un gros souci de formation et de mise en adéquation des marchés. Il faut que l’on travaille en collectif avec Pôle Emploi et les établissements scolaires. Vendredi 28 avril, nous avons rencontré le Préfet afin de voir avec lui comment avancer pour mieux faire connaître nos métiers et former des gens au niveau local sans avoir à passer par des BTS et autres formations longues».
• C’est votre défi pour les années à venir ?
M.L. : «Il faut que l’on reste vigilant car pour les employeurs, les responsabilités sont très lourdes. Tout nous est reprochable et on aimerait bien être un peu plus soutenu quand on nous demande de faire baisser le chômage. On aimerait être reconnu dans notre rôle d’employeur comme dynamisant le territoire et créant de la valeur».
• C’est justement l’une des missions de la FDSEA ?
M.L. : «Oui, et c’est pour cela que la FDSEA propose des prestations afin d’accompagner les employeurs. Rédaction du contrat de travail, négociation des avenants, rupture de contrat, fiche de paie, rédaction du document unique d’évaluation du risque en sont quelques-unes. Le service emploi à la FDSEA de la Nièvre a pour mission d’accompagner les employeurs dans leurs missions réglementaires, administratives et au niveau des relations humaines. L’emploi, avant d’être du papier, c’est avant tout de l’humain».
• Qu’attendez-vous de notre nouveau président, Emmanuel Macron ?
M.L. : «Il faut garder l’espoir. L’agriculture est en difficulté et l’agriculture a besoin de l’Europe. Nous allons agir auprès du président pour qu’il prenne conscience des sujets sur lesquels nous devons travailler. C’est tout l’intérêt d’un syndicat, qui n’est pas là pour attendre mais pour faire bouger les choses».
Mathilde Lafaye : «Nous souhaitons le développement du CICE, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, est l’une d’entre elles. C’est une remise fiscale accordée aux employeurs proportionnellement à leur masse salariale, un point de vigilance pour la FNSEA. Un autre gros sujet de négociation à venir est la réécriture des conventions collectives. Aujourd’hui on a des conventions par zone géographique et type de métier.
Demain on aura des conventions par branches d’activité. Dans l’agriculture, on a 140 conventions collectives territoriales qui vont devoir se fondre en une seule, donc il faut savoir comment vont se traiter les spécificités géographiques».
• Qu’en est-il de la TVA sociale ?
M.L : «La FNSEA se positionne en faveur de cette TVA qui viendrait recréer une concurrence équitable. Il s’agit en effet d’un impôt qui serait prélevé sur toutes les consommations et non pas sur les produits d’importations uniquement et qui servirait à financer une partie des prestations sociales. Au lieu de prendre cet argent sur les cotisations sociales patronales, on le prendrait sur l’ensemble des consommations françaises et étrangères».
• Quelle est la position du syndicat par rapport au compte pénibilité ?
M.L. : «La FNSEA s’oppose à ce compte et demande à revoir le dispositif pour qu’il soit applicable. Cette nouvelle loi a pour objectif d’identifier les métiers pénibles selon 10 facteurs, que l’employeur devra déclarer au cas par cas pour chaque salarié.
Ce qui va impliquer une cotisation patronale additionnelle de 0,2 à 0,4% par salarié. Aujourd’hui on remet en cause trois facteurs qui ne sont pas applicables dans nos exploitations : agents techniques dangereux, vibrations mécaniques et postures pénibles. On se demande d’un point de vue juridique qui sera en mesure de juger de ces choses là».
• Quelles sont les principales préoccupations qui vous sont remontées par les employeurs ?
M.L. : «C’est la difficulté à trouver des gens pour travailler sur nos exploitations ceci en parallèle d’un fort taux de chômage. Il y a inadéquation entre l’offre et la demande. Les chômeurs ne trouvent pas de travail mais les employeurs ne trouvent pas de salariés. Les employeurs ne trouvent pas de salariés pour différentes raisons : d’une part une mauvaise image du métier, d’autre part un manque de formation pour les travaux agricoles. Tout le monde ne sait pas conduire un tracteur et n’est pas à l’aise avec les animaux.
Il y a un gros souci de formation et de mise en adéquation des marchés. Il faut que l’on travaille en collectif avec Pôle Emploi et les établissements scolaires. Vendredi 28 avril, nous avons rencontré le Préfet afin de voir avec lui comment avancer pour mieux faire connaître nos métiers et former des gens au niveau local sans avoir à passer par des BTS et autres formations longues».
• C’est votre défi pour les années à venir ?
M.L. : «Il faut que l’on reste vigilant car pour les employeurs, les responsabilités sont très lourdes. Tout nous est reprochable et on aimerait bien être un peu plus soutenu quand on nous demande de faire baisser le chômage. On aimerait être reconnu dans notre rôle d’employeur comme dynamisant le territoire et créant de la valeur».
• C’est justement l’une des missions de la FDSEA ?
M.L. : «Oui, et c’est pour cela que la FDSEA propose des prestations afin d’accompagner les employeurs. Rédaction du contrat de travail, négociation des avenants, rupture de contrat, fiche de paie, rédaction du document unique d’évaluation du risque en sont quelques-unes. Le service emploi à la FDSEA de la Nièvre a pour mission d’accompagner les employeurs dans leurs missions réglementaires, administratives et au niveau des relations humaines. L’emploi, avant d’être du papier, c’est avant tout de l’humain».
• Qu’attendez-vous de notre nouveau président, Emmanuel Macron ?
M.L. : «Il faut garder l’espoir. L’agriculture est en difficulté et l’agriculture a besoin de l’Europe. Nous allons agir auprès du président pour qu’il prenne conscience des sujets sur lesquels nous devons travailler. C’est tout l’intérêt d’un syndicat, qui n’est pas là pour attendre mais pour faire bouger les choses».