Un dossier «viande» de l'hebdomadaire «Le Point» relance la polémique
Interbev monte aux créneaux
Dans son numéro du 10 janvier, le magazine «Le Point» rouvre le dossier de la viande. «Les vérités et mensonges» annoncés sont suffisamment orientés à charge selon Interbev, pour que son président Dominique Langlois, envoie un courrier très motivé à François Pinault, propriétaire du journal.
Dominique Langlois, le président d'Interbev, doit avoir l'impression de prêcher dans le désert, tant les discours anti-viande semblent avoir de mois en mois de plus en plus d'écho dans la presse nationale et dans certains milieux. En témoigne ce dernier coup dur, un dossier de plusieurs pages, paru dans le magazine d'information «Le Point» du 10 janvier dernier.
Réquisitoire à charge contre la consommation de viande et donc l'élevage, la parution de ce dossier intitulé [I]«Viande la nouvelle guerre de religion»[i] a contraint le président d'Interbev a monter une fois de plus aux créneaux pour défendre la profession et la production.
Un dossier dénoncé comme [I]«clairement à charge»[i], dont les affirmations et revendications auraient, selon Interbev, [I]«mérité d'être objectivées au regard des informations scientifiques ci-jointes (au courrier envoyé à François Pinault, Ndlr) pour ce qui concerne notre filière bétail et viande»[i].
La défense d'Interbev s'articule en quelques paragraphes qui reprennent point par point les argumentations du journal. D'abord une [I]«écoute»[i] jugée toute relative de la journaliste dont l'attitude a d'emblée [I]«fait craindre un parti-pris déjà acté sur le sujet»[i]. Le dossier spécial qui a suivi [I]«démontre clairement la volonté de la rédaction d'avoir privilégié une prise de parole quasi uniquement portée par des arguments et des représentations anti-viande, que ce soit dans le choix des interviews ou des
verbatims de personnalités ponctuant le dossier souvent hors de propos»[i].
L'interprofession bétail et viande, représentée par Dominique Langlois, tient donc «à signaler, nuancer et rectifier le cas échéant plusieurs point de discussion traités de manière approximative dans l'article».
Dans sa lettre à François Pinault, le président d'Interbev reprend point par point les thèmes du dossier et redresse quelques contre-vérités :
Viande et tendances de consommation : les chiffres de la consommation de viande en France cités, comme celui de 85 kg par an et par personne, représente [I]«une donnée qui englobe tous les produits carnés et pas uniquement la viande de boucherie (seulement 22 kg pour la viande de bœuf)»[i]. Chiffre qui doit en plus [I]«être nuancé par une consommation en nette diminution en France depuis une dizaine d'années»[i].
[G]Viande et environnement :[g] Interbev qui déplore [I]«des chiffres contestables et des caricatures»[i] souhaite [I]«rappeler qu'en France la viande bovine est produite dans des exploitations familiales», «l'alimentation du cheptel est produite à 90% sur l'exploitation même et à 95% sur le territoire national. Elle est constituée en majeure partie d'herbe et de fourrages. En France, les 10 millions d'hectares de prairies permanentes valorisées par l'élevage bovin constituent de véritables surfaces de régulation écologique: puits de carbone, réserves de biodiversité, surfaces de régulation de l'eau... »[i] Plaidoyer complété par la contribution de l'élevage à l'agronomie grâce à la production d'azote issu des matières organiques et qui conclut [I]«l'élevage (...) tel qu'il est pratiqué en France constitue les bases de l'agroécologie»[i].
[G]àlevage et abattage rituel :[g] la polémique avait fait l'actualité en son temps et le dossier du «Point» rouvre le débat. Dominique Langlois rappelle que [I]«le décret officiel du 28 décembre 2011, appliqué par anticipation par l'ensemble de l'interprofession bétail et viande, a renforcé de façon stricte, depuis le 1er juillet 2012, les conditions d'abattage et d'usage de la dérogation»[i]. En l'espèce, [I]«il ne s'agit pas d'une simple recommandation, mais d'une obligation réglementaire pour les abattoirs effectuant des opérations d'abattage rituel»[i].
[G]Viande et nutrition :[g] Concernant cet article, le président d'Interbev relève [I]«de profondes contradictions dans son argumentation anti-viande. Ce dernier sous-entend que l'on peut se passer de viande étant donné que la vitamine B12, indispensable dans notre alimentation, se retrouve également dans le lait et les œufs. Or, si cette vitamine se retrouve dans le lait, sa production est forcément corrélée à celle d'une vache... C'est bien la nécessaire disparition de l'élevage au sens large qu'il laisse entendre à ses lecteurs»[i].
