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Vendredi 8 novembre au lycée agricole de Château-Chinon

Journée d'€™information sur l'€™installation et la transmission agricoles en Morvan

Les chiffres parlent d'€™eux-mêmes. Le Morvan a perdu 20% de ses exploitations agricoles depuis 2000. La tendance est lourde et les causes profondes. Pour réfléchir à la situation, faire le point sur les outils existants, partager l'€™expérience de collectivités locales du Massif Central et du Morvan, et tenter de trouver des solutions, le Parc naturel régional, la Chambre d'€™agriculture et le Pays Nivernais Morvan organisent, vendredi 8 novembre au lycée agricole de Château-Chinon, une journée d'€™information et de mise en débat sur «l'€™installation et la transmission des exploitations agricoles en Morvan et Nivernais Morvan».
Par Emmanuel Coulombeix
Journée d'€™information sur l'€™installation  et la transmission agricoles en Morvan
L'installation et la transmission des exploitations agricoles dans le Morvan, le sujet fera l'objet d'une journée d'information le 8 novembre.
Plus qu'€™une simple réunion sur l'€™installation et la transmission des exploitations, les organisateurs de la journée du 8 misent sur un partage d'€™expériences et une mise en synergie des solutions essayées par les collectivités locales, ici ou ailleurs. En ce sens, la réunion sera moins ciblée sur le processus individuel que sur une approche de territoire. Des agriculteurs seront évidemment amenés à témoigner et seront bienvenus au débat mais il s'€™agit surtout de trouver des solutions, à l'€™échelle des acteurs politiques et socio-économiques, afin de renforcer les outils existants au sein des opérateurs: Chambres d'€™agriculture, Parc naturel régional, syndicat de Pays et autres Communautés de communes. Une manière pour les élus du Morvan de prendre la problématique de l'€™installation agricole à bras le corps, conscients qu'€™ils sont des enjeux qu'€™elle recouvre pour le Morvan. Depuis 2000, en effet, 20% des exploitations agricoles ont disparu du territoire et les situations deviennent de plus en plus complexes. [I]«C'€™est une approche plus sociétale qu'€™économique. S'€™il n'€™y a plus d'€™agriculteurs, pour aller chercher le pain ou mettre leurs enfants dans les écoles, pour façonner le paysage et préserver l'€™environnement, pour produire de façon viable tout en en retirant des moyens de subsistance, c'€™est bien la vie sociale du territoire qui est menacée»[i] éclaire Maël Cabé, le chargé de mission agriculture du PNR Morvan.

[INTER]Accès au foncier, agrandissement, capitaux, intégration...[inter]
Le conseiller rappelle que cette tendance de fond, dans le Morvan, est [I]«une problématique connue depuis 30 ans, avec des arrivées qui ne compensent pas les départs en retraite»[i]. Une tendance lourde qui semble s'€™accélérer et qu'€™il s'€™agit de combattre si l'€™on veut [I]«assurer le maintien de l'€™agriculture sur notre territoire»[i]. Les regards croisés de JA, de représentants de collectivités locales du Massif central impliquées dans cette lutte, les chiffres et l'€™état des lieux des outils et des structures en place devraient susciter, vendredi prochain, l'€™envie d'€™aller plus loin. Et peut-être de trouver des pistes face aux causes, complexes et répétitives, qui sont évoquées pour qualifier ce déclin. Car, en terme d'€™installation, les explications sont bien identifiées. Selon Maël Cabé, [I]«il y a les exploitants qui partent en retraite et qui ont besoin de bien valoriser leur capital au moment de partir, d'€™autres qui séparent leurs terres du siège de l'€™exploitation, ce qui entraîne un démembrement peu propice à la reprise, il y a aussi des capitaux de plus en plus importants à mobiliser pour s'€™installer, surtout pour quelqu'€™un hors cadre familial, d'€™autres candidats qui veulent se diversifier en faisant du lait, de l'€™apiculture ou du maraîchage plutôt que de s'€™en tenir au schéma classique de production en charolais, et parfois des difficultés d'€™intégration sociale, notamment pour des jeunes non originaires du Morvan juste installés et qui sont obligés de cesser leur activité rapidement»[i]. Les causes sont nombreuses et parfois transversales mais les problèmes de l'€™accès au foncier et de la mobilisation des capitaux sont communs à tous les projets. La tendance lourde à l'€™agrandissement des structures vient aussi souvent cristalliser le frein à l'€™installation. Et, selon Maël Cabé, [I]«la PAC n'€™arrange rien puisqu'€™elle décide depuis la fin de la Guerre d'€™une approche macroéconomique, avec par exemple un Morvan exclusivement naisseur, mais qui vide les territoires ruraux de leurs substances. Elle prétend offrir des mesures agro-environnementales en faveur des territoires défavorisés mais le 1er pilier définit les enjeux européens voire mondiaux de la production et le 2ème pilier n'€™est, au mieux qu'€™un mieux que rien»[i]. L'€™agriculture morvandelle devra donc bien, pour survivre, trouver par elle-même les moyens de sa viabilité économique, sociale et environnementale.