Salon
L’agriculture française affirme sa diversité à Milan
L’Exposition universelle a ouvert ses portes début mai, et pour six mois. Visite à l’occasion de l’inauguration.
Pour les 140 pays présents à Milan, les dernières heures avant l’ouverture de l’Exposition universelle ont été chargées. Malgré des retards importants dans certains pavillons, les 110 ha du site ont finalement pu accueillir le public, mais aussi les nombreux politiques présents le 1er mai, pour l’inauguration officielle.
Même si Stéphane Le Foll reconnaît que la France s’est un temps interrogée sur sa présence sur le site, ce n’est pas sans fierté que le ministre de l’Agriculture a inauguré, vendredi 1er mai, le pavillon France à l’Exposition universelle de Milan. «Nous avons au final un des pavillons les moins chers, et qui figure pourtant dans les préférés» explique Stéphane Le Foll, comme pour justifier la dépense des quelque 20 millions d’euros que représente le pavillon. «C’est un message au monde entier» ajoute le ministre avant d’insister sur la sécurité alimentaire et la durabilité de l’agriculture. «Comment nourrir la planète, c’est vraiment le défi de ce siècle» ajoute Ségolène Royal. La ministre de l’écologie était elle aussi présente à l’inauguration. «Nous voulons montrer que l’intelligence humaine est capable d’y répondre, en prenant en compte les différentes fragilités». À quelques mois de la conférence sur le climat, Ségolène Royal a souhaité rappeler que «des solutions existent». «Les thèmes que nous aborderons lors de cop21 seront voisins» évoque Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.
Au-delà de l’exposition au sens propre réalisée par chaque pays, comme une vitrine à l’international, le thème de l’exposition («nourrir la planète») permet de découvrir comment chaque pays présent (140) voit et conçoit son agriculture, et la gastronomie. Si la Russie met en scène la chimie, l’Argentine se place clairement en grenier du monde, avec son pavillon en forme de silos, alors que l’Italie préfère axer ses différents pavillons sur le produit final, l’alimentaire. Du côté de la France, c’est finalement le lien entre une agriculture très diversifiée, l’agro-alimentaire et la convivialité de la gastronomie qui est mis en scène. «Le modèle Français, c’est la diversité» martèle Stéphane Le Foll. Devant le bâtiment, une soixantaine de variétés de céréales, plants de légumes, fruits, arbres et autres vignes ont été disposés. «La France ne se place pas ici dans l’objectif de «nourrir la planète», nous ne sommes pas les Brésiliens !» lance Alain Berger, commissaire général de la France pour l’Exposition universelle.
Des visions différentes de l’agriculture
Un modèle agricole très lié au modèle alimentaire au sein du pavillon France. «Nous devons produire plus et mieux, avec moins d’impact» ajoute Hubert Garaud, président de Terrena. Il insiste sur la nécessaire évolution de l’agriculture. «Ne croyons pas trop que nous sommes les plus forts ! La France peut rester maître de la gastronomie, mais il faut se remettre en cause. En 2008, lorsque nous avons lancé l’agriculture écologiquement intensive, on s’est vite aperçu que les agriculteurs étaient réceptifs, et allaient même parfois plus vite». Une évolution également soulignée par Alain Blogowski, conseiller scientifique d’Alain Berger. «La vraie question désormais, c’est d’aller de la fourchette à la fourche. Nous avons par exemple réussi à vendre du foie gras au Japon, quand nous y avons ajouté du wasabi… C’est un exemple qui montre bien qu’il ne faut pas se contenter de nos acquis». Une gastronomie également évoquée par Catherine Dumas. L’ancienne sénatrice de Paris est l’une des initiatrices du classement de la gastronomie Française à l’Unesco. «L’agriculture et l’alimentaire, c’est un ensemble. Il y a un lien très fort entre l’agriculture et les Français».
Reste qu’au sein de l’Exposition universelle, le monde animal est très absent - règles d’hygiène obligent - mais les hommes et femmes qui font l’agriculture et l’alimentaire aussi. Dommage.
Lien de l'exposition expo2015
Même si Stéphane Le Foll reconnaît que la France s’est un temps interrogée sur sa présence sur le site, ce n’est pas sans fierté que le ministre de l’Agriculture a inauguré, vendredi 1er mai, le pavillon France à l’Exposition universelle de Milan. «Nous avons au final un des pavillons les moins chers, et qui figure pourtant dans les préférés» explique Stéphane Le Foll, comme pour justifier la dépense des quelque 20 millions d’euros que représente le pavillon. «C’est un message au monde entier» ajoute le ministre avant d’insister sur la sécurité alimentaire et la durabilité de l’agriculture. «Comment nourrir la planète, c’est vraiment le défi de ce siècle» ajoute Ségolène Royal. La ministre de l’écologie était elle aussi présente à l’inauguration. «Nous voulons montrer que l’intelligence humaine est capable d’y répondre, en prenant en compte les différentes fragilités». À quelques mois de la conférence sur le climat, Ségolène Royal a souhaité rappeler que «des solutions existent». «Les thèmes que nous aborderons lors de cop21 seront voisins» évoque Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.