[G]àlevage et alimentation :[g] Le sujet tel qu'il est traité dans le dossier du «Point» donne, selon Dominique Langlois, [I]«une image faussée par rapport à la réalité de l'alimentation des bovins en France»[i].
Argument contre argument, le président d'Interbev en conclut [I]«nous sommes donc confrontés à la diffusion d'un dossier sévère pour la filière du bétail et de la viande. Le traitement de l'information sur ce vaste sujet n'a pas pris en compte d'autres «vérités» que celles prônées par une certaine catégorie de personnes largement minoritaire au sein de la population française, ayant décidé pour des raisons personnelles de ne plus manger de viande. Ces déclarations couplées à une succession d'informations approximatives, voire erronées peuvent semer le doute chez le consommateur et portent un fort préjudice au secteur de la viande déjà mis à mal. Occulter les atouts et les vertus environnementales de l'élevage en France, c'est précisément laisser la porte ouverte à des importations de viande bovine issues des systèmes de production que vous décrivez et décriez»[i].
Interbev sollicite donc François Pinault [I]«afin que soit rapidement engagé, dans l'intérêt de l'information, un dialogue avec votre magazine afin de faciliter une information équilibrée, la plus exacte possible, sur les sujets qui nous concernent et dont vous avez le devoir d'objectivité en tant que média d'information généraliste». Avec le souhait réaffirmé «qu'un prochain dossier puisse être consacré à la filière viande en laissant la parole aux nombreux mangeurs de viande qui ont eux aussi le droit de s'exprimer»[i]. Dont acte.
Réquisitoire à charge contre la consommation de viande et donc l'élevage, la parution de ce dossier intitulé [I]«Viande la nouvelle guerre de religion»[i] a contraint le président d'Interbev a monter une fois de plus aux créneaux pour défendre la profession et la production.
Un dossier dénoncé comme [I]«clairement à charge»[i], dont les affirmations et revendications auraient, selon Interbev, [I]«mérité d'être objectivées au regard des informations scientifiques ci-jointes (au courrier envoyé à François Pinault, Ndlr) pour ce qui concerne notre filière bétail et viande»[i].
La défense d'Interbev s'articule en quelques paragraphes qui reprennent point par point les argumentations du journal. D'abord une [I]«écoute»[i] jugée toute relative de la journaliste dont l'attitude a d'emblée [I]«fait craindre un parti-pris déjà acté sur le sujet»[i]. Le dossier spécial qui a suivi [I]«démontre clairement la volonté de la rédaction d'avoir privilégié une prise de parole quasi uniquement portée par des arguments et des représentations anti-viande, que ce soit dans le choix des interviews ou des
verbatims de personnalités ponctuant le dossier souvent hors de propos»[i].
L'interprofession bétail et viande, représentée par Dominique Langlois, tient donc «à signaler, nuancer et rectifier le cas échéant plusieurs point de discussion traités de manière approximative dans l'article».
Dans sa lettre à François Pinault, le président d'Interbev reprend point par point les thèmes du dossier et redresse quelques contre-vérités :
Viande et tendances de consommation : les chiffres de la consommation de viande en France cités, comme celui de 85 kg par an et par personne, représente [I]«une donnée qui englobe tous les produits carnés et pas uniquement la viande de boucherie (seulement 22 kg pour la viande de bœuf)»[i]. Chiffre qui doit en plus [I]«être nuancé par une consommation en nette diminution en France depuis une dizaine d'années»[i].
[G]Viande et environnement :[g] Interbev qui déplore [I]«des chiffres contestables et des caricatures»[i] souhaite [I]«rappeler qu'en France la viande bovine est produite dans des exploitations familiales», «l'alimentation du cheptel est produite à 90% sur l'exploitation même et à 95% sur le territoire national. Elle est constituée en majeure partie d'herbe et de fourrages. En France, les 10 millions d'hectares de prairies permanentes valorisées par l'élevage bovin constituent de véritables surfaces de régulation écologique: puits de carbone, réserves de biodiversité, surfaces de régulation de l'eau... »[i] Plaidoyer complété par la contribution de l'élevage à l'agronomie grâce à la production d'azote issu des matières organiques et qui conclut [I]«l'élevage (...) tel qu'il est pratiqué en France constitue les bases de l'agroécologie»[i].
