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Après 35 ans de service à la Chambre d’agriculture

L’au-revoir à Joël Caniou

Pas moins de trois présidents de Chambre, de nombreux élus, collaborateurs et responsables de l’institution consulaire et des OPA du département ont assisté, le 29 janvier, au pot de départ en retraite de Joël Caniou.
Par Emmanuel Coulombeix
L’au-revoir à Joël Caniou
Joël Caniou (en pull rayé gris, à gauche) a écouté éric Bertrand retracer son parcours professionnel, en présence de deux autres anciens présidents de la Chambre d’agriculture et de nombreux élus et collaborateurs.
L’ambiance était aussi chaleureuse que l’image du responsable sur le départ engageait au respect et à la sympathie. Joël Caniou, le M. «Formation professionnelle agricole» de la Chambre d’agriculture, est officiellement en retraite depuis le 24 décembre dernier. «Dans l’après-midi mais il n’y avait pas grand monde pour le voir» a-t-il plaisanté, jeudi 29 janvier, quand les élus et les collaborateurs de la Chambre ainsi qu’un panel très représentatif des organisations professionnelles nivernaises sont venus lui dire au-revoir.

Président en titre, c’est Eric Bertrand qui s’est chargé de retracer le parcours professionnel du désormais ex-chef de service : «déjà 35 ans que tut travailles à nos côtés. Tu étais là avant que je n’arrive à la Chambre d’agriculture» a salué le président de la Chambre, non sans remarquer un fait très exceptionnel : «la présence simultanée de trois présidents de la Chambre».

Paul Cointe et Jean Adam, qu’a fréquentés Joël Caniou tout au long de ces années, entouraient Eric Bertrand, pour cette cérémonie conviviale et emprunte de nostalgie.

Major de l’Enita Dijon
Après un premier poste d’enseignant des matières techniques et économiques au lycée agricole et au CFA de Magny-Cours (devenu Legta de Challuy ensuite), Joël Caniou a d’abord suivi des études d’ingénieur à Dijon, dont il est sorti major de sa promotion, en rédigeant un mémoire de fin d’études sur «la recherche et l’expérimentation en fabrication fromagère».

C’est à l’Enita que ce Normand d’origine «a rencontré une étudiante nivernaise, Marie-Pierre», qui est devenue son épouse. Eric Bertrand a donc tenu à associer la femme de Joël Caniou à l’hommage rendu à son mari. C’est donc tout frais promu que le jeune Joël a été recruté, en janvier 1981, en qualité d’animateur-formateur, sous l’autorité de Jean-Pierre Mathely. «Tu as toujours essayé de mettre en place et respecter la politique de formation arrêtée par la profession. Cela n’a pas été un fleuve tranquille» a souligné Eric Bertrand.

Puis, à la fin des années 80, sous la responsabilité de Guy de Valmont, Joël Caniou a assuré des missions d’agent de développement rural, «afin de satisfaire la volonté de la profession de prendre en considération l’ensemble des activités du monde rural».

En juillet 1993, il est nommé Chef du service formation (Suafi), cette nouvelle responsabilité hiérarchique et opérationnelle ne l’empêchant pas de suivre de façon efficace et constructive de nombreux dossiers tant au niveau de la Nièvre qu’à l’échelle de la Bourgogne.

Outre les trois présidents déjà cités, Joël Caniou a travaillé avec
cinq directeurs et chefs de service (André Denier, Jean-Pierre Havage, Pierre Balique, Jean-Pierre Mathely et Guy de Valmont) mais, dixit Eric Bertrand, «je pense aussi à tes nombreux collègues et collaborateurs avec qui tu as toujours eu un sens de l’écoute et du respect au-delà des exigences».

Le président de la Chambre d’agriculture a tenu, avant de remettre les traditionnels cadeaux, d’adresser un dernier «merci» tout particulier à
Joël Caniou : «Merci pour ton travail et ton implication pour le pilotage, avec ton équipe, du projet agricole départemental (PAD) qui va orienter nos travaux dans les prochaines années».

«Joie de travailler avec les agriculteurs et les salariés»
A tout seigneur, tout honneur : le nouveau retraité a donc pris la parole, afin de porter la conclusion ultime sur ses 35 ans de travail à la Chambre. «Le goût de rencontrer les gens dans leurs fermes, privilégier l’action collective, et développer les relations humaines», tel est le cap que Joël Caniou s’est fixé tout au long de sa carrière.

Que ce soit avec les collectivités locales, les services de l’Etat, les partenaires financiers, la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne, dont François Roze, le directeur, a été l’un des élèves de Joël Caniou en «phyto», les contacts professionnels du chef de service ont toujours été nombreux et constructifs.

Ils étaient d’ailleurs nombreux, jeudi dernier, à venir le saluer, de Daniel Barbier, vice-président du Conseil général à Hubert Goglins et Joël Plu, de la DDT, en passant par Jean-Luc Leroy (Safer) ou Alexandre Lorré (JA 58). Liste non exhaustive... Dans une intervention de dix minutes, Joël Caniou y a appelé «en six points plus un» ce qu’il retenait de son passage. «C’était une joie de travailler avec les agriculteurs et les salariés... mais aussi avec les acteurs du développement économique... C’était une joie de travailler avec les responsables professionnels mais aussi des services et des autorités... C’était une joie de travailler avec mes collègues, avec un esprit respectueux, équitable et loyal! La fin d’activité a été un peu difficile, du fait de soucis de santé et d’un peu d’usure -la vie avec Marie-Pierre me confirme le bien-fondé d’être rentré à la maison- et parce que la valeur d’une entreprise repose sur la valeur des collaborateurs multipliée par la valeur du management et que je n’étais plus capable de valoriser le travail de mes collaborateurs. J’ai préféré cesser. J’ai aussi eu la joie de transmettre à Jocelyn Kerleaux, ce qui a facilité mon lâcher-prise» a-t-il énuméré. Avant de rappeler les valeurs humanistes qui tiennent particulièrement à cœur à ce catholique pratiquant : «le mutualisme, la coopération et la solidarité sont des valeurs plus que jamais d’actualité. Chacun reconnaît l’importance du développement durable   : n’oublions pas les hommes, tous les hommes !»