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En démonstration hier à Saxi-Bourdon

L’applatisseur-boudineur qui facilite l’autonomie alimentaire

Jeudi 30 juillet, Yves Guy, éleveur-engraisseur en Gaec avec son fils sur la commune de Saxi-Bourdon et pionnier de l’engraissement, a organisé chez lui une démonstration d’applatisseur-boudineur. un matériel qui permet de simplifier le travail et d’optimiser ses coûts.
Par Emmanuel Coulombeix
«Dans la vie, il faut oser, avoir du courage et de l’imagination» lance Yves Guy. Rappelant que les prix de la viande sont aujourd’hui au même niveau que quand il a commencé en 1980, alors que les charges ont depuis explosé, l’engraisseur de Saxi-Bourdon, aujourd’hui associé à son fils, est un éleveur malin qui s’applique à lui-même ce qu’il prône pour le monde agricole. «J’ai commencé avec une pèle et une pioche» dit-il humblement. Chaque hiver, désormais, il nourrit plusieurs centaines de bovins, sans s’étendre sur la réussite qu’il a construite peu à peu.
Dès les années 80, il a été parmi les pionniers de l’engraissement dans la Nièvre. Ce qui l’a conduit à faire des choix optimaux en matière d’équilibre technico-économique. Cette fois-ci, avec la Cuma du Mâchuré qu’il préside, il envisage d’investir dans un broyeur-boudineur qui simplifierait et réduirait les coûts de l’alimentation de ses bêtes. Il a demandé à l’un des constructeursde venir en faire une démonstration sur sa ferme. Pour ses collègues adhérents de la Cuma et pour quelques voisins...

Contrôle des mélanges et stockage facile
L’investissement n’est pas anodin  : il faudrait compter autour de 40 000 euros pour se procurer le matériel, selon la marque choisie. Un effort financier qu’Yves Guy n’envisage que si la Cuma peut obtenir des subventions. «Soit par le Conseil régional, soit dans le cadre d’un agrément en Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE)» précise Benjamin Pinel, de la Fédération Cuma Bourgogne antenne Nièvre, qui est chargé de monter le dossier. Yves Guy, qui espère attirer de nouveaux adhérents dans sa coopérative de matériel, souhaite convaincre ses collègues, comme lui-même l’est déjà, que ce nouveau matériel leur permettrait d’optimiser leurs résultats économiques. «Dès 1980, j’ai fait de l’ensilage de maïs et je suis aujourd’hui complètement autonome pour l’alimentation, sauf pour la protéine. Avec ce broyeur-boudineur, je pourrais faire du pois et de la féverole qui enrichiraient les rations» indique-t-il. Avec la nouvelle Pac, «il faut rechercher l’autonomie alimentaire et protéique. Je ne sais pas si ce serait aussi efficace qu’avec du soja mais acheter pour 500 euros/t de produit, çà ne peut plus aller» D’où l’idée de réaliser lui-même ses mélanges, avec ses céréales à sec (triticale, blé, orge et maïs grain) puis de les stocker, comme dans des silos, grâce aux boudins d’1,5 m de large sur 50 m de long que propose cette solution technique. «On peut y mettre du maïs à 40% d’humidité sans que cela pourrisse» s’enthousiasme Yves Guy et «cela va fermenter, comme un ensilage, ce qui va accroître la valeur nutritive!» Simple et sans trop de main d’œuvre, «on peut préparer un mois de ration en une matinée» prévoit-il, ce qui est sans doute un argument-phare pour convaincre ses co-adhérents de la Cuma, même si ces éleveurs ne sont pas engraisseurs...

Economies substantielles
Yves Guy, avec Benjamin Pinel, fait ses comptes. «Etre autonome, produire chez soi à l’économie» rentabiliserait assez vite l’investissement de départ. Pour le broyage et la mise en boudins, il évoque un coût ramené à 3 euros/t, à comparer aux 32 euros/t qu’il débourse pour le moment en passant par une coopérative (broyage, mélange, transport), sans savoir toujours quelle est la valeur des composants des mélanges. «C’est bien sûr un investissement, mais ce seraient aussi plusieurs dizaines d’euros d’économies, même s’il faut payer la machine» dit l’engraisseur de Saxi-Bourdon. Pour rechercher «le prix de revient le plus minime possible, compte-tenu du débit important (30 à 40 t/h), de la mobilité de la machine et de la maîtrise des rations, la Cuma devrait accueillir de nouveaux adhérents afin de rendre le coût de l’utilisation moindre» dit-il. Du coup, cette technique qui n’est pas pratiquée dans la Nièvre, mais qui se révèle simple et  économique, sans chambouler les pratiques, devrait séduire d’autres éleveurs. Maïs, pulpe et azote l’été dans le nourrisseur n’auront plus de secret pour les adhérents de la Cuma de Mâchuré. Les visiteurs du Gaec d’Yves Guy et de son fils ont pu en mesurer les avantages en situation... Avant de prendre une prochaine décision.