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Élevage

L’élevage Nivernais à l’heure du marché mondial

A l’invitation de la section bovine de la FDSEA de la Nièvre et en partenariat avec le Crédit Agricole, une soixantaine d’éleveurs du Centre et du Sud-Nivernais, ont pris part, le 17 juin dernier, à une soirée d’information et d’échanges avec les responsables professionnels. Accords transatlantiques et marché Turc était au menu.
Par S.L – FDSEA 58
C’est accueilli par les caméras de la télévision publique Canadienne que les participants à cette soirée ont pris place dans la salle des fêtes de Cercy la Tour en cette chaude soirée printanière. Si le temps sec du moment était au centre des préoccupations de ce début de soirée, très vite les éleveurs se sont exportés vers des cieux plus lointains, mais malgré tout prégnants dans le quotidien de leurs exploitations : l’actuelle négociation des accords transatlantiques et les potentialités de développement du marché Turc en matière de viande bovine.

[INTER]Des perspectives de développement sur le marché mondial[inter]
Acte un de cette soirée animée par Emmanuel Bernard, président de la section bovine de la FDSEA et secrétaire général adjoint de la FNB, zoom sur le marché mondial de la viande bovine. Revenant tour à tour sur la consommation de viande bovine, les niveaux de production tendanciellement orientés à la baisse dans le monde et les évolutions démographiques et sociales des pays émergents, une conclusion s’impose : l’offre se tend et la demande explose. Les signaux sont au vert !

[INTER]Produire dans un contexte concurrentiel sain : Possible ou pas ?[inter]
En parallèle et alors que de véritables opportunités de marché se dégagent, des éléments indépendants du seul marché et pesant lourdement sur l’économie des filières d’élevage interfèrent. Illustration à l’appui, Emmanuel Bernard est successivement revenu sur trois principaux points d’entorse de la concurrence avec le continent Américain, eux-mêmes négociés par la commission Européenne avec le Mercosur, les USA et le Canada ! Hormones, activateurs de croissance, acide lactique répandu sur les carcasses des bovins, élevage en feedlots, dommages environnementaux, couts de production divisés par deux … Autant de points d’achoppements pour l’élevage français et sa filière qui, au travers d’un court-métrage diffusé au cours de la soirée aura permis aux éleveurs de constater que sur ces sujets, la profession, au travers d’Interbev, se mobilise âprement. Le risque cumulé, c’est 30 0000 tonnes de viandes ne répondant à aucun des standards imposés aux éleveurs français qui inonderaient notre marché. Rien n’est perdu mais le plus dur reste à faire pour la filière.

[INTER]Turquie : Une stratégie à construire par la filière[inter]
La soirée s’est enfin clôturée sur une note d’optimisme au travers de la présentation par le président de la section bovine de la FDSEA des opportunités de développement à l’export sur le marché Turc, potentiel exutoire de marchandise française, à quelques heures de bateau seulement des ports Français. Avec une croissance moyenne de 5 % par an, un pouvoir d’achat en hausse, une économie dynamique et une évolution démographique insolente, la Turquie, non auto-suffisante en matière de viande bovine, exprime aujourd’hui un besoin estimé à 200 000 têtes de bovins, avec la volonté affirmée de continuer à faire tourner son économie locale, ses outils industriels et de ne pas déstabiliser sa production. Au carrefour du Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Europe de l’Est, la Turquie représente pour les opérateurs français un enjeu stratégique où la concurrence étrangère sera néanmoins rude. A la filière de prendre ses responsabilités. Les éleveurs sont eux prêts à relever le défi !