Au-delà de l’exposition au sens propre réalisée par chaque pays, comme une vitrine à l’international, le thème de l’exposition («nourrir la planète») permet de découvrir comment chaque pays présent (140) voit et conçoit son agriculture, et la gastronomie. Si la Russie met en scène la chimie, l’Argentine se place clairement en grenier du monde, avec son pavillon en forme de silos, alors que l’Italie préfère axer ses différents pavillons sur le produit final, l’alimentaire. Du côté de la France, c’est finalement le lien entre une agriculture très diversifiée, l’agro-alimentaire et la convivialité de la gastronomie qui est mis en scène. «Le modèle Français, c’est la diversité» martèle Stéphane Le Foll. Devant le bâtiment, une soixantaine de variétés de céréales, plants de légumes, fruits, arbres et autres vignes ont été disposés. «La France ne se place pas ici dans l’objectif de «nourrir la planète», nous ne sommes pas les Brésiliens !» lance Alain Berger, commissaire général de la France pour l’Exposition universelle.
Des visions différentes de l’agriculture
Un modèle agricole très lié au modèle alimentaire au sein du pavillon France. «Nous devons produire plus et mieux, avec moins d’impact» ajoute Hubert Garaud, président de Terrena. Il insiste sur la nécessaire évolution de l’agriculture. «Ne croyons pas trop que nous sommes les plus forts ! La France peut rester maître de la gastronomie, mais il faut se remettre en cause. En 2008, lorsque nous avons lancé l’agriculture écologiquement intensive, on s’est vite aperçu que les agriculteurs étaient réceptifs, et allaient même parfois plus vite». Une évolution également soulignée par Alain Blogowski, conseiller scientifique d’Alain Berger. «La vraie question désormais, c’est d’aller de la fourchette à la fourche. Nous avons par exemple réussi à vendre du foie gras au Japon, quand nous y avons ajouté du wasabi… C’est un exemple qui montre bien qu’il ne faut pas se contenter de nos acquis». Une gastronomie également évoquée par Catherine Dumas. L’ancienne sénatrice de Paris est l’une des initiatrices du classement de la gastronomie Française à l’Unesco. «L’agriculture et l’alimentaire, c’est un ensemble. Il y a un lien très fort entre l’agriculture et les Français».
Reste qu’au sein de l’Exposition universelle, le monde animal est très absent - règles d’hygiène obligent - mais les hommes et femmes qui font l’agriculture et l’alimentaire aussi. Dommage.
Lien de l'exposition expo2015
Halle de marché et grange
Le bois du Jura habille le pavillon français
Entièrement construit en bois d’épicéa et de mélèze du Jura, le pavillon français couvre une surface de 2000 m2. À l’image d’une « canopée », la structure en bois lamellé-collé épouse les formes d’une halle de marché, d’une cathédrale avec sa charpente tout en courbes et voûtes avec une foison d’ustensiles de cuisine, de bouteilles de vin, de boîtes de conserves, de poissons métalliques. En levant les yeux, le visiteur découvre une ruche avec 300 alvéoles où sont nichés des épis de maïs, de la lavande et des écrans vidéos. Outre les stands dédiés aux aliments, le pavillon héberge des expositions telle une robe constituée à partir des résidus de maïs. Sous le toit, le pavillon accueille un restaurant où 9 grands chefs sont attendus. L’entreprise de Dominique Simonin, charpentier à Morteau dans le Doubs a enlevé l’appel d’offre face à 4 autres sociétés telle Vinci. 1 000 tonnes d’arbres ont été nécessaires pour l’assemblage des 2 000 pièces assemblées par un système de chevilles invisibles. Sur les 23 millions investis par l’Etat français, la construction du pavillon en bois coûte 14 millions d’euros. Cet édifice en bois est démontable et doit être réutilisé. Le nom du futur acquéreur se fait attendre.
Entièrement construit en bois d’épicéa et de mélèze du Jura, le pavillon français couvre une surface de 2000 m2. À l’image d’une « canopée », la structure en bois lamellé-collé épouse les formes d’une halle de marché, d’une cathédrale avec sa charpente tout en courbes et voûtes avec une foison d’ustensiles de cuisine, de bouteilles de vin, de boîtes de conserves, de poissons métalliques. En levant les yeux, le visiteur découvre une ruche avec 300 alvéoles où sont nichés des épis de maïs, de la lavande et des écrans vidéos. Outre les stands dédiés aux aliments, le pavillon héberge des expositions telle une robe constituée à partir des résidus de maïs. Sous le toit, le pavillon accueille un restaurant où 9 grands chefs sont attendus. L’entreprise de Dominique Simonin, charpentier à Morteau dans le Doubs a enlevé l’appel d’offre face à 4 autres sociétés telle Vinci. 1 000 tonnes d’arbres ont été nécessaires pour l’assemblage des 2 000 pièces assemblées par un système de chevilles invisibles. Sur les 23 millions investis par l’Etat français, la construction du pavillon en bois coûte 14 millions d’euros. Cet édifice en bois est démontable et doit être réutilisé. Le nom du futur acquéreur se fait attendre.