[G]àlevage et abattage rituel :[g] la polémique avait fait l'actualité en son temps et le dossier du «Point» rouvre le débat. Dominique Langlois rappelle que [I]«le décret officiel du 28 décembre 2011, appliqué par anticipation par l'ensemble de l'interprofession bétail et viande, a renforcé de façon stricte, depuis le 1er juillet 2012, les conditions d'abattage et d'usage de la dérogation»[i]. En l'espèce, [I]«il ne s'agit pas d'une simple recommandation, mais d'une obligation réglementaire pour les abattoirs effectuant des opérations d'abattage rituel»[i].
[G]Viande et nutrition :[g] Concernant cet article, le président d'Interbev relève [I]«de profondes contradictions dans son argumentation anti-viande. Ce dernier sous-entend que l'on peut se passer de viande étant donné que la vitamine B12, indispensable dans notre alimentation, se retrouve également dans le lait et les œufs. Or, si cette vitamine se retrouve dans le lait, sa production est forcément corrélée à celle d'une vache... C'est bien la nécessaire disparition de l'élevage au sens large qu'il laisse entendre à ses lecteurs»[i].
[G]àlevage et alimentation :[g] Le sujet tel qu'il est traité dans le dossier du «Point» donne, selon Dominique Langlois, [I]«une image faussée par rapport à la réalité de l'alimentation des bovins en France»[i].
Argument contre argument, le président d'Interbev en conclut [I]«nous sommes donc confrontés à la diffusion d'un dossier sévère pour la filière du bétail et de la viande. Le traitement de l'information sur ce vaste sujet n'a pas pris en compte d'autres «vérités» que celles prônées par une certaine catégorie de personnes largement minoritaire au sein de la population française, ayant décidé pour des raisons personnelles de ne plus manger de viande. Ces déclarations couplées à une succession d'informations approximatives, voire erronées peuvent semer le doute chez le consommateur et portent un fort préjudice au secteur de la viande déjà mis à mal. Occulter les atouts et les vertus environnementales de l'élevage en France, c'est précisément laisser la porte ouverte à des importations de viande bovine issues des systèmes de production que vous décrivez et décriez»[i].
Interbev sollicite donc François Pinault [I]«afin que soit rapidement engagé, dans l'intérêt de l'information, un dialogue avec votre magazine afin de faciliter une information équilibrée, la plus exacte possible, sur les sujets qui nous concernent et dont vous avez le devoir d'objectivité en tant que média d'information généraliste». Avec le souhait réaffirmé «qu'un prochain dossier puisse être consacré à la filière viande en laissant la parole aux nombreux mangeurs de viande qui ont eux aussi le droit de s'exprimer»[i]. Dont acte.
Jean-Pierre Fleury : «Des conséquences incalculables sur la filière»
[I]«Cette nouvelle charge médiatique contre l'élevage et la consommation de viande est comme une lame de fond qui balaye tous les efforts que nous pouvons faire pour dialoguer de façon objective avec la société. Cet article à charge qui nous met à mal médiatise à outrance les thèses de ceux qui ne représentent que 2% des consommateurs, les 98% restant sont loin d'abonder dans ce sens. Les arguments développés qui font la part belle aux détracteurs de l'élevage ne permettent pas d'informer de façon objective le consommateur.
Nous sommes tout disposés à débattre avec la société et les médias, mais encore faut-il qu'on nous donne la parole de façon objective. Nous sommes dans une période difficile qui met à mal la production de viande française et qui met à mal les éleveurs. Des éleveurs qui sont atteints dans leur dignité et qui le vivent très mal.
Les conséquences sur la filière aval son incalculables, au point que l'on peut se demander si l'objectif de ce nouveau travail de sape n'est pas d'arriver à la disparition de la production bovine. Que diront ceux qui nous font de faux procès aujourd'hui quand ils verront arriver de façon massive de la viande d'importation, une viande produite de façon industrielle dans les feed-lot, à coup d'activateurs de croissance. Préserver l'élevage français et une production de qualité, dans le respect des normes sanitaires et du bien-être animal ou favoriser l'importation d'animaux engraissés dans des univers concentrationnaires, il va falloir choisir ! Car les 98% de consommateurs qui ne font pas partie des «anti-viande», ne sont pas prêts à renoncer aux bienfaits des produits carnés. Ce qui se passe est très grave et nous assistons à un vrai dérapage».[i]