Assemblée générale de Afdi-BFC
L’agriculture familiale, enjeu de développement au Nord comme au Sud
L’Afdi Bourgogne Franche-Comté a tenu son assemblée générale au lycée agricole de Fontaines (71). Avec un focus particulier sur l’agriculture familiale, consacrée par cette année internationale 2014, mais surtout enjeu de développement pour les territoires ruraux.
Salle comble pour l’assemblée générale de Afdi Bourgogne Franche-Comté qui réunissait ses adhérents au lycée agricole de Fontaines en Saône-et-Loire. En réflexion et en débat : [I]«l’agriculture familiale: levier de développement en milieu rural»[i]. Le sujet est d’actualité, 2014 étant distinguée comme l’année internationale de l’agriculture familiale, mais il est aussi transgénérationnel et toute une classe de BTS du lycée, a ainsi été appelée à plancher sur le thème et à faire partager ses observations et ses réflexions à l’assemblée.
[INTER]Un partenariat Afdi/JA[inter]
Comme l’a souligné le président d’Afdi BFC, Thierry Michon, agriculteur dans l’Yonne, [I]«Afdi ne peut que se satisfaire de cette décision prise par l’assemblée des Nations Unies»[i] car [I]«ce choix valide un modèle d’agriculture défendu constamment par notre structure»[i]. Afdi et JA ont donc saisi l’occasion de cette année internationale de l’agriculture familiale pour initier un partenariat qui a débuté en 2013 et s’étendra bien au-delà de 2014. Car la réalité est complexe au Nord comme au Sud.
Chargé de la coordination des actions dans le cadre de ce partenariat, Simon Luthereau, pour JA a donné les grandes orientations d’une réflexion sur les modèles agricoles familiaux et les actions territoriales à mener. Ce travail contribuera à enrichir le rapport d’orientation du prochain congrès national de JA, en juin. Le partenariat initié avec l’Afdi a déjà débouché sur des actions communes, des échanges fructueux avec des jeunes agriculteurs d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique latine ou d’Asie et une mission réunissant l’Afdi Lorraine et JA en Colombie.
Le point d’orgue de cette année 2014 sera la signature d’une charte, manifeste en faveur d’une agriculture familiale d’avenir. Pour être familiale, l’agriculture [I]«doit conserver un puissant ancrage au territoire et produire autrement pour vivre différemment et pleinement»[i]. La définition est encore à l’état d’ébauche mais s’enrichira de toutes les contributions à la réflexion commune.
[INTER]A chacun sa réalité et sa définition...[inter]
Que met-on aujourd’hui sous le terme d’agriculture familiale ? Des pays du Nord aux pays du Sud, les réalités diffèrent et en France même, tous les types de structures de productions agricoles peuvent-ils encore se rassembler sous la même bannière ?
Qu’est-ce que l’agriculture familiale en France ? On peut légitimement s’interroger et, au vu des contributions d’une salle très réactive sur le sujet, on peut considérer que chacun a sa propre définition, chacun détient une part de vérité, en fonction de son histoire, de son système d’exploitation, mais peut-être plus encore en fonction de son système de valeurs.
Les élèves de BTS qui ont mené l’enquête sur une exploitation située à Ecuisses en Saône et Loire, ont tenté une approche plus analytique, pour identifier ce qui participe, dans une exploitation actuelle, de l’agriculture familiale et ce qui s’en éloigne. Un constat : il est difficile de trancher. Le modèle historique de l’entreprise familiale a évolué au rythme de l’évolution de l’agriculture et de la société. Le monde change, les fondements de l’entreprise familiale changent aussi. On oppose souvent l’entreprise familiale à l’agrobusiness, mais les choses sont-elles si tranchées quand les exploitations s’agrandissent, se spécialisent, quand les capitaux extérieurs contribuent au financement de la reprise, quand la terre n’appartient plus à celui qui la travaille, quand la succession ne se fait plus dans lignée familiale ?
[INTER]Un schéma vieillissant et décalé[inter]
En France, comme l’a rappelé Yannick Sencébé, chercheuse de l’unité d’économie et de sociologie rurale de l’Inra-Enesad, l’agriculture familiale s’est structurée après guerre, à partir d’un schéma de production à 2 UTA, soutenu et encouragé par le statut du fermage et le contrôle des structures. Mais la taille moyenne des exploitations a augmenté, [I]«le modèle traditionnel familial a évolué et donne des signes de fatigue»[i]. La transmission ne suit plus les voies du sang, le mode de vie et les attentes des nouvelles générations imposent de nouvelles orientations, [I]«l’agriculture familiale est à la recherche d’une nouvelle définition»[i].
