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1,1 million d’euros investis

L’abattoir de Cosne-sur-Loire inauguré en grandes pompes

Samedi 5 septembre était un grand jour à Cosne-sur-Loire, avec personnalités, public nombreux, visites des installations rénovées et verre de l’amitié... L’abattoir géré par la SA Cosne abattoir, en travaux depuis 2010, a enfin été inauguré.
Par Emmanuel Coulombeix
L’abattoir de Cosne-sur-Loire inauguré en grandes pompes
De nombreuses personnalités ont entouré le président Eric Bertrand pour l’inauguration officielle de l’abattoir de Cosne rénové.
Il fallait bien la présence d’un sous-préfet, d’une députée, d’un maire-conseiller général, d’un président de Communauté de communes, d’un vice-président de Conseil départemental, d’un représentant d’Interbev Bourgogne et de la FNB, autour du président de la société qui n’est autre que le président de la Chambre d’agriculture de la Nièvre, Eric Bertrand. Ainsi, devant un public venu nombreux, en fin de matinée, samedi dernier, dans la zone d’activités de Cosne, Nicolas Regny, Martine Carrillon-Couvreur, Michel Veneau, Alain Dherbier, Daniel Barbier et Emmanuel Bernard se sont succédé au micro pour redire tout le bienfondé d’un outil performant pour le territoire, tel qu’est devenu l’abattoir. La structure qui passe chaque année 800 tonnes de viande bovine, soit la moitié de son activité (avec les porcs et les ovins), s’est refaite une beauté. Par petits groupes, ses hôtes d’un jour, munis de charlottes et de chasubles dernier cri, ont pu vérifier sur place la fonctionnalité de la bouverie newlook et des frigos destinés à améliorer le stockage des produits finis. Comme l’a rappelé le président Bertrand dans son discours, l’investissement en cinq ans a atteint 1,1 million d’euros, dont 640 000 euros pour l’agrandissement et le reste pour les nécessaires mises aux normes. Le plan de financement a été établi, dès la première réunion de 2010, grâce à la confiance de la banque de SA Cosne abattoir, qui a accepté d’ accorder un emprunt de 620 000 euros, les reste étant couvert par 250 000 euros de subventions (Feader à 50%, Conseil régional et ex-Conseil général devenu Conseil départemental en mars dernier), les 230 000 euros restant étant couverts par de l’autofinancement. 14 salariés oeuvrent à l’avenir de cet abattoir désormais tout orienté vers un avenir radieux.

Proximité, qualité, traçabilité...
Les travaux enfin inaugurés, les responsables peuvent enfin souffler... Car le processus n’a pas été un fleuve tranquille et a pris beaucoup de temps. Il a fallu la conviction et l’enthousiasme de quelques volontaires, cités par Eric Bertrand (Gaston Archambault, Michel Barbeau et Jean Febvre, aujourd’hui disparus), pour aller contre le scepticisme ambiant qui régnait dès 2007, «quand la structure était devenue trop étroite, que nous ne pouvions plus satisfaire la demande et que nous opposions des refus», selon le président qui a retracé l’historique de cet abattoir, municipal jusqu’en 1992. «En 2010, à la première réunion, nous avons été refroidi. Tout le monde nous conseillait de fermer, car nous n’avions ni responsable qualité, ni responsable marketing et que nous ne pouvions plus nous développer, sauf à investir 150 000 euros par an» s’est remémoré Eric Bertrand. «Nous ne comptions plus ceux qui nous conseillaient d’abandonner, la logique politique, à l’époque, envisageait de ne laisser subsister que trois grands abattoirs en France. Avec le soutien de l’Adeb, de la Ville de Cosne, de la Communauté de communes et du Crédit mutuel, qui y croyaient, nous avons dit  : Tant pis si çà ne marche pas, on y va quand même!» Aujourd’hui, les responsables et les élus ne regrettent rien, dans une belle unanimité, car «c’est localement que les choses se passent, car tous y croyaient!» Pour Emmanuel Bernard, d’Interbev Bourgogne, «Cosne ne vivra dorénavant que grâce à la traçabilité, parce qu’on sait d’où viennent les animaux, et où les animaux sont commercialisés». Ce à quoi Michel Veneau, le maire de Cosne, ajoute que la mobilisation du territoire doit être totale, «avec la volonté de faire de la proximité, avec les éleveurs et les engraisseurs, afin d’en faire profiter les collèges, les lycées et les maisons de retraite». «L’abattoir de Cosne appartient à notre patrimoine» répond Alain Dherbier, le président de la Communauté de communes. «A nous, collectivités, d’organiser ces filières pour faire bénéficier localement de ces produits de qualité irréprochable et dans un deuxième temps de les exporter» insiste Daniel Barbier, le vice-président du Conseil départemental qui était en charge du dossier agricole à l’époque du lancement du projet. Pour sa part, la députée Martine Carrillon-Couvreur témoigne de «la demande de la population, très sensible sur les questions d’alimentation, pour des produits de qualité» et -last but not least- le sous-préfet Nicolas Régny, ironie de l’histoire, conclut en réaffirmant que «le gouvernement a fait son cheval de bataille des circuits courts et qu’un animal élevé, abattu, transformé à trois endroits, c’est fini !» Longue vie, donc, à l’abattoir de Cosne-sur-Loire.