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Avant la libéralisation du marché de l’énergie en 2016

Irrigants : se grouper pour optimiser les factures d’électricité

Une bonne part de l’assemblée générale de l’ADMIEN -les maïsiculteurs irrigants nivernais- a été consacrée, mardi 10 février à Magny-Cours, à la dérégulation du marché de l’énergie au 1er janvier 2016. L’idée de mutualiser les besoins est sur les rails.
Par Emmanuel Coulombeix
Irrigants : se grouper pour optimiser les factures d’électricité
Guilaume Benali (au fond, debout) a présenté le contexte de la libéralisation du marché de l’énergie et les avantages des groupements de consommateurs aux irrigants de la Nièvre, mardi matin à Magny-Cours.
Au 1er janvier prochain, finis les tarifs verts et les tarifs jaunes  ! La dernière phase de dérégulation de l’énergie, entamée par une directive européenne de 1991 et transcrite en droit français en 2011, se conclura par la disparition des tarifs réglementés, dans l’électricité que le gaz naturel ou le charbon. Une innovation législative qui intéresse les agriculteurs nivernais et pourra se traduire par de nouvelles opportunités financières. C’est du moins ce que laisse espérer l’intervention, mardi à l’AG de l’Admien, de Guillaume Benali, un consultant en énergie de l’entreprise ECG (Energie consulting GmbH), un opérateur neutre et indépendant qui négocie les prix sur le marché de gros avec les principaux fournisseurs d’énergie français. «Nous sommes intermédiaires entre les consommateurs et le marché pour négocier les meilleurs tarifs et optimiser les coûts de nos clients» a-t-il longuement expliqué.

Contacté par Didier Guyon, le président de l’Admien, le consultant est venu présenter le contexte de libéralisation énergétique et proposer les services de sa société. ECG, par exemple, depuis sa création en 1986, a déjà satisfait 2000 clients en Europe (notamment en Allemagne où elle est établie) et favorisé l’émergence de 24 groupements d’achat au profit de 850 petits et moyens consommateurs.

En France, elle a négocié avec la quinzaine de fournisseurs d’électricité de contrats d’approvisionnement pour un groupement de papetiers, un autre de fonderies, un troisième de producteurs de foie gras du Sud-Ouest ou encore un groupement d’irrigants de la région de Bordeaux inscrits dans une démarche publique.

130 points de comptage dans la Nièvre
Les irrigants réunis à Magny-Cours ont été très intéressés par les éclairages proposés par l’intervenant. C’est que, pour 130 points de comptage recensés, ils sont signataires de 180 contrats verts ou jaunes pour leurs installations électriques professionnelles. Concernés au premier chef, ils estiment que, selon Didier Guyon, «nous avons plus à gagner dans une démarche groupée que chacun de notre côté». Ce qui est sûr, c’est que la loi les obligera d’ici un an à signer de nouveaux contrats. Au 1er janvier, les députés ont tout de même prévu une phase de transition de 6 mois durant laquelle les abonnés devront confirmer leur engagement avec leur actuel fournisseur, ou au contraire la signature d’un nouveau contrat avec un autre. Et, entre la puissance du nombre et l’expertise de l’intermédiaire, c’est rien de moins qu’une baisse des prix qu’ils peuvent attendre et susciter... «Si vous étiez une vingtaine ou une trentaine groupés, nous pourrions recevoir 5 propositions de la part des fournisseurs, sur la dizaine encore en activité. Et même si votre cas particulier de consommateurs sur la période estivale devrait atténuer le potentiel, d’expérience, vous pourriez gagner entre 10 et 15% de marge commerciale par rapport aux actuels tarifs jaune» a prévu Guillaume Benali. Ce serait une différence de 6 à 7 euros / MWh sur des factures de 70 à 80 euros/MWh.

Négociation groupée, stratégies individuelles...
Excepté les taxes, dont on peut prévoir qu’elles seront encore à la hausse, et le coût du transport de l’énergie, assuré indépendamment de la matière première par les opérateurs, c’est bien sûr le prix de l’électricité (l’électron) sur le marché de gros qu’ECG compte «optimiser» les factures. Attention, cependant ! L’intermédiaire n’est pas une centrale d’achat. Il ne s’agira pas de collecter les besoins individuels pour les faire couvrir uniformément et collectivement par les fournisseurs. Il s’agira de négocier, en fonction des besoins de chacun (puissance souscrite à bien évaluer au départ), des contrats individuels pour chacun des clients. Les honoraires d’ECG (280 euros par an en moyenne pour 200 Mwh) seront assurés individuellement par les clients et séparément des factures -individuelles là aussi- dûes aux fournisseurs choisis. «Les honoraires d’ECG ne sont dûs que si chaque membre du groupement a accepté la proposition négociée par ECG avec le fournisseur». Et cela pour des contrats de trois ou quatre ans... En attendant, il faut faire vite. Avec l’échéance du 1er janvier 2016, les fournisseurs risquent d’être saturés de demandes individuelles ou collectives et «il serait préférable de finaliser vos contrats d’ici l’été» a souligné le consultant. Ce à quoi Didier Guyon a répondu que l’Admien allait envoyer une lettre à tous ses adhérents, leur demandant de se prononcer (après réflexion et après leurs propres démarches) en faveur ou non d’un contrat de mandat de négociation au profit de la société allemande. A la mi-mars, ECG saura combien d’irrigants nivernais lui font confiance pour négocier le prix de leur électricité.

ErDF Une convention signée avec la FDSEA58

Mercredi 11 février, chez Marc Boiron, producteur de lait à Parigny-les-Vaux, Electricité Réseau de France (ERDF) et la FDSEA 58 ont signé une convention de coopération. Ou plutôt ont renouvelé celle qui avait été signé en 2012 et qui s’achevait fin 2014. Stéphane Aurousseau, pour la FDSEA 58 et Sylvie Anne, pour ERDF, ont donc paraphé le document de 8 pages qui contient 13 articles dont 7 engagements mutuels. Cette convention vise à «faciliter les relations entre les parties et à permettre aux exploitants agricoles d’accéder aux services proposés par ERDF aux utilisateurs du réseau public de distribution d’électricité». Dans l’article 4, elle décide d’encourgaer la détection des sites où les activités agricoles peuvent exposer les travailleurs au risque électrique. L’article 5 implique la détection des points de livraison de l’électricité où les caractéristiques du courant fourni peuvent perturber l’exploitation. Au numéro 6, la convention engage les deux parties à un suivi des demandes de raccordement des installations de production d’énergies renouvelables réalisées par des exploitants agricoles et devant être raccordées au réseau public d’électricité. Puis, au 7, ERDF s’engage à informer les exploitants nivernais qui lui communiquent leurs coordonnées des coupures programmées pour travaux, 10 jours à l’avance. A l’article 8, la FDSEA s’engage à sensibiliser les exploitants aux modalités d’élagage à proximité des réseaux électriques ainsi qu’à la nécessité d’abattage préventif des arbres menaçant de tomber. L’article 9 prévoit une collaboration ERDF/Préfecture/FDSEA lors d’événements climatiques importants, impliquant parfois des coupures. Enfin, l’article 10 vise à diffuser largement les mesures de sécurité à observer lors de l’utilisation de groupes électrogènes. Cette nouvelle convention de coopération est valable deux ans, durant lesquels ERDF et FDSEA 58 s’engagent à tenir une réunion annuelle de suivi.