Dans d’autres régions du monde, comme le Sud du Brésil, où la chercheuse a particulièrement enquêté, l’agriculture familiale c’est d’abord la condition de la subsistance d’une famille. Mais le modèle évolue aussi et le gouvernement brésilien s’inspire beaucoup du modèle français pour faire bouger les lignes. Reste que la majorité des paysans du Brésil vivent encore dans des conditions extrêmement précaires, sans terre, éloignés de la formation technique et des progrès de l’agriculture, en proie à une insécurité foncière persistante. Et pourtant, [I]«85% des exploitations familiales assurent cependant 75% de l’alimentation du pays, mais ne captent que 4% de la valeur de la production brute sur le marché»[i]. Constat amer qui en appelle un autre : [I]«la vraie valeur ajoutée, les 96% restant sont captés par l’agrobusiness»[i].
[INTER]Un enjeu vital pour les sociétés urbaines[inter]
Pourtant les arguments en faveur de la sauvegarde et du développement du modèle familial ne manquent pas. Ce type d’agriculture permet de relever des défis qui conditionneront notre avenir : défis alimentaire, écologique et agronomique, de la pauvreté rurale et du développement, de l’emploi (exode rural, appauvrissement...). L’agriculture familiale représente 40% du travail mondial. Quels emplois pour les populations paysannes poussées vers les villes par la misère, sans travail et sans possibilité de subvenir seuls à leurs besoins élémentaires ?
Tous ces éléments plaident pour une nécessaire [I]«prise de conscience»[i] en faveur du maintien d’une agriculture familiale et rurale. [I]«C’est un enjeu de société qui concerne les urbains autant que les ruraux»[i] plaide Yannick Sencébé.
Administrateur à JA, David Thibault, éleveur dans une ferme familiale en Gaec, souligne que [I]«l’agriculture familiale ne se délocalise pas. Une exploitation familiale doit être en capacité de faire vivre une famille de façon viable, vivable, durable et transmissible»[i].
Pour les uns et les autres, la définition de l’agriculture familiale demeure difficile, à contours variables en fonction des pays, des situations locales, de l’histoire des hommes et des milieux. Alors que fait-on aujourd’hui pour préserver l’agriculture familiale, une agriculture à dimension humaine qui participe directement au maintien d’un tissu rural dynamique ? La prise de conscience reste limitée et l’exemple devrait peut-être venir d’en haut, comme en témoigne un intervenant : [I]«C’est une question de politique nationale»[i]. Un argument qui convient pleinement à Thierry Michon, président d’Afdi BFC, qui souligne la volonté des partenaires Afdi/JA [I]«à faire aboutir les points de bon sens et les éléments essentiels qui nous tiennent particulièrement à cœur»[i].
[INTER]Un partenariat Afdi/JA[inter]
Comme l’a souligné le président d’Afdi BFC, Thierry Michon, agriculteur dans l’Yonne, [I]«Afdi ne peut que se satisfaire de cette décision prise par l’assemblée des Nations Unies»[i] car [I]«ce choix valide un modèle d’agriculture défendu constamment par notre structure»[i]. Afdi et JA ont donc saisi l’occasion de cette année internationale de l’agriculture familiale pour initier un partenariat qui a débuté en 2013 et s’étendra bien au-delà de 2014. Car la réalité est complexe au Nord comme au Sud.
Chargé de la coordination des actions dans le cadre de ce partenariat, Simon Luthereau, pour JA a donné les grandes orientations d’une réflexion sur les modèles agricoles familiaux et les actions territoriales à mener. Ce travail contribuera à enrichir le rapport d’orientation du prochain congrès national de JA, en juin. Le partenariat initié avec l’Afdi a déjà débouché sur des actions communes, des échanges fructueux avec des jeunes agriculteurs d’Afrique de l’Ouest, d’Amérique latine ou d’Asie et une mission réunissant l’Afdi Lorraine et JA en Colombie.
Le point d’orgue de cette année 2014 sera la signature d’une charte, manifeste en faveur d’une agriculture familiale d’avenir. Pour être familiale, l’agriculture [I]«doit conserver un puissant ancrage au territoire et produire autrement pour vivre différemment et pleinement»[i]. La définition est encore à l’état d’ébauche mais s’enrichira de toutes les contributions à la réflexion commune.
[INTER]A chacun sa réalité et sa définition...[inter]
Que met-on aujourd’hui sous le terme d’agriculture familiale ? Des pays du Nord aux pays du Sud, les réalités diffèrent et en France même, tous les types de structures de productions agricoles peuvent-ils encore se rassembler sous la même bannière ?
