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Vente directe :

l’appui d’une marque, le soutien du collectif

Engagé dans une réflexion sur la vente directe très en amont de la création de la SARL «Morvan nature et saveurs» qu’il gère avec deux autres éleveurs associés, Michel Loison a défini son modèle de développement sur le long cours.
Par Anne-Marie Klein
l’appui d’une marque, le soutien du collectif
Michel Loison et l’animatrice de Morvan Terroir, association qui fait la promotion des produits et savoir-faire du Morvan.
La vente directe cela ne s’improvise pas et, même soutenu par une marque bien installée comme celle du Parc du Morvan,  cela reste une aventure dont les contraintes poussent rapidement certains éleveurs vers la sortie. Aujourd’hui la SARL Morvan Nature et Saveurs est bien rodée. Elle a trouvé sa vitesse de croisière à raison de trois vaches abattues et piécées sous vide par mois (une bête par exploitation), vendues soit à des particuliers, soit à des cuisines collectives d’établissements d’enseignement ou de maisons de retraite. «Nous avons un seul fichier client pour les trois exploitations» témoigne Michel Loison, «avec différents points de retrait pour les colis, l’approvisionnement de deux collèges à Château-Chinon et Montsauche et de deux maisons de retraite». Côté logistique, la SARL peut compter sur le soutien de l’association Morvan Terroir et son réseau de boutiques et points de vente et une notoriété installée au travers de la marque Parc du Morvan. «Il faut beaucoup travailler la logistique et les approvisionnements, pour être en mesure de répondre aux demandes. Il faut surtout bien mesurer son développement» prévient Michel Loison en indiquant qu’il n’est pas question de s’engager vers plus de ventes et un accroissement non maîtrisé du portefeuille client, car cela nécessiterait un tout autre niveau d’organisation pour la société. Autre constat : «sans l’appui du collectif» (soutien associatif, organisation sociétaire, risques et produits partagés...) «le développement actuel n’aurait pas été possible».
Au final, les comptes plaident en faveur de cette diversification et la plus-value est au rendez-vous. Charges déduites (dont 1000 euros environ par animal rien qu’en frais d’abattage) on ne roule pas sur l’or, mais les associés trouvent là une rémunération supplémentaire. «Il nous reste encore à faire des progrès sur le plan de la communication et de la logistique» constate Michel Loison, ce qui nécessite d’investir du temps et de s’investir encore un peu plus.  Sans oublier qu’en matière de vente directe, il est un aspect sur lequel un producteur ne peut pas transiger et doit rester inflexible : c’est celui de la qualité. «Dans les élevages on avait tendance à négliger un peu le grain de viande, en vente directe c’est un atout majeur», la qualité prime sur tout le reste.