Qu’est-ce que l’agriculture familiale en France ? On peut légitimement s’interroger et, au vu des contributions d’une salle très réactive sur le sujet, on peut considérer que chacun a sa propre définition, chacun détient une part de vérité, en fonction de son histoire, de son système d’exploitation, mais peut-être plus encore en fonction de son système de valeurs.
Les élèves de BTS qui ont mené l’enquête sur une exploitation située à Ecuisses en Saône et Loire, ont tenté une approche plus analytique, pour identifier ce qui participe, dans une exploitation actuelle, de l’agriculture familiale et ce qui s’en éloigne. Un constat : il est difficile de trancher. Le modèle historique de l’entreprise familiale a évolué au rythme de l’évolution de l’agriculture et de la société. Le monde change, les fondements de l’entreprise familiale changent aussi. On oppose souvent l’entreprise familiale à l’agrobusiness, mais les choses sont-elles si tranchées quand les exploitations s’agrandissent, se spécialisent, quand les capitaux extérieurs contribuent au financement de la reprise, quand la terre n’appartient plus à celui qui la travaille, quand la succession ne se fait plus dans lignée familiale ?
[INTER]Un schéma vieillissant et décalé[inter]
En France, comme l’a rappelé Yannick Sencébé, chercheuse de l’unité d’économie et de sociologie rurale de l’Inra-Enesad, l’agriculture familiale s’est structurée après guerre, à partir d’un schéma de production à 2 UTA, soutenu et encouragé par le statut du fermage et le contrôle des structures. Mais la taille moyenne des exploitations a augmenté, [I]«le modèle traditionnel familial a évolué et donne des signes de fatigue»[i]. La transmission ne suit plus les voies du sang, le mode de vie et les attentes des nouvelles générations imposent de nouvelles orientations, [I]«l’agriculture familiale est à la recherche d’une nouvelle définition»[i].
Dans d’autres régions du monde, comme le Sud du Brésil, où la chercheuse a particulièrement enquêté, l’agriculture familiale c’est d’abord la condition de la subsistance d’une famille. Mais le modèle évolue aussi et le gouvernement brésilien s’inspire beaucoup du modèle français pour faire bouger les lignes. Reste que la majorité des paysans du Brésil vivent encore dans des conditions extrêmement précaires, sans terre, éloignés de la formation technique et des progrès de l’agriculture, en proie à une insécurité foncière persistante. Et pourtant, [I]«85% des exploitations familiales assurent cependant 75% de l’alimentation du pays, mais ne captent que 4% de la valeur de la production brute sur le marché»[i]. Constat amer qui en appelle un autre : [I]«la vraie valeur ajoutée, les 96% restant sont captés par l’agrobusiness»[i].
[INTER]Un enjeu vital pour les sociétés urbaines[inter]
Pourtant les arguments en faveur de la sauvegarde et du développement du modèle familial ne manquent pas. Ce type d’agriculture permet de relever des défis qui conditionneront notre avenir : défis alimentaire, écologique et agronomique, de la pauvreté rurale et du développement, de l’emploi (exode rural, appauvrissement...). L’agriculture familiale représente 40% du travail mondial. Quels emplois pour les populations paysannes poussées vers les villes par la misère, sans travail et sans possibilité de subvenir seuls à leurs besoins élémentaires ?
Tous ces éléments plaident pour une nécessaire [I]«prise de conscience»[i] en faveur du maintien d’une agriculture familiale et rurale. [I]«C’est un enjeu de société qui concerne les urbains autant que les ruraux»[i] plaide Yannick Sencébé.
Administrateur à JA, David Thibault, éleveur dans une ferme familiale en Gaec, souligne que [I]«l’agriculture familiale ne se délocalise pas. Une exploitation familiale doit être en capacité de faire vivre une famille de façon viable, vivable, durable et transmissible»[i].
Pour les uns et les autres, la définition de l’agriculture familiale demeure difficile, à contours variables en fonction des pays, des situations locales, de l’histoire des hommes et des milieux. Alors que fait-on aujourd’hui pour préserver l’agriculture familiale, une agriculture à dimension humaine qui participe directement au maintien d’un tissu rural dynamique ? La prise de conscience reste limitée et l’exemple devrait peut-être venir d’en haut, comme en témoigne un intervenant : [I]«C’est une question de politique nationale»[i]. Un argument qui convient pleinement à Thierry Michon, président d’Afdi BFC, qui souligne la volonté des partenaires Afdi/JA [I]«à faire aboutir les points de bon sens et les éléments essentiels qui nous tiennent particulièrement à cœur